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Kamelot : "Ghost opera"
Petit rat de l’opera

dimanche 21 octobre 2007, par Marc Lenglet

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Ce n’est pas ma faute mais quand on me dit Kamelot aujourd’hui, je pense immédiatement à la sympathique parodie d’Alexandre Astier et pas le moins du monde au groupe américano-norvégien (on me dit en régie que je suis loin d’être le seul dans ce cas, me voilà rassuré...). Faut dire que Kamelot, c’est toute une tragédie humaine en soi. Dans le domaine qui est le sien - à savoir le power metal épique, mythologique et plein de désirs de grandeur - le groupe avait tout pour arriver au sommet : des musiciens plus compétents ; des concepts bateau mais exploités aussi efficacement que peut le faire un groupe de metal, et un chanteur qui, parti d’assez bas, a su accomplir de louables efforts tout au long de la carrière du groupe. Et pourtant, pour des raisons mystérieuses, Kamelot est toujours resté confiné en seconde division. Et ce n’est pas ce nouvel album, qui témoigne pourtant d’une volonté désespérée de convaincre, qui va dissiper cette incompréhensible malédiction.

Après Faust sur les deux derniers albums, Kamelot a élaboré cette fois un concept tournant autour du célèbre Fantôme de l’opéra de Gaston Leroux, qui semble décidément une valeur sûre pour nombre de groupes de metal (voir les adaptations d’Iron Maiden, Iced Earth, Nightwish,...). On pouvait donc s’attendre à une œuvre aux teintes sombres et mélancoliques et, à ce niveau, on n’est absolument pas déçu. Ténébreux, Ghost opera l’est incontestablement, avec un subtil dosage entre agressivité (qui ne vire jamais au concert de hurlements) et tristesse (qui évite les grands épanchements larmoyants). Les orchestrations symphoniques sont brillantes, ni trop envahissantes ni trop minimalistes ; les arrangements font preuve d’un goût certain, les progrès de Roy Khan sont une fois de plus perceptibles depuis l’album précédent et l’homme sait à présent jouer avec talent de toute une gamme d’émotions. Quant aux musiciens, on ne peut absolument rien leur reprocher, pas même un excès de démonstrations techniques gratuites. Au vu de ces grandes qualités, qu’est ce qui persiste donc à coincer avec Kamelot ? Tout simplement ce qui a toujours coincé : une trop grand maîtrise pour être noyé dans la masse grouillante des formations anecdotiques mais pas assez de génie pour régner sans partage sur ce courant musical.

Etant donné que Ghost opera est un album-concept - dont la thématique elle-même est liée à la musique qui plus est - il est dommage que Kamelot n’ait pas fait preuve d’un peu plus d’audace créatrice. Dans un album de ce genre, une composition progressive réussie d’une dizaine de minutes ne fait jamais de tort. Brillamment élaborée, elle parvient même à synthétiser la totalité du concept, les autres morceaux devenant alors de multiples branches préparatoires et conclusives chargées d’affiner l’architecture narrative de l’album. Or, avec sa dizaine de morceaux de quatre minutes chrono, Ghost opera manque un peu d’envergure et de fantaisie, d’autant plus que la trame de l’histoire reste assez floue par moments. Deuxième faiblesse - sans doute plus nuisible - il faut reconnaître qu’en dépit de quelques moments forts et évocateurs (The human stain, la ballade Love you to death), Kamelot ne parvient toujours pas à composer plus d’un ou deux titres marquants par album. Sans être foncièrement mauvais, l’écrasante majorité des titres de l’album sont transparents, facilement éclipsés par n’importe quel autre pièce metal classique qu’on écouterait dans le même temps.

Faute d’avoir un scénario brillamment construit ou même des chansons majoritairement foudroyantes à se mettre sous la dent, on s’emmerde donc doucement durant l’essentiel de Ghost opera, qui se contente de présenter un groupe doté d’un savoir-faire certain dans son rayon - ce que personne ne songeait à mettre en doute - mais qui échoue une fois de plus à atteindre la transcendance.



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Marc Lenglet





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Kamelot : "Ghost opera"
(1/1) 11 octobre 2016




Kamelot : "Ghost opera"

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Any fan of the group would definitely not miss this album. - Dennis Wong YOR Health

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