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Judas Priest : "Nostradamus"
Clairvoyance et sagesse

lundi 29 septembre 2008, par Vincent Ouslati

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Reconnaissons tout d’abord le courage du groupe d’opter pour un long album, conceptuel et symphonique alors qu’il entre avec aisance dans ses quarante années d’exercice au service de la cause. On pouvait s’attendre à un second best of à la Angel of retribution , ou un turbulent du pauvre estampillé fiston ingrat de Painkiller. Au-delà de ces deux échappatoires, il restait l’option de pondre un nouveau coffret collector, à la rigueur chier à la va-vite deux inédits histoire de, mais bon, pas plus.

Mais non, Judas Priest a clairement pris un chemin plus tortueux et long. Courageux, suicidaire, un peu des deux. Primo, c’est bien notre Metal God qui inquiétait, se faisant vieillot, la voix ne portant plus autant que dans les jeunes années, que faut-il attendre d’Halford désormais ? Deuzio, bien que le concept soit intéressant, il a déjà été largement vu et revu par plus jeunes que nos vétérans. Craintes et doutes emplissent le cerveau du fan moyen.

Que voulez-vous... Serait-ce ma profonde estime pour Judas Priest ou simplement qu’ils se sont bien démerdés, j’ai du mal à critiquer ce Nostradamus. J’aime les disques qui dégagent une atmosphère, qui appellent l’attention, et ce disque est de ceux-là. Evidemment que nous sommes loin de Painkiller, de British steel et autres, nous en sommes à des années-lumières, et franchement tant mieux. Car cette idée conceptuelle apparamment idiote au départ se justifie finalement. Judas Priest ne pourra jamais plus nous faire du gros heavy, pas non plus de hard rock eighties léché comme c’est pas permis, c’est fini, il faut l’accepter, les Anglais vivent désormais de leurs rentes et de leur légende.

L’espace était cependant permis pour un projet plus ambitieux mais surtout si différent qu’il interdit toute comparaison avec le passé. L’avantage d’un disque conceptuel tel que Nostradamus est d’abord pour Halford, qui évite ainsi de devoir assurer la légende en gueulant à tout va. Il doit ici travailler sur les nuances, sur les changements de ton, il doit se faire théâtral et si le temps le permet, pousser quelques cris, mais jamais trop. Intelligent finalement pour le groupe qui se donne encore des airs d’innovation alors qu’on les voyait sur un créneau plus nostalgique. En gros, l’idée est bien pensée sur le papier et cartonne en musique. Oui, Nostradamus, bien que pourvu de deux galettes est un petit bijou à peine grandiloquent mais surtout superbe. Globalement sage, les quelques speederies qui surgissent y gagnent en force, Halford y est impérial en vieux sage sachant manier son organe sans le maltraiter. Il fait preuve de maitrise en se réservant quelques moments dignes du temps jadis.

Nous n’éprouvons en rien de la peine (enfin pas trop...) pour notre Robinou, on perçoit cela comme une évolution plus qu’une régression. Il y aurait beaucoup à dire des nombreux titres de l’album, mais si il fallait garder une belle paire du premier disque, ce serait sans conteste le dyptique Sands of time / Pestilence and plague. Le premier fait office de touchante ballade, la seconde envoie la poudre avec son étonnant refrain en Italien. Dans les deux exercices, Halford se démène avec talent. Citons aussi Death qui suit, lourd morceau heavy angoissant à souhait, ou encore Conquest, son solo infernal et son Halford suprenant. Ce premier disque s’achève, et j’ai envie de mettre le second sans attendre.

Second disque donc, et la magie opère nouvellement, l’agencement des morceaux est excellent, les pistes toutes plus réussies les unes que les autres, un brin plus calme certes. Mais c’est bel et bien le calme avant la tempête. Car la conclusion est elle dantesque, digne de l’opéra wagnérien, Nostradamus et Future of a mankind renouent avec la vélocité de passée, Halford s’offre même une poussée d’adrénaline simplement effarante, les riffs de guitares sont infernaux et l’on prend un pied extraordinaire. Tel final ne se pouvait pas ? Il se peut, la preuve.

Voyez un peu de mansuétude dans mes propos, car il m’est impossible de taper des deux pieds sur ce bloc imposant. Non par émerveillement aveugle, mais plus par sympathie, par admiration face à un gros taf, non exempt de défauts (longueurs, vocaux parfois justes, creux, trop-plein orchestraux...), mais globalement de haut niveau. Travailler sur le thème des prophéties de Michel de Notre-Dame était casse-gueule, le groupe s’en sort alors respect avant tout. Nostradamus n’est pas un four, c’est pas loin d’un chef d’oeuvre, un énorme travail qu’il faut admirer comme tel, car musicalement abouti. Voire, je l’apprécie encore plus ajourd’hui que deux ans auparavant, preuve dans mon cas que cette bonne cuvée nécessite rester quelques temps en cave avant d’en profiter pleinement. Si Judas Priest finit sa carrière sur cette note, je ne leur en voudrais pas, car si le risque était grand, le résultat en valait la peine.



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Vincent Ouslati





Il y a 8 contribution(s) au forum.

Judas Priest : "Nostradamus"
(1/2) 11 octobre 2008
metallicadeath magneticque tic"
(2/2) 29 septembre 2008




Judas Priest : "Nostradamus"

11 octobre 2008 [retour au début des forums]

Je n’ai qu’un mot à dire : Metallica.

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metallicadeath magneticque tic"

29 septembre 2008 [retour au début des forums]

Je m’en contre fou de judasprout putain parles-nous de metallicum,pitié, juste une petite chro. moon chouchounet qui sait écrire si bien quand il en a l’envie magnetique,mmerde....

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