Pop-Rock.com



Judas Priest : "A touch of evil live"
Faudrait jamais vieillir...

samedi 28 août 2010, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Manowar : "Warriors of the world"
Chimaira : "The infection"
Freak Kitchen : "Organic"
Rhapsody : "Symphony of the enchanted lands II : The dark secret"
Cannibal Corpse : "Evisceration Plague"
Iron Maiden : "Brave new world"
Vanden Plas : "Christ O"
Genghis Tron : "Board up the house"
Mötley Crüe : "Saints of Los Angeles"
The Devin Townsend Band : "Synchestra"


Putain de vieillesse comme dirait l’autre. J’attendais pas non plus un must de la part de Judas Priest en 2009, surtout en concert. Ils restent fort bons bien sûr, pas de quoi tourner autour du pot et une performance du Priest live est encore un sacré coup de pied aux fesses. Travis, Hill, Tipton, Downing ne connaissent pas l’arthrose. Et ça vous fait toujours un petit effet un Painkiller à fond les manettes, la Harley, le folklore quoi !

Alors je ne m’étendrai pas sur la qualité du set qui a le mérite de reprendre quelques titres de Nostradamus, un petit pot-pourri sympathique du faible Angel of retribution, un petit vent de fraicheur sur une compil’ d’habitude un peu convenue. Donc ça se présentait bien cette affaire, démarrage bien costaud sur un Judas Rising un brin plus violent qu’en album. On parle de la formation originelle avec Robinou aux affaires là, rien que ça ! Mais vient le "mais", c’est que j’ai pas envie de vous pleurer ma tristesse face caméra non plus. Rob Halford, détenteur incontesté du titre de Metal God n’est plus. Certes, c’est pas une nouvelle, Rob a perdu de sa voix, de sa gnaque, l’âge est une salope, et touche au hasard les plus beaux timbres.

On pouvait espérer cependant, voyez comment Ronnie James Dio (R.I.P.) assurait parfaitement ses octaves à l’approche des 70 ans. Alors ce jeunot de Rob pouvait bien encore tenir ses partitions quelques années, non ? Sa prestation n’est pas catastrophique, entendons-nous bien. On peut même le juger convaincant au vu de l’âge du capitaine et du niveau demandé pour interpréter de tels monuments. Même les titres moyens de Angel of retribution tels que Hellraiser se voient transfigurés en concert, plus pêchus, plus sombres, et Rob y est pour beaucoup.

Pareil pour les extraits de Nostradamus que sont Death ou Prophecy, plus lents que le commun des productions priestiennes, Halford y est parfait, et fait regretter qu’il n’y ait pas (encore) un "Nostradamus Live" disponible. Mais dès qu’il tente les aigus, il se ramasse sévère, et c’est sur les classiques que le constat est le plus amer. A Touch of Evil est gâché tant Halford peine sur les montées en puissance, ne tient plus la note. On en vient à espérer que Ripper Owens (plus que doué sur le non moins recommandable Meltdown 98’) sorte de derrière un fourré et fasse les chœurs, histoire de sauver le soldat Rob.
Et les quelques prouesses vocales sentent un peu la grosse bidouille en studio. Mention spéciale cependant pour Painkiller qu’il parvient à maitriser avec une certaine aisance, et sur ce, respect sincère. Mais sur Beyond the realms of death, complètement à plat, Rob est juste capable d’émettre un pâle "Yeah !" en lieu et place du bon gros coup de sang espéré. Halford sait encore hurler à la mort, mais ces prouesses sont disséminées, hachées menues et si discrètes finalement qu’elles en deviennent tristes.

Il garde pour lui une foutue présence, et le sage qu’il est privilégie désormais l’émotion à la sensation, pas le choix non plus vous me direz. Si vous tentez de faire l’impasse sur la baisse de forme de notre Metal God, ce live est monstrueux, tout y est parfait, chapeau bas entre autres à Scott Travis dont la batterie ravage du début à la fin. Mais ce A Touch of evil live, bien que pétri de qualités, file un peu le bourdon.

Il sent la fin d’un cycle, la fin d’une époque. Même les dieux se ratatinent, putain de vieillesse...



Répondre à cet article

Vincent Ouslati