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Helloween : "Keeper of the seven keys - The Legacy"
Un héritage lourd à porter

mercredi 14 décembre 2005, par Marc Lenglet

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On ne pourra jamais reprocher à Helloween d’avoir platement mené sa barque sur les courants balisés du metal héroïco-supersonique de la grande époque. Après des albums unanimement acclamés dans les années 80, Helloween avait traversé les années 90 en boitant salement, s’aventurant dans des registres où ils disposaient de nettement moins d’arguments pour convaincre. Les ventes baissant au même rythme que la qualité de ces expériences pour le moins hasardeuses (on se souviendra de Chameleon et du très sombre The dark ride, abattu à bout portant - un peu injustement à mon sens - par la critique), le line-up se disloquant progressivement dans la foulée (Kai Hansen, Michael Kiske et, plus récemment, Roland Grapow et Uli Kusch), il était temps pour ce pionnier allemand de renouer clairement avec le style qui l’avait conduit au sommet dans les années 80, à savoir les véritables pierres angulaires du speed metal mélodique à l’allemande qu’étaient les deux Keeper of the seven keys.

En l’occurrence, le groupe à la citrouille semble si assuré de la valeur de son nouveau bébé qu’il s’est autorisé le luxe de l’honorer du glorieux patronyme de ces deux albums qui avaient fondé à eux seuls, il y a près de 20 ans, le speed metal mélodique à l’allemande et ouvert la voie à des groupes comme Stratovarius, Gamma Ray, Hammerfall ou même Angra. Sans aller jusqu’à produire le même effet qu’à l’époque de ces deux disques légendaires, il faut reconnaître que ça faisait un bail qu’Helloween ne nous avait plus gratifiés d’une telle réussite. Même si tout cela reste relatif, vu la faiblesse des albums depuis de nombreuses années.

Keeper of the seven keys - The legacy se décline sur deux albums, sans raison apparente, puisque ce choix de production ne répond ni à une logique conceptuelle, ni à des contraintes techniques. S’il fallait vraiment s’échiner à élaborer une comparaison entre les deux, on pourra toujours faire remarquer que les deux disques débutent chacun par une pièce monumentale de plus de 10 minutes, à la construction complexe, truffée d’envolées épiques et de moult orchestrations et chœurs lyriques. King for 1000 years, sur le premier disque, est une suite chevaleresque dans la lignée des longs morceaux des premiers Keepers. Quant à sa jumelle (Occasion avenue), plus ténébreuse et à vrai dire, moins enthousiasmante, elle se permet le petit clin d’œil de démarrer sur un pot-pourri radiophonique d’anciens titres des citrouilles allemandes.

On trouvera également un single au refrain très pop sur chacun d’entre eux (Mrs God au contenu plutôt bien envoyé, et Come alive - est-ce moi qui ai forcé sur la gnôle ou le refrain m’évoque-t-il vaguement les phénomènes de foire moldaves d’O-Zone ?), singles qui ne sont ni représentatifs du reste des compositions, ni franchement excitants. On préférera se concentrer sur les 75% de morceaux qui ne répondent pas à l’une ou l’autre de ces orientations, et se contentent d’incarner le bon vieux Helloween de la grande époque, avec sa rythmique frénétique, son chant aigu et ses refrains hyper efficaces et formatés pour être hurlés dans un stade par quelques dizaines de milliers de chevelus avinés. Histoire de vous donner quelques idées de titres à télécharger, deux d’entre elles se détachent du lot : le tonitruant Pleasure drone et la très jolie ballade Light of the universe, emmenée par un duo très réussi entre Andy Deris et Candice Night de Blackmore’s Night. Quoi qu’il en soit, le principe du double album était superflu : avec 77 minutes au compteur, cet héritage aurait facilement pu tenir sur un seul disque, quitte à raboter son contenu des quelques morceaux plus dispensables.

Assez curieusement, les démonstrations de force guitaristiques sont en comité restreint, et les deux albums tablent bien davantage sur des mélodies catchy que sur un branlage de manche juste bon à ravir les défenseurs de la technique pour la technique. En cela, The Legacy dévoile un esprit plus moderne que ses illustres ancêtres. Helloween a eu l’intelligence de comprendre qu’on pouvait évoquer les années 80 sans se sentir obligé de plonger dans tous leurs travers. Les puristes le déploreront, ceux qui préfèrent des morceaux accrocheurs à des morceaux impressionnants ne pourront que s’en s’accommoder. Malgré ces petits arrangements avec l’époque actuelle, le style fondamental d’Helloween fait tout de même partie sur le fond de ceux qui semblent avoir pris un méchant coup de vieux depuis quelques temps. Un style qui, à défaut de pouvoir compter sur un intérêt massif du nouveau public pour sa technique et ses prouesses, préfère aujourd’hui tabler sur son efficacité et son côté immédiat et accessible pour séduire - qui sait - de non amateurs de metal. The Legacy est donc un bon album, bien défoulant à défaut d’être réellement extraordinaire.

En tout cas, face à un Stratovarius en pleine débâcle, un Gamma Ray qui s’encroûte paisiblement dans ses classiques et un Angra qui, après quelques mémorables audaces, semble se satisfaire du rôle de clone studieux, Helloween tient à nouveau la dragée haute aux plus renommés de ses imitateurs.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Helloween : "Keeper of the seven keys - The Legacy"
(1/1) 16 avril 2006




Helloween : "Keeper of the seven keys - The Legacy"

16 avril 2006 [retour au début des forums]

Ouaip...mon avis n’engage que moi : écoutez cet album avant de l’acheter .
Si vous ne l’aimez pas : ne l’achetez pas .
Si vous l’aimez : prenez rendez-vous chez un ORL .

Non mais !?! depuis le 2nd keeper, vous avez déjà entendu helloween faire un album à peu près correct ?
Celui-ci ose plus que les autres ,c’est dire s’il se plante de plus haut .

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    Helloween : "Keeper of the seven keys - The Legacy"

    25 octobre 2006, par Nau [retour au début des forums]


    Non mais !?! depuis le 2nd keeper, vous avez déjà entendu helloween faire un album à peu près correct ?

    Oui... "Better than Raw" et "the Dark Ride" !
    Et je trouve que celui-ci redresse la barre après "Rabbits", plus ambitieux et globalement plus chiadé.
    Sérieux, "King for a thousand years" ou "Born on judgement day", c’est pas des tueries ?
    Tu as certainement de bonnes raisons de pas aimer l’album...Dommage que tu ne les exprimes pas !
    Je soupçonne une nostalgie de l’époque Kiske-Hansen...Je me trompe ? Cessons de s’appesantir là-dessus, c’était il ya 20 ans, Helloween est passé à autre chose. Le titre de l’album le montre bien : c’est "The Legacy" et non "Keepers Part 3".

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