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Heaven & Hell : "Live Radio City Music Hall"
Dio rules, forever...

mercredi 15 décembre 2010, par Vincent Ouslati

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Méfiance autant que perverse envie de voir ce que donnait en 2007 le vieux Dio au chant. Vrai que je ne suis point adepte de Black Sabbath avec le nain, surtout en version studio. Je ne retrouvais pas la lourdeur, la légère folie noire qui tâchait les disques dont Ozzy était le chanteur. Certes, Dio chantait admirablement bien, mais l’illustre vocaliste timbré était Black Sabbath, dans tous ses artifices, il l’incarnait. Dio, bien que doué, arrivait après la bataille, atterrissait dans un groupe qui avait déjà fait une grosse partie du chemin. Il suffisait de ramasser les miettes, relancer la machine. Bien plus intéressantes furent les premières années de sa carrière solo, là y en avait du tube métalleux à la pelle.

Que pouvait-on espérer d’une bande de papys, plutôt bien portants ma foi, mais qui portent en eux tous les stigmates du racleur de fonds de portefeuille, histoire de dénicher encore quelques roupies pour leurs vieux jours. Et surtout, que pouvait-on encore attendre de Ronnie, 65 ans en cette année 2007, vétéran des chanteurs de heavy ? Par quel artifice va t’on nous bidouiller sa voix qui fatalement devrait donner quelques signes de fatigue ? Pan dans les dents, mes aïeux ! C’est bien au plus ancien de surprendre cette fois-ci, Dio y est simplement bluffant. Juste et capable de décollages en trombe comme dans les temps anciens, la performance est irréelle, inattendue au vu de l’âge somme toute respectable du lutin. Soixante-cinq ans ? Comment y croire ?

Et il faut avouer que dix ans après Reunion, Iommi a su conserver sa petite bande dans un état de forme surprenant, preuve en est de ce démarrage lourd comme la tourbe avec E5150 où Dio ne fait que s’échauffer. Il ne peine pas, ou du moins n’en donne pas l’impression. Et le public semble lui aussi abasourdi par cette prestation d’un Black Sabbath Mark.II droit dans ses bottes, n’offrant que difficilement le flanc à la critique.
Mais c’est réellement avec The mob rules que ce live prend tout son sens, jamais je n’aurais cru Dio capable de hurler comme il le fait. Ravageur ce titre ? Et plus encore, c’est un miracle de heavy brut, épique, rapide, aux soli d’un Iommi qui décidément ne vieillit plus.

Le réel regret concerne finalement Appice, je n’aimais pas son jeu avant, ça ne s’arrange pas ici, trop linéaire, moins puissant et groovy qu’un Bill Ward, si il assure correctement son set, ça reste plutôt scolaire et convenu. Vous allez dire que je cherche par tous les moyens à minimiser la qualité de cet opus par pure lèche-Ozzy. Point vrai, vils petits vicelards, c’est un fait, Appice est un gentil nounours à côté de Ward, et na !

Pour moi, le choix était simple, rien ne peut remplacer Ozzy dans l’histoire de Black Sabbath. Cependant, la performance de Dio ici est si incroyable, impression accentuée par l’âge du bonhomme, que le doute pernicieux vous incruste le pavillon.
Iommi a toujours su composer en fonction de ses chanteurs, quels qu’ils soient. Pour Ozzy, il restait sur des morceaux lourds, aux ambiances très prenantes. Pour Dio, il revient à un heavy plus aérien, plus en accord avec les capacités vocales du petit chanteur. Il est ainsi impossible de réellement dire si l’un s’en tire mieux que l’autre, car ils défendent à la perfection des compositions faites pour eux.

Heaven & Hell ou Black Sabbath ? La décision qui m’apparaissait si évidente ne l’est plus vraiment désormais. Mais bon gré, mal gré, et si je suis ma mauvaise foi, il reste que le Sab’ d’Osbourne a posé les bases d’un genre, a insufflé a une génération de quoi sera fait la musique bruyante durant quarante ans, avec des hymnes qui, encore aujourd’hui sont là, dans l’inconscient populaire, dans les oreilles du petit fan et les esgourdes du vieil adepte.

Alors, bien que ce Live Radio City Music Hall soit plus que recommandable, bien que Dio fut un des plus grands chanteurs de heavy, bien que Heaven & Hell a prouvé qu’ils avaient de quoi en remontrer à nombre de petits jeunes en 2007, Black Sabbath reste la chose d’Osbourne, et je vous y appose ma plus totale mauvaise foi en guise d’ultime argument.



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Vincent Ouslati