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Hammerfall : "No sacrifice, no victory"
Le ridicule ne tue pas...

samedi 6 juin 2009, par Arnaud Splendore

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… et ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. A ce rythme-là, les mecs d’Hammerfall ont atteint l’immortalité ! Et effectivement, rien ne semble pouvoir arrêter les Suédois. Pour un quart d’heure de célébrité, alors que certains les considéraient comme les sauveurs du heavy metal, ils nous ont infligé quinze ans de platitude musicale, d’albums en manque d’inspiration et de concerts vides de toute énergie. Et quinze ans après leurs débuts, revoilà le cirque Hammerfall qui revient nous servir la soupe.

Et pourtant, Hammerfall avait du potentiel… Un premier album, Glory to the brave, qui n’avait certes rien de bien original, mais qui était bien foutu et qui faisait plaisir à entendre à une époque où le nu-metal prenait son essor. Le problème est que d’album en album, Hammerfall n’a fait que se répéter, sans jamais rien proposer de nouveau. Alors quand je vois se pointer dans les bacs une nouvelle galette des Templiers de l’Acier (Manowar ayant copyrighté « Metal Warriors », fallait bien trouver un équivalent), je lève un sourcil blasé et je me dis que je vais quand même y jeter une oreille. Peu de chances d’être surpris, mais il aura toujours bien une ou deux chansons correctes…

Pour le coup, j’ai été surpris ! Après avoir terminé de repomper les groupes classiques des années 80, Hammerfall vient de réussir un coup de force, ils ont réussi à s’auto-parodier ! Dès la première chanson, on se demande comment, en 2009, un groupe peut oser proposer quelque chose d’aussi obsolète ! L’écoute de ce No sacrifice, no victory est une véritable expérience surréaliste tant on se demande si le groupe est vraiment sérieux dans sa démarche artistique. Mais malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, Hammerfall n’a peur de rien, même pas d’être encore plus cliché que son modèle, Manowar !

Le festival commence dès la première chanson, dont il m’a bien fallu cinq minutes pour me remettre. Non content de reprendre la formule classique du groupe (autrement dit, celle qu’ils utilisent pour TOUTES leurs chansons), Any means necessary se tape des harmonies vocales à pleurer de rire avec d’une part le chanteur Joacim Cans qui s’envole dans les aigus comme s’il avait les parties génitales coincées dans un étau (le susdit Cans est d’ailleurs à la limite du supportable tout au long de l’album), d’autre part les backing vocals façon « chorale de viking ». Le résultat est assez indescriptible mais le fou-rire est garanti !

Puisque je mentionne la chorale de viking, commencez à vous y faire parce que Hammerfall va nous la resservir à chaque foutue chanson ! Et quand je parle de chorale de viking, ne vous imaginez pas des chœurs de cinquante Suédois bien virils et bien huilés qui entament un chant de guerre… Niet niet, c’est plutôt la bande à Oscar qui tente de prendre une grosse voix et de chanter de façon macho. L’effet est garanti puisque ça tombe chaque fois trois kilomètres à côté de la plaque. En guise de vikings, on dirait plutôt le fils du voisin qui veut imiter Darth Vader !

La torture continue avec, selon moi, le clou de l’album, j’ai nommé Life is now. Nos joyeux compères vont lorgner ce coup-ci du côté des pires moments des Scorpions. Bon, si Klaus Meine me lit jamais, il est foutu de venir jusqu’ici pour me faire bouffer sa casquette ! Et il n’aurait pas tort, tant cette chanson est une bouillie infâme des pires clichés du hard-rock allemand, avec en prime le break taillé pour faire chanter le public en concert. Le seul qualificatif qui me vient à l’esprit, c’est grotesque. Ce qui pourrait aisément être le thème de l’album...

Je ne vais pas me taper une chronique titre par titre, principalement parce que j’éprouve d’énormes difficultés à écouter cet album d’une traite sans rendre sa liberté à mon dernier repas. Mais je dois tout de même mentionner Between two worlds, la ballade de l’album. Dio sait que les suédois sont les rois de la ballade sirupeuse bien ridicule (avec les allemands d’Edguy, rendons à César ce qui appartient à César), mais là ils se sont surpassés ! Après une bonne minute trente d’orgue digne du Fantôme de l’Opéra bourré au Cointreau, on a droit à une soupe immonde, sorte de power-ballad qui ne décolle jamais. Pour couronner le tout, les paroles sont d’une crétinerie sans limites et Cans nous balance le tout avec un manque de motivation criant.

Et c’est bien là le problème du groupe… A l’exception d’Oscar Dronjak, le guitariste/leader, plus personne n’y croit. Jouer dans Hammerfall, c’est un peu comme bosser à l’usine. On pointe, on fait sa journée en espérant qu’elle passe le plus vite possible et puis on se casse. Les riffs de guitare sont plats, les solos sans la moindre inspiration, la basse inexistante et le batteur pourrait être avantageusement remplacé par le lapin Duracell. Les musiciens ne sont pas mauvais, loin de là, mais ils sont juste là, point final. Mais Dronjak y croit toujours. Et le gars Oscar, il est comme un ado de quinze ans, persuadé que toutes ses idées sont super cool ! Et comme c’est lui le chef, personne n’ose rien lui dire de peur de se faire virer. Alors ils continuent inlassablement, tel Sisyphe et son rocher. Et comme le roi de la légende, qu’est-ce qu’ils donnent l’impression de se faire chier !

Mais finissons sur une note positive ! Avec ce nouvel album, on peut tout de même féliciter Hammerfall, car ils ont franchi une étape dans leur carrière. Ils ont fini d’être simplement pénibles, ils sombrent totalement dans le ridicule !



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Arnaud Splendore





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Hammerfall : "No sacrifice, no victory"
(1/3) 22 juillet 2016
Hammerfall : "No sacrifice, no victory"
(2/3) 6 juin 2009, par Andri
Hammerfall : "No sacrifice, no victory"
(3/3) 6 juin 2009, par Vincent Ouslati




Hammerfall : "No sacrifice, no victory"

22 juillet 2016 [retour au début des forums]

Nice review. The band has really the potential to be a hit. - Dennis Wong YOR Health

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Hammerfall : "No sacrifice, no victory"

6 juin 2009, par Andri [retour au début des forums]

Vous avez totalement raison, j’ai adoré "Steel Meets Steel" mais là je suis un peu dessus de leur performances, comme vous avez dit ils ont réussi de s’auto parodier !

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Hammerfall : "No sacrifice, no victory"

6 juin 2009, par Vincent Ouslati [retour au début des forums]

Je vais me taper une grosse honte mais... je l’écoute de temps à autre ce disque.

Entendons-nous bien, c’est pas folichon, mais je le prends vraiment comme du potache, de la déconne, et vu sous cet angle, c’est comestible, même si c’est vraiment pas de la grande bouffe.

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