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(Həd)p.e. : "New world orphans "
Remuant, excitant, bandant, etc.

lundi 30 août 2010, par Vincent Ouslati

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Voici l’album-monument qui me fit trémousser du bassin en l’an de grâce 2009. (Həd)p.e. ou la sainte institution du gangsta-punk-hip-hop-metal-core et j’en passe et des meilleurs car New world orphans bouffe à tous les râteliers. Comme The Offspring, (Həd)p.e. a vu le jour à Huntington Beach, mais contrairement à The Offspring, ils n’ont pas intérêt à s’arrêter, certainement pas après une telle démonstration. L’alchimie qui unit dans un même délire les Dead Kennedys et les Red Hot Chili Peppers, Cypress Hill et les Clash, c’est (Həd)p.e.

Qui après avoir remis à jour ses bidouilles rap-core avec Insomnia, s’est payé le luxe de confirmer ce que l’on pensait de lui depuis fort longtemps, soit l’un des meilleurs groupes de la catégorie (qui reste à définir), capable d’aligner sa mitraille touche-à-tout sans jamais tomber dans la grosse soupe épaisse.

L’énervé Live or die free rappelle les plus belles heures de Pennywise qui aurait fomenté un plan à trois avec Jello Biafra et Body Count. Les cris surhumains de Bloodfire, vous avez déjà le sang qui a pris vingt degrés dans la vue. Samples, sirènes, la guitare plus que lourde, c’est efficace, c’est remuant en diable, et lorsque le refrain quasi reggae/dub de Ordo (Ad chao) vous parvient aux oreilles, vous êtes déjà depuis longtemps en plein centre du dancefloor à faire fumer vos Converse. Quelques mots qui résument le choc sonore ? Move your fucking body !
Vous voulez du gros punk des familles ? Family ou du Dead Kennedys en 2009, mais le refrain hip-hop n’est plus du punk, et le tout est digeste, jouissif. Vous en voulez encore, toujours plus, de titres en titres, c’est la plus totale éclate dans la tronche que nous servent Jahred et sa bande de clowns dézingués. New world orphans ne fait retomber la pression qu’avec le plus rap Stepping stone, samples jazzy, du "Fuck me, bitch" en veux-tu en voilà, jusqu’au déchaînement métallique imparable au bout de trois minutes. Incongru ? Que dalle, ça colle aux chaussettes tellement c’est bien amené. Je ne voulais pas partir sur du "track by track", mais j’écoute la galette tout en écrivant, et j’ai du mal à ne pas vouloir maladroitement décrire la somme de trouvailles, de découvertes à chaque plage qui passe.

Renegade est une tuerie sans nom avec encore une fois un refrain anachronique, presque pop tout court pour le coup, mais l’ambiance générale pue la révolte et le malsain, ça déboîte des quatre pattes jusqu’aux folies guitaristiques à la Morello qui aurait pactisé avec Satan. Et qui pourrait sampler du chœur grégorien, mixer ça avec de la funk en fond et coller par-dessus du Bad Religion ? (Həd)p.e. !! Middle class blues retourne à du gros punk qui tâche, efficace sans atteindre le génie dansant des ses petits camarades.

Mais les écueils sont rares, étonnant vu la quantité de titres offerts, pas loin de vingt-cinq ! Si l’on enlève les quelques intros et morceaux de moins d’une minute et des patates, ça vous donne tout de même quelque chose comme une petite vingtaine de titres supragéniaux à faire mouiller du baggy à tous les coups. De fait, New world orphans est disponible en trois versions : White, Black et Red, avec chacun leurs propres titres bonus, ce qui ferait au total vingt-neuf morceaux. Peur de faire du déchet ou volonté de tout caser, même de la grosse chute de studio moisie ? Même pas les jeunes, tout ou presque vaut le coup.

Le fantôme du groupe de Jello Biafra traîne souvent dans les parages de ce dernier album, Flesh and blood est plus qu’un hommage, tellement la parenté est évidente. Mais on trouve des références encore plus étonnantes, Planet X est tarantinesque en diable, mais offre un soli à la Yngwie Malmsteen en plein milieu des riffs funk ! Dans la catégorie "(Həd)p.e. rules !", il faudrait aussi citer le planant Self aware, le jazzy Babylon fall, l’ultra remuant Born2Ride avec Big B (sur la version Red), l’ambiance fabuleuse de Girlfriend, ou le très bizarre Cities of the moon.

(Həd)p.e. nous a offert un des albums les plus déjantés et géniaux de leur carrière, parfaitement remuant, d’une variété énorme, des trouvailles toutes les minutes, inclassable, incontournable pour tous ceux dont le mélange des genres n’est pas un obstacle. A ce niveau, New world orphans nécessite des semaines entières pour bien tout assimiler. Putain, ces rythmes fous, ce punk, ce rap, ce funk, ce bouillon succulent, épicé juste comme il faut. Surtout, laissez crever The Offspring et remettez-nous en une couche pareille la prochaine fois, (Həd)p.e. est plus que bon, il est addictif.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

(Həd)p.e. : "New world orphans "
(1/2) 7 décembre 2015
(Həd)p.e. : "New world orphans "
(2/2) 4 septembre 2010, par Ced




(Həd)p.e. : "New world orphans "

7 décembre 2015 [retour au début des forums]

I like the melody of the songs. Some of the songs are my favorite. - Dennis Wong YOR Health

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(Həd)p.e. : "New world orphans "

4 septembre 2010, par Ced [retour au début des forums]

Effectivement, c’est pas mal et ça part dans tous les sens...

Merci pour la découverte.

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