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Guilt Machine : "On this perfect day"
Convenu mais efficace

mardi 12 janvier 2010, par Arnaud Splendore

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Dans la famille prog’-metal, Arjen Lucassen fait figure de stakhanoviste. Non content d’enquiller les productions mammouths avec son projet de metal-opera Ayreon, où l’homme se paie le luxe d’inviter le Who’s who de la scène, il se permet de monter régulièrement des side-projects pour se faire plaisir. Après un voyage dans les sphères ambient avec Ambeon, une œuvre-hommage au cinéma de science-fiction avec Star One et une expérience goth-metal avec Stream of Passion, le batave revient sur ses terrains de chasse préférés avec son nouveau projet.

Guilt Machine officie en effet dans un prog-metal classique, fort proche de ce que l’homme a l’habitude de produire avec Ayreon. Différence notable, pas de liste d’invités longue comme le bras. Le groupe s’articule autour d’une formation classique, Lucassen et Lori Linstruth (pour les plus people d’entre vous, sa nouvelle compagne et accessoirement ex-Stream of Passion) se partageant les guitares. A la batterie, on retrouve l’ex-Porcupine Tree, Chris Maitland. Et quelque chose me dit que sa présence n’est pas entièrement due au hasard, étant donné que les passages les plus mélodiques d’On this perfect day fleurent bon le groupe de Steve Wilson, lequel n’aurait sans doute pas renié une chanson comme Green and cream, où les influences sont évidentes.

Musicalement, on s’écarte donc assez peu des productions habituelles de prog-metal. Les chansons tapent toutes au-dessus de la barre des cinq minutes et alternent passages mélodiques assez sombres, proches de ce que fait Riverside, et passages plus heavy, non sans rappeler des groupes comme Shadow Gallery. Le tout est bien entendu frappé de la patte inimitable de Lucassen et on retrouve tout au long de l’album les sonorités habituelles du batave.

C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut adresser à Guilt Machine. La proximité avec la sortie du dernier album d’Ayreon y est certainement pour quelque chose, mais à l’écoute d’On this perfect day, on ne peut s’empêcher de se dire qu’on a déjà entendu tel ou tel passage chez Lucassen. Comparez le final de Perfection ? avec celui de The sixth extinction (sur le dernier Ayreon) et venez me dire qu’il n’y a pas plus qu’une légère ressemblance... Pas vraiment dérangeant en soit, mais Lucassen ferait bien de faire plus attention à ne pas s’auto-plagier, ça pourrait devenir gênant !

Par contre au niveau des paroles, bonne nouvelle ! Arjen abandonne la science-fiction à la petite semaine, qui lui sert de fil conducteur pour les albums d’Ayreon. A vrai dire, il abandonne carrément le poste de parolier à Lori Linstruth. Résultat, les chansons sont beaucoup plus personnelles, plus introspectives et collent beaucoup plus à la musique. Je sais que les fans d’Ayreon aiment à se pignoler sur le concept sci-fi mais perso, j’ai toujours un peu honte quand on me demande de quoi ça parle. C’est du prog, bordel, pas du Rhapsody !

Mais la surprise de taille se tient derrière le micro et porte le nom de Jasper Steverlinck. Et le petit salopard nous toise avec l’air supérieur du mec qui vient d’enterrer tous ses détracteurs... et il a bien raison, le con ! Pour une fois, Lucassen ne s’est pas contenté de consulter son Gotha des chanteurs de metal et prend le risque de convier un étranger total à la scène prog-metal. Steverlinck et son groupe Arid officient plutôt dans un registre rock alternatif. Et là, on pouvait franchement craindre le pire. Force m’est d’avouer que mon seul contact avec le bonhomme était cette atroce reprise de Life on Mars de David Bowie, avec laquelle Classic21 avait décidé de me péter les noyaux avec une régularité alarmante. C’est dire si je me suis matraqué la tête au mur quand j’ai appris que Lucassen l’avait recruté pour son nouveau projet...

Mais que nenni ! Steverlinck fait plus qu’assurer, il est parfaitement à sa place ! Il transporte littéralement l’album vers d’autres sphères. Sa voix claire, ainsi que l’émotion qu’il fait passer, colle parfaitement aux passages les plus mélodiques des chansons. Jetez donc une oreille sur Leland Street et sa formidable montée en puissance, vous me remercierez plus tard ! Mais surtout, l’homme fait preuve d’une tessiture impressionnante, d’une voix étonnamment puissante sur les chansons les plus heavy et sa versatilité donne beaucoup plus d’étendue à l’album, là où un chanteur de metal classique aurait sans douté cloisonné le groupe dans un style bien spécifique. Et je peux vous dire que cela me coûte de le reconnaitre ! Faut juste qu’il arrête de massacrer Bowie...

En bref, Lucassen remplit à nouveau son contrat et nous livre une des productions prog-metal les plus intéressantes de l’année. Fidèle à lui-même, l’homme ne déçoit pas. Tout au plus peut-on regretter qu’il ne se soit pas montré un brin plus aventureux. Mais cela étant dit, On this perfect day s’inscrit sans problèmes dans une discographie pour l’instant sans faille. C’est déjà pas si mal...



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Arnaud Splendore





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Guilt Machine : "On this perfect day"
(1/1) 22 juillet 2016




Guilt Machine : "On this perfect day"

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