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Gronibard : "We are French fukk you"
Et si j’te fais un solo, tu fermes ta gueule ? (Hymne à la France éternelle vol. 1)

lundi 1er décembre 2008, par Vincent Ouslati

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A force d’entendre la presse mondiale, du Soir à CNN, arguer que la France est un pays de beaufs n’ayant jamais eu plus de culture musicale que de la pop merdouillarde et de la chanson à textes creuse à mourir, il était temps que Pop-Rock réagisse à ces persiflages, à cette insolente ségrégation musicale. Non, la France, la vraie, a nourri de ses mamelles généreuses de nobles enfants désireux de défendre une cause juste, une véritable croisade pour la gloire du métal franchouillard, un métal de tradition, vendu entre la baguette et le camembert, un métal héritier de nos grands artistes gaudriolophiles, baptisés dans la meilleure vinasse hexagonale, et sentant fort sous les aisselles suite à de furieuses joutes accordéoniques. Et l’un de ces glorieux bambins, c’est Gronibard !

Alors c’est qui, ce bel enfant du pays et dans quelle cuvette le caser ? Osons la terminologie "grind métal potache". Qui se définirait comme le croisement hasardeux d’un grindcore des familles avec le pire de la gauloiserie dans ce qu’elle a de plus débile et bas du front. Gronibard (notez rapidement toute la fine poésie contenue dans ces quelques lettres), Gronibard dis-je nous afflige et nous inflige ses élucubrations pétomaniaques depuis quelques lustres. Dix années passées à écumer les routes de nos belles provinces quand ils sont en manque de thunes, plantant la tente dans quelque misérable bourg et, la plupart du temps uniquement affublés de leurs instruments, entonnant devant un parterre de bœufs avinés leurs vulgaires chansons. Gronibard est fier d’être Français. Et peu importe si les Français ne sont eux pas toujours très fiers de voir leurs gueules de sales gosses chevelus souiller la belle chanson hexagonale de leurs délires scatophiles.

Cela fait déjà sept ans que Gronibard n’avait rien pondu de consistant, mis à part le maxi Satanic Tuning Club, hilarant sur le moment. Sept ans, ça fait long, surtout pour avoir au bout du compte un disque qui atteint à peine quarante minutes dans sa grosse longueur et un mois de vie dans le lecteur. Puisqu’il s’agit pourtant de parler de l’un de nos plus grands héraults francouillophones, il est heureux que cette année voie l’arrivée d’un nouvel album ici présenté. Je tiens à préciser que tout cela est écrit avec la bénédiction de Jérôme Delvaux qui trouvait depuis peu qu’on perdait l’esprit pipi-caca que Popo-Crottes conservait depuis ses origines. Et puis y en a marre de parler de types dépressifs qui chantent comme des clébards castrés sous un lampadaire, vive la grosse déconne.

We are French fukk you, quel plus beau cri patriotique pouvait-on espérer, quel plus bel hymne fédérateur attendait-on de nos merdeux chérubins ? Tout est dans ces quelques mots, tout le génie d’écriture des membres vigoureux de Gronibard, vous le trouvez dans cette phrase à la beauté diaphane. Et la musique n’est pas en reste, jugez-en plutôt. Gronibard se gausse de la gente féminine, ce qui est mal. En guise de charmante excuse, nous voilà face à un brûlot de sensibilité, Tu ressembles à l’amour, de la belle ouvrage, un texte beau comme le pire de la Star Ac’, une ritournelle pianistique doublée d’un époustouflant solo de guitare en épitaphe, ça c’est de la mise en bouche, mes gens ! Du grind bruitiste des débuts, il n’en reste finalement plus grand-chose (tchao les blasts à grosses louches), le punk, le crust, le death ou le black à quelques grosses nuances près, Gronibard a varié sa palette d’influences, les titres restent courts, n’atteignent jamais les trois minutes, hormis une très sage reprise de Necrophagia, et le progressivement crétin Hokoutro.

Ce concentré d’âneries est vraiment à prendre au niveau du string, tant la couche de connerie est épaisse. Que ce soit le débouche-vessiesque Mongolito, le fort peu aimable hommage à Cathedral qu’est Cours forrest of equilibrium, ou la si "douce" Chanson des bisous, on navigue continuellement dans un océan de mauvais goût, servi pourtant par une sacrée bonne équipe de gratouilleux. Ce n’est pas le tout de déblatérer des conneries et de les vendre, il faut aussi savoir les mettre en musique, et les Gronib’ y parviennent, loin d’être les manchots que l’on soupçonne d’entrée, les compos bien que courtes sont de véritables mandales, pour certaines foutrement efficaces. Dans la catégorie "ils sont pas si blaireaux qu’ils en ont l’air", un Nuggets no glory aurait mérité cinq minutes de développement tant son riff est jouissif, même mention à leur salut amical Crève Ultra Vomit, crève !. Bien que ne jouant uniquement qu’avec la main gauche, la droite servant pour d’autres plaisirs, les Gronib’ prouvent que niveau zizique, ils n’ont rien à prouver, pochetrons mais pas tâcherons.

Sur dix-sept titres, il y a forcément un peu de matière qui glisse dans l’irrécupérable, les deux interludes Spectroum 1 et 2 ne servent à rien, et le final est décevant face à la pure idiotie précédente. Sans oublier qu’entre deux dérives métalliques profondes comme une pataugeoire, se sont lovées de charmantes voix féminines qui interludent de temps à autre avec de fort bonnes interrogations existentielles telles que "les escalopes ça éclabousse", ou "On peut pas jouer la comédie quand on suce, c’est pas possible". Il y a de quoi méditer, preuve que nos amis porcins sont aussi des philosophes engagés.

C’est pas très sérieux tout ça ? C’est pire encore. Gronibard n’a pas d’autre vocation que de prouver qu’ils ne sont qu’une bande de gros crétins vulgaires et malpropres. Défendre leur nature profonde avec autant de conviction force le respect, et fait honneur au beau pays qui les a vu naître.


Hymne à la France éternelle vol.2, bientôt dans vos chaumières !



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Vincent Ouslati





Il y a 9 contribution(s) au forum.

Gronibard : "We are French fukk you"
(1/3) 1er décembre 2008
Gronibard : "We are French fukk you"
(2/3) 1er décembre 2008
Gronibard : "We are French fukk you"
(3/3) 1er décembre 2008, par Morbaque Montaigne




Gronibard : "We are French fukk you"

1er décembre 2008 [retour au début des forums]

Hé non mais c’est faux, au Soir ils adorent Carla Bruni...

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Gronibard : "We are French fukk you"

1er décembre 2008 [retour au début des forums]

Gronibard et la StarAc c’est du pareil au même. de la grosse merde infâme

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Gronibard : "We are French fukk you"

1er décembre 2008, par Morbaque Montaigne [retour au début des forums]

Et si les gens nous aiment, c’est qu’on les aime aussi / On n’peut pas dire de même des intellos du Tout-Paris

"Vive la France", Les Musclés (des Français, des vrais). Merci Wiki à quoi je viens d’envoyer 2 euros pour attaquer la semaine en paix avec ma petite conscience.

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