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Grave Digger : "Ballads of a hangman"
On remisera la potence au placard pour cette fois.

mardi 30 juin 2009, par Vincent Ouslati

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C’est un fait, je n’ai jamais suivi de façon très soutenue la carrière de Grave Digger, ayant toujours eu cette féroce certitude qu’ils ne faisaient que du sous-Iron Maiden un chouïa plus rapide. Grave Digger ne rime ni avec originalité ni avec progressif ("encore heureux !" crie un perdu au fond, t’as raison tiens.). Liberty or death était d’un classicisme bête, sans être insipide, ça sentait pas la sueur niveau compositions, et le tout peinait à passer la seconde.

Avec le single Pray sorti peu avant, on restait un peu dans les choux où ils nous avaient laissés. Mid-tempo mélodique, soli bien déroulés. Se laissait esgourder, mais pas de quoi ressortir la veste à clous du placard pour autant. Alors les ballades du bourreau, c’était pas vraiment attendu comme les Rois Mages après la dinde et les marrons, juste de la grosse redite bien chiante, du heavy metal niveau zéro en tout qui finira dans les bacs d’occas’ la semaine suivant l’achat du coffret deluxe avec la top belle pochette qui tue. Maudits soient mes doutes de ca(ni)veau car Grave Digger s’en est bien tiré et évite avec élégance la potence promise.

Puissant, rentre-dedans, bien remis en selle par l’arrivée de Thilo Hermann qui a tortillé de la corde chez Holy Moses, Risk, ou Running Wild, ce Ballads of a hangman a tout d’un très bon album. Légèrement plus rapide, toujours aussi épique, la recette est la même, certains diront que c’est d’un rance putride, mais ma mauvaise foi ou le fait que ce soit tout simplement bien exécuté me fait pencher pour la seconde option, ce disque est un foutrement bon disque. La petite intro diggerienne avec chœurs de macho-men grégoriens, le titre rentre-dedans (Ballad of a hangman) juste derrière pour réveiller ceux que les intros épiques emmerdent au plus haut point, l’entrée en matière est efficace même si dénuée du moindre soupçon de nouveauté. Ce qui aura toujours créé une barrière infranchissable entre les tenants du heavy metal grand-briton et ceux du H&M teuton, c’est bien le choix des vocalistes. Chris Boltendahl est très loin des poussées suraiguës ou de la voix de pucelle effarouchée que l’on peut parfois trouver gonflante chez Iron Maiden ou Judas Priest, le chanteur a gardé ce timbre agressif et rauque, même si la palette parait un peu plus large que par le passé, ça reste du couillu Wisigoth gavé à la chope berlinoise.

La référence de Grave Digger, il faut la trouver il y a déjà plus de dix ans avec des albums comme Knights of the cross ou Excalibur, où le groupe germain allait titiller Blind Guardian dans ses plus belles déroulades d’hymnes supra-épiques et mélodiques. Et cet opus s’en rapproche en proposant des petites bombes de métal bien costaudes à côté de fort bien foutus titres plus calmes. Je mets cependant un gros "beurk" pour Lonely the innocence dies où Boltendahl frise le beauf avec sa grosse voix qui ne cadre vraiment pas avec l’ambiance. Le refrain sauve la mise de justesse, mais ça reste mauvais. Là où nos teutons ont fait de gros efforts, c’est au niveau des guitares, de l’avalanche de soli et de lignes de grattes furieuses, totalement en osmose avec le chant, Into the war est très représentatif de ces grosses améliorations. Le son est proche des précédents opus, puissant et clair sans pour autant faire dans le clinique, tous les instruments sont mis en valeur, même la basse (ah bah c’est pas Metallica hein).

La très belle introduction à la guitare sèche de Funeral for a fallen angel est un petit bonheur, on est presque déçu que la suite soit aussi classique. Agaçant cela, cette propension du groupe à proposer de fabuleuses entrées en matière, du refrain à faire décoller un stade, mais quelque chose de parfaitement inepte au milieu, ou du moins terriblement banal. On tourne en rythme de croisière autour de quatre minutes, peu de titres ennuyeux, et si vraiment vous commencez à avoir les paupières qui tirent le rideau, vous pouvez toujours vous occuper à trouver les hommages cachés à tout le gratin du heavy metal des eighties.

Et Pray alors ? Autant c’est pas convaincant pour un sou en single, autant placé dans le contexte de l’album, il se révèle excellent, mélodique, déluge de guitares et de soli sublimes, il a tout d’un hymne en puissance. La reprise du Jailbreak de Thin Lizzy en toute fin était par contre évitable, et n’a aucun rapport avec la choucroute mais on passera dessus parce qu’écouter du Thin Lizzy est quoi qu’il arrive une bonne chose. Ces ballades bruitistes sont donc hautement recommandables, Grave Digger continue de creuser sa tranchée, sans toutefois oublier que l’innovation n’a jamais fait partie de son cahier des charges. De toute façon, c’est pas ce qu’on attend d’eux non plus.



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Vincent Ouslati





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Grave Digger : "Ballads of a hangman"
(1/1) 22 décembre 2015




Grave Digger : "Ballads of a hangman"

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I agree of this review. Their music is something worth listening. -GE Pro Elite

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