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Fear Factory : "Archetype"
Cyber metal band... reinitialized

jeudi 13 mai 2004, par Marc Lenglet

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Digimortal, le dernier album de Fear Factory avant les nombreux bouleversements de ces deux dernières années, avait déçu. Le groupe avait souhaité sortir de son carcan « cyber-metal de l’impossible » et s’essayer à des sonorités plus accessibles au grand public. Le résultat s’était malheureusement plutôt rapproché d’un quelconque album de neo-metal vaguement indus.

Voilà une bonne année que Fear Factory avait splitté, en raison de problèmes d’égo persistants entre le guitariste Dino Cazares et les autres membres du groupe. Las du tempérament égocentrique de Big Dino, le chanteur Burton C. Bell avait subitement tiré sa révérence, entraînant immédiatement la mise en veilleuse du groupe. Le bassiste d’origine belge Christian Olde Wolbers et le batteur Raymond Herrera s’étaient alors lancés dans un projet nommé Kush (avec des membres de Cypress Hill et des Deftones) avant de découvrir qu’ils étaient toujours contractuellement liés au label Roadrunner et dans l’obligation de fournir un album supplémentaire de Fear Factory. Ayant repris contact dans l’urgence avec Bell, le trio avait dans l’idée de goupiller un nouvel album vite fait bien fait, histoire de pouvoir rapidement passer à autre chose. L’osmose entre vieux camarades de chantier a fonctionné au delà de toute attente puisqu’en fait d’album express, c’est à une véritable renaissance du groupe qu’on assiste ici. Le poste de bassiste échoit aujourd’hui à Byron Stroud, transfuge de Strapping Young Lad, tandis que Wolbers a pris sur lui de remplacer à la guitare Dino Cazares, définitivement persona non grata dans le groupe. Et le résultat est indéniablement vexant pour Dino (qui s’était toujours vu comme absolument indispensable à l’intégrité artistique et au son de Fear Factory) puisqu’on ne dénote absolument aucune différence entre ce dernier et son remplaçant.

Les tentatives d’évolution un peu malheureuses de Digimortal sont remisées au placard : Fear Factory a compris que ses affinités naturelles le dirigeaient vers toujours plus de sensations droïdes, vers l’époque de Demanufacture, une époque où on se demandait comment un groupe de metal arrivait à sonner aussi cybernétique, et surtout, comment ce diable de batteur se débrouillait pour martyriser ses fûts avec une précision aussi millimétrée. Comme le titre l’indique, il n’y aucune raison de s’attendre à une surprise. Ou plutôt la surprise provient de la décision tranquille du groupe de camper sur ses acquis. Archetype ne cherche pas à innover mais bien à offrir une vision archétypale du concept qui a fait la renommée de Fear Factory : la domination de l’homme par la machine (on est loin de l’harmonie kraftwerkienne !) Ce qui se traduit dans les faits par une rythmique aussi méthodique qu’impressionnante, des riffs tranchants, et un chant alternant vociférations rauques et plaintes transparentes et aériennes. Oubliées les lignes mélodiques un peu simplistes, terminés les duos vendeurs avec des stars du hip-hop, le groupe est ici retourné au cœur de l’usine métallurgique qui l’a vu naître.

Difficile à croire de la part d’un groupe donné pour mort voici un an ? Les premières plages attrapent l’incrédule par la peau du dos et lui propulsent l’évidence droit dans les conduits auditifs : Fear Factory est revenu à quelque chose de nettement plus martial. De la musique en béton armé qui sait se faire trépidante ou bien laisser transparaître une aura dangereusement maîtresse d’elle même, mais qui toujours renferme cette étincelle d’inhumanité propre au groupe. Puisqu’on nous reproche souvent de chercher systématiquement des défauts aux albums que nous chroniquons, allons-y sans complexe et sans risques puisque Archetype ne présente pas de défauts véritablement rédhibitoires. D’accord, certains riffs ont été repiqués aux albums précédents (Drones rappelle furieusement Replica par exemple !) et les plus intégristes trouveront certainement que ce nouvel album ne tient pas la route face à Demanufacture. Avec cette nouvelle tendance moins ouvertement brutale, qui compte davantage sur le chant clair pour instiller ses atmosphères, cet album finalement plus « humain », Fear Factory n’a peut-être pas réussi à atteindre tout à fait le niveau de cruauté mécanique de ce qui est généralement considéré comme le sommet de leur carrière. Mais, avec ses thèmes blindés au possible et ses morceaux bien ficelés et éclectiques Archetype est encore bien plus éloigné d’un Digimortal trop évident pour le groupe américain et indigne de sa stature. La rage stoïque de Bell est tout de même moins éprouvante qu’auparavant, et la rareté des concessions faites au formatage grand public laisse planer l’espoir qu’on retrouvera totalement un jour le « vrai » Fear Factory. Le groupe devrait s’attirer de nouveaux adeptes en quête de metal intègre et rentre-dedans tout en se montrant suffisamment intransigeant pour ne pas satisfaire le premier skater inculte venu. A noter en bonus-track, une curieuse et détonante reprise de School de Nirvana.

Comme le disait si bien mon confrère Rodrigo voici quelques mois, le soulèvement des machines a recommencé. Et ça va barder !



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Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

> Fear Factory : "Archetype"
(1/1) 13 mai 2004, par Toad




> Fear Factory : "Archetype"

13 mai 2004, par Toad [retour au début des forums]

Enfin le retour de Fear Factory !Pour moi cet album est véritablement LA claque du mois. Si ’Demanufacture’ reste le sommet de FF, cet album est en tout cas sur le podium. FF a remis les points sur les I et on attend la suite avec impatience ...

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