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Eths : "Tératologie"
Etude de cas

lundi 26 novembre 2007, par Marc Lenglet

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Déjà fort d’une poignée de maxis et d’un premier album studio, Eths, formation prometteuse venue de la cité phocéenne, promène son mal-être et ses traumatismes depuis bientôt huit ans au sein de la scène hard française. Avec ce nouveau Tératologie, terme désignant l’étude des malformations congénitales, on ne peut pas dire que le moral des troupes se soit amélioré. Contrairement à leur niveau.

Pour faire court, Eths fait toujours du Eths, autrement dit un metal-core sombre et violent à destination de ceux que les évocations de pathologies mentales et de fluides corporels variés ne révulsent pas. Pourtant, malgré un passé récent assez chaotique, les trois années écoulées depuis la parution de Sôma ont indiscutablement permis au groupe d’accéder à la maturité. Moins maladroit que par le passé, moins spontané aussi peut-être, Eths fait preuve aujourd’hui d’un perfectionnisme impressionnant. Celui-ci repose sur une architecture sonore bétonnée de fond en comble et un souci palpable du détail malsain. Pourtant, malgré cette évolution positive, on ne peut toujours pas dire que la facette purement musicale du groupe se suffise à elle-même. L’élément qui donne toute sa saveur à Eths se prénomme une fois encore Candice.

Première constatation : si la jeune femme remonterait toujours les bretelles à n’importe quel Scandinave velu en matière de vociférations caverneuses, les sections en chant clair occupent à présent un espace nettement plus imposant que sur l’album précédent, et s’équilibrent parfaitement avec l’agglomérat de riffs taillés à la serpe et de grognements furieux. Eths n’y perd absolument pas au change, que du contraire. Des pièces comme Bulimiarexia et Tératologie y gagneraient même une certaine mélodie. Reste que les grondements death, aussi déstabilisants soient-ils dans la bouche d’une jeune femme aux proportions fort éloignées de la femelle sasquatch n’ont finalement rien de férocement original. C’est à nouveau dans le chant clair que Candice imprime véritablement sa marque. Tour à tour rêveur, vulnérable, désenchanté ou animé d’une dérangeante joie perverse, il transforme ce qui n’aurait autrement été qu’un banal groupe de metal-core de plus en un brutal exutoire à pulsions, où autodestruction et éruptions cathartiques se taillent la part du lion. Il est plus évident que jamais que l’essentiel du savoir-faire d’Eths repose sur l’inquiétant talent de sa chanteuse.

Même si les textes virent parfois au déballage de science médicale et à la course au glauque, ils s’insèrent dans le rythme général de Tératologie avec une telle justesse et témoignent d’une telle implication personnelle de la part de Candice qu’on aurait du mal à soupçonner Eths d’être atteint du syndrome Eros Nécropsique. Eths est donc sur la bonne voie, celle qui devrait lui permettre à terme d’atteindre le statut enviable d’un Gojira. A défaut d’avoir déjà réussi à totalement domestiquer sa prose et condenser sa musique, Eths dispose déjà d’une identité forte, unique même. Un élément qui me laisse penser que les Marseillais peuvent sérieusement prétendre au titre de Seigneurs du Metal hexagonal. Laissons-leur encore un peu de temps.



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Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Eths : "Tératologie"
(1/1) 28 novembre 2007, par Renaud B.




Eths : "Tératologie"

28 novembre 2007, par Renaud B. [retour au début des forums]

Je me demandais justement pourquoi vous n’aviez jamais chroniqué ce [insérer superlatifs] groupe qu’est Gojira.

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