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Eths : "Sôma"
La nausée

samedi 12 mars 2005, par Marc Lenglet

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Depuis quelques temps, la face féminine du metal semble ne plus vouloir se cantonner à être uniquement représentée par de douces voix angéliques. La parité doit être une réalité, même dans le metal, que diable ! Et le droit à s’arracher la gorge fait clairement partie des enjeux les plus brûlants de ce début de 21ème siècle. Trève de considérations à deux balles, des groupes comme Arch Enemy ont brillamment prouvé qu’une femme qui hurle peut être tout autant, si pas plus effrayante qu’un homme. En digne représentant de l’Hexagone, Eths s’essaye à son tour à l’explosion de cordes vocales.

La presse spécialisée française ne tarit généralement pas d’éloges sur les groupes de metal nationaux, qui parviennent à obtenir une certaine reconnaissance internationale. Ainsi, si Anorexia Nervosa mérite amplement les commentaires dithyrambiques dont il est l’objet, on remarque souvent un certain emportement vis-à-vis de groupes aussi stéréotypés que Nightmare ou Loudblast qui ne feraient même pas l’objet d’un entrefilet sous d’autres latitudes. Eths a au moins le mérite de jouer dans un registre assez particulier, mais ce n’est pas pour autant que nous sommes en face d’un nouveau messie du metal.

Au niveau vocal, on ne prend pas vraiment son pied. Les hurlements de Candice sont primaires et stéréotypés (à l’exception du traumatisant Infini), et on n’y retrouve jamais les inflexions vicieusement sadiques d’une Angela Gossow (Arch Enemy). C’est regrettable car, sitôt que la belle passe en mode « voix claire », on se retrouve face à un truc assez atypique, face à une voix qui, si elle n’est pas exceptionnelle à proprement parler, possède un côté troublant et diablement sexy. On aura au moins eu la preuve indiscutable que les vocaux death demeurent fondamentalement incompréhensibles à la base, quelle que soit la langue utilisée.

Les paroles, sombres et décadentes, centrées sur le dégoût du corps, la schizophrénie et plus généralement, tout ce qui est du ressort de la pathologie mentale, ont le mérite d’être relativement fouillées. Il s’en dégage les relents putrides d’un Eros Nécropsique, bouffonnerie mise à part, et le côté névrosé et paranoïaque de certains thèmes de Watcha (par ailleurs clairement une importante influence pour le tempo et le phrasé de certaines plages). Musicalement, le tableau est plutôt négatif. Constructions mille fois entendues, riffs pas très excitants, bourrinage compulsif et sans éclat, on ne peut vraiment pas dire que Eths marquera son époque par la richesse de ses constructions musicales.

Le groupe marseillais ayant choisi de chanter dans sa langue maternelle, parviendrait-il à éviter la plus fameuse chausse-trappe du rock français, c’est-à-dire l’extrême difficulté d’aborder des sujets extrêmes ou sombres sans tomber dans le comique troupier ? Pas entièrement, mais dans l’ensemble, il y a tout de même un certain souci de la formule. Certes, quand Candice murmure insidieusement à propos de « circonvolutions en putréfaction », on pense directement au clip agricole des inénarrables, bien que factices, Tranxen 200 (qui, eux, devaient évoquer les « tentacules de la déréliction » ou quelque chose du même tonneau), mais ce ne sont que des exceptions et on n’arrive à ne pas se gausser totalement des propositions glauques émises par le groupe. Sôma n’est donc pas dépourvu d’intérêt, principalement faute de concurrents sérieux en France, mais ne mérite pas vraiment son statut de nouvelle sensation du metal français.



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Marc Lenglet





Il y a 5 contribution(s) au forum.

> Eths : "Sôma"
(1/1) 12 mars 2005, par Kao




> Eths : "Sôma"

12 mars 2005, par Kao [retour au début des forums]

Pourtant notre espoir n’est pas si désespéré à condition d’analyser que l’absolu ne doit pas être anihiler par l’illusoire précarité de nos amours destitués .

Et vice et versa .

(désolée)

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