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Epica : "The Classical Conspiracy"
« Bien sûr ! » répondront en coeur les onanistes professionnels

jeudi 1er octobre 2009, par Yû Voskoboinikov

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J’ai une vision collaborative de l’intuition et du rationalisme. Plus précisément, j’ai tendance à considérer l’intuition comme étant rationnelle : elle n’est pas métaphysique, comme elle n’est pas issue d’un ordre supérieur ou autre. Pour dire les choses avec humour, nous sommes tous schizophrènes, c’est-à-dire que notre conscient est en constante collaboration avec notre inconscient, qui fournit ce que nous appelons les intuitions. Le conscient est la pensée que nous pouvons manipuler sciemment, l’inconscient est ce que notre cerveau calcule en tâche de fond. L’un n’est pas forcément meilleur que l’autre, mais ce ne sont qu’ensemble que les deux travaillent au mieux, ce qui implique un certain recul, et une grande connaissance de soi (au hasard : Platon).

Quelque part, nous fonctionnons comme un ordinateur. Par exemple, Jérôme Delvaux retouche une image boutonneuse de lui sous Photoshop, et pendant ce temps, telle application télécharge du porno et le dernier Emilie Simon (qui a beaucoup écouté Kate Bush), telle autre application récupère les courriers électroniques de ses maîtresses sur un compte crypté, etc. Dans cet exemple, Photoshop est son conscient : il le manipule (agressivement). Les autres applications, qui tournent en tâche de fond, sont son inconscient, qui travaillent pour lui sans qu’il y prête attention. À terme, les ordinateurs deviendront de plus en plus organiques, jusqu’à devenir des machines plus ou moins humanoïdes qui porteront en elles la vie telle qu’elle est apparue puis a évolué sur Terre, au sein de carcasses à même de supporter les longs voyages interplanétaires vers une nouvelle planète à foutre en l’air. A moins qu’en fait il ne faille parler de cela au passé, mais c’est un autre débat.

J’ai commencé à écouter Epica avec Sahara Dust, la première incarnation du groupe, dont la démo contient ni plus ni moins que les deux meilleurs titres du groupe à ce jour : Cry for the moon et Illusive consensus. J’ai donc commencé par le meilleur, puis il s’en est suivi une dégradation lente, une véritable agonie pourrait-on dire. Le premier album est bon, certes, mais la force brute de la démo, qui faisait partie intégrante de l’habileté du groupe, a été ciselée jusqu’à un point quasi-castrateur. Et encore, cela si l’on écoute le pressage japonais, au mixage différent de l’édition européenne, dont les guitares fantomatiques sont émasculées par une balance aussi équilibrée que la répartition des richesses dans le monde.

Sans surprise, Epica a évolué, et le groupe est devenu de plus en plus personnel, mais aussi de plus en plus ennuyeux. La technique l’emportait sur la passion au point que j’en venais à les appeler les nouveaux Genesis (période post-Gabriel, bien sûr), alors même qu’un album comme l’indispensable Oceanborn de Nightwish (le seul écoutable de toute leur discographie rasante) arrive avec un brio rageant de pertinence à allier les deux. Du coup, Epica me passait de plus en plus au-dessus de la tête, jusqu’à commettre l’impensable : ne plus me donner la peine d’écouter leurs nouvelles propositions.

Alors pourquoi donc ai-je prêté une oreille, puis une seconde, et finalement tout mon être jusqu’au derniers neurones clignotants de mon cerveau, à cet opus somme toute peu ragoutant : un concert, donc des prestations scéniques où je ne peux me masturber sur Simone T’es Bonne que sans support visuel ? Par humilité envers la puissance de mon inconscient se basant sur un élément en apparence irrationnelle : la jaquette de l’album, bêtement symbolique, et en même temps absolument magnifique et engageante. La mariée était trop belle pour ne pas aller voir ce qui pendait sous sa robe, à savoir l’enregistrement d’un concert délicatement burné.

A commencer par le mixage à la japonaise, dont la qualité époustouflante amène à se demander s’il s’agit réellement d’un concert ou bien d’un prise studio déguisée. Cette perfection de la réalisation se met au service d’une humilité bienvenue du groupe, qui commence par laisser la place à l’orchestre symphonique de quarante pièces (auxquelles l’on ajoute trente choristes) avant de progressivement prendre possession de la scène, jusqu’à finalement mener la danse. Ainsi, autour du monolithe indestructible de la musique classique, chaque membre se joint au combat selon la pertinence de son apport ; nous aurions pu obtenir une machine folle et lourdingue ne sachant pas trop où elle allait à part dans le fossé, mais, de fait, Epica a tout simplement livré l’une des meilleures fusions de classique et de métal, et même l’une des meilleures fusions de musiques classique et contemporaine jamais parue. Le point d’orgue, ou de jonction, au choix, est d’ailleurs apporté par une sélection de quelques bandes sons de films gravées dans l’inconscient collectif. Audacieux en apparence, mais en réalité parfaitement logique, d’autant plus que le groupe a bien sûr inclus un florilège de ses propres compositions, pour le coup transcendées par la grâce kantienne.

Après tout, charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même ?



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Yû Voskoboinikov





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Epica : "The Classical Conspiracy"
(1/2) 1er octobre 2009, par Mary
Epica : "The Classical Conspiracy"
(2/2) 1er octobre 2009




Epica : "The Classical Conspiracy"

1er octobre 2009, par Mary [retour au début des forums]

yû, je remarque à l’instant qu’il n’y a pas un seul R dans ton nom.
A mon sens, ça manque plus que cruellement.

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Epica : "The Classical Conspiracy"

1er octobre 2009 [retour au début des forums]

j’avais espéré que pti merdeux avait fermé son clapet à merde. C’est raté. Dommage !!!!

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    Epica : "The Classical Conspiracy"

    2 octobre 2009, par Caca [retour au début des forums]


    C’est pourtant le seul à être capable d’écrire autre chose que "le 1er morceau est bien, le 2e un peu moins, le 3e est génial, ça ressemble à du Truc, mais différent, enfin moi j’aime bien, mais c’est subjectif".
    Dommage cependant que ce soit un putain de raciste, cet apect du personnage invalide une intelligence qu’on aurait pu a priori prendre pour acquise.

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