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Edguy : "Hellfire club"
Très bon... mais peut mieux faire !

samedi 17 avril 2004, par Marc Lenglet

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Edguy est le groupe de heavy metal germanique à avoir connu l’ascension la plus rapide. Partie de nulle part il y a quelques années, la petite bande fait maintenant partie des plus grosses pointures du metal classique mondial, tandis que son leader, Tobias Sammett s’amuse à composer d’excellents operas-metal sur le côté (Avantasia). Après un Mandrake haut en couleurs, voici Hellfire club, album qui s’annonçait très différent et qui ne l’est finalement pas tant que ça.

D’après les quelques annonces qui avaient parus dans la presse il y a quelques mois, on attendait de grands bouleversements pour ce nouvel album d’Edguy. Les premières rumeurs faisaient même état de titres influencés par Rammstein. Les deux groupes étant allemands et Edguy n’ayant jamais manqué d’imagination, on espérait avoir une éclatante preuve de la faculté du groupe à aborder divers styles. Résultat ? Si le sympathique single King of fools possède des vagues riffs mécaniques (et du synthé gluant, mais c’est un autre problème...), on est tout de même loin d’avoir affaire à un morceau indus. En fait, l’album est d’un classicisme parfait, dans la veine de la scène allemande traditionnelle. Heureusement, contrairement à un Primal Fear par exemple, classicisme ne rime pas ici avec platitude, et Edguy continue à porter bien haut le flambeau d’un heavy metal technique et épique de grande qualité.

Le morceau progressif de l’album, The piper never dies, déçoit tout d’abord par son aspect terne et nettement moins coloré qu’un Pharaoh ou un Jerusalem. Quelques écoutes seront nécessaires pour bien appréhender le morceau qui, derrière son simplisme apparent, s’avère en fin de compte agréablement complexe. Pour le reste, on découvre de classiques pistes rapides et époumonées dotées de refrains en acier trempé, comme Mysteria ou le flamboyant Under the moon, sans oublier les habituels délires propres au groupe (comme l’hilarant petit intermède Lucifer in love ou le tube FM-esque Lavatory love machine). Petit - enfin non - gros bémol par contre pour la balade Forever, absolument lamentable et rappelant les pires soupes Bonjoviennes à avoir jamais vu le jour, au contraire de la très belle et hollywoodienne The spirit will remain.

On remarquera en outre qu’Edguy tend à se détacher de ses influences diverses (Iron Maiden, Helloween, Europe,...) et commence véritablement à avoir son propre son, qui ne devrait pas tarder à devenir tout aussi reconnaissable que celui des grandes légendes du metal. Tobias Sammet semble gagner en assurance d’albums en albums, et lui aussi semble être en passe de trouver sa voie (et sa voix), après avoir passé son temps à synthétiser les avantages des grandes organes du hard.

Difficile de juger objectivement cet Hellfire club : incontestablement, c’est du bon, voire du très bon metal. Malgré une ambiance générale moins baroque et moins « magique » que sur les autres productions du groupe, l’album est excellemment produit et possède un côté très pro...trop pro peut-être, car tout cela sonne un peu « lisse ». On a l’impression d’avoir affaire à l’album parfaitement bien dosé pour toucher un large public, proposant un juste équilibre en titres speed, balades et morceaux alambiqués, et il lui manque peut être ce petit grain de folie et l’ambition sans limites qui faisaient le charme des autres albums d’Edguy. Dans le même ordre d’idée, on regrette un peu qu’Edguy n’ait pas pris plus de risques artistiques : on les sait parfaitement capables, contrairement à beaucoup d’autres, de défricher des terres vierges.

Pas question de critiquer Hellfire club donc, qui donne toujours dans le metal haut de gamme, mais on éprouve tout de même une petite pointe de déception à l’idée d’un groupe qui ne semble pas avoir œuvré au maximum de ses potentialités...



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Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

> Edguy : "Hellfire club"
(1/1) 28 mai 2004




> Edguy : "Hellfire club"

28 mai 2004 [retour au début des forums]

Un bon album, je n’ai pas regretté mon achat.
Mais la voix de Sammet est encore un peu empruntée , les chansons pour la plupart n’ont aucune originalité et ne doivent leur qualité qu’au refrain typiquement Edguy qui a souvent le don de rattraper la plus immonde bouse qui soit.
Personnellement, les ballades sont à mon sens ratées. Au moins peut-on en rire ( cf the spirit will remain, à écouter en alternative avec du Mägo de Oz ou mieux, avec la bande-son de titanic ) .
Reste que les 3 premiers titres sont redoutables, que king of fools tient toujours la route et les mid-tempos assurentle minimum syndical.
3 pistes à retenir : Piper never dies, king of fools et We don’t need a hero, cette dernière ultra classique, mais relevée d’un solo sympa et bénie par l’énorme production de l’album qui assure un son monstrueux.
L’ayant confronté à la récente sortie de Nemo, de nightwish, je dois avouer que Edguy garde une longueur d’avance : il est plus franc, plus direct, moins emprunté. là où nightwish pèche encore par son côté "je n’y touche pas", Edguy rentre à fond dans le moule du speed métal avec la ferme intention de l’exploser.

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