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Eclipse Hunter : "One"
Bons baisers de Russie

mardi 15 juin 2010, par Arnaud Splendore

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On connaît la prédilection des groupes de l’Europe de l’Est pour le rock progressif. Ils sont également réputé pour leur manque d’originalité et pour s’inspirer fortement de ce qui se fait à l’Ouest. Les Russes d’Eclipse Hunter ne font pas exception à la règle. Après un début de carrière en dents de scie et de nombreux changements de personnel, les voici enfin avec leur premier album, nommé fort à propos One. Pâle copie ou nouveauté révolutionnaire ? Disons que la vérité se trouve au milieu de ce chemin.

A l’écoute de ce One, une chose apparaît rapidement comme évidente. Eclipse Hunter doit sans doute vouer un culte aux Danois de Royal Hunt. En effet, on retrouve sur cet album le son typique du combo prog, ainsi que la structure particulière des morceaux. La plupart des chansons s’articulent autour d’une ossature heavy-rock typée années 80, étoffée d’une bonne couche de claviers et de riffs de guitare atypiques. L’accent est cependant mis sur la mélodie, particulièrement au niveau des refrains. Le tout est bien travaillé, avec une production particulièrement léchée. Autant de points communs entre le maître et l’élève, qui font que, les yeux fermés, on pourrait croire être en présence d’un nouvel album des Danois.

Ceci étant, l’album s’ouvre plutôt dans un autre registre. Après une indispensable intro au clavier, Freedom déboule à cent à l’heure et sonne plutôt comme une face B d’un groupe de speed mélodique, du genre de Stratovarius. La chanson n’est pas inintéressante et à l’avantage de mettre en voix le chanteur. Ce dernier tape, à la surprise générale, dans le registre de John West (ex-Royal Hunt) mais on peut imaginer pire comparaison. D’autant que le monsieur soutient parfaitement la susdite comparaison. Hormis cela, Freedom ne risque pas de bouleverser l’auditeur. Ce genre de speederie suédoise a déjà été entendu cent fois et si la formule tient de la figure imposée, ça fait tout de même dix ans qu’on en bouffe et que cela n’intéresse plus personne.

Mais plus l’album avance, plus les similitudes avec Royal Hunt se font évidentes. Ainsi l’intro de I’ll never forget semble-t-elle sortie tout droit des sessions de Fear. Une nouvelle fois, c’est le chanteur d’Eclipse Hunter qui tire son épingle du jeu. Comme son modèle, John West, le Russe chante dans un registre plus grave que le chanteur de metal moyen, tout en gardant une tessiture plus étendue lui permettant de monter avec une certaine aisance dans les aigus. Même si il est clair que le gars a du talent, on sent encore un certain manque d’assurance et de maîtrise. Cela dit, il y a là un gros potentiel qui ne demande que se développer. Après tout, quand on prend comme modèle un des meilleurs chanteurs contemporains, toutes scènes confondues, on a plutôt intérêt à assurer.

Une précision s’impose, on parle bien ici de comparaison, pas d’imitation. Il ne s’agit pas d’une repompe intégrale ni d’un groupe qui se serait engouffré dans une supposée brèche ouverte par les Danois, histoire de capitaliser sur le succès de leur modèle. Déjà, l’époque du succès (tout relatif) de Royal Hunt est depuis longtemps révolue. A moins que les Russes d’Eclipse Hunter ne cherchent une carrière au Japon, on peut rayer cette option. Et si une chanson comme I’m going down pourrait sans mal figurer sur un album des Danois, la qualité est au rendez-vous, Eclipse Hunter s’élevant, dans ce cas-ci, au niveau de leurs mentors. Tout du moins peut-on leur reprocher un manque d’originalité.

Et c’est bien là le principal reproche que l’on peut adresser à ce One. Pour schématiser, si vous êtes fan de Royal Hunt, vous aimerez cet album. Si par contre la bande à Andre Andersen vous colle des boutons, passez votre chemin. Personnellement, et en essayant de rester aussi objectif que possible, je serais plutôt enclin à la clémence. Certes, One sonne comme une resucée de la discographie de Royal Hunt. Certes, Eclipse Hunter affiche une absence totale d’identité propre. Reste qu’il s’agit d’un premier album, et combien de groupes peuvent se vanter d’avoir trouvé leur son, leur identité dès leur premier album ?

Et comme le second album des Russes est déjà en chemin, je suis d’avis d’attendre et de voir si Eclipse Hunter peut confirmer le bon potentiel affiché dans One et trouver sa propre voie. En attendant, reste que One est un album fort sympathique pour qui aime le genre. Vu que Royal Hunt, ces derniers temps, a plutôt tendance à se regarder le nombril et sortir des albums aussi poussifs que pompeux, cette succession possible au trône me semble une bonne nouvelle.



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Arnaud Splendore





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Eclipse Hunter : "One"
(1/2) 22 juillet 2016
Eclipse Hunter : "One"
(2/2) 27 juin 2010




Eclipse Hunter : "One"

22 juillet 2016 [retour au début des forums]

They have nice collection of songs. No wonder, they have been a big hit. - Dennis Wong YOR Health

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Eclipse Hunter : "One"

27 juin 2010 [retour au début des forums]

Cela dit, ça doit être très sympa à écouter en survolant le Mordor sur son dragon.

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