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Dream Theater : "Train of thought"
Et si on faisait un peu plus de vacarme ?

vendredi 26 décembre 2003, par Marc Lenglet

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Détail intéressant et très représentatif de l’esprit Dream Theater, les premières notes de Train of thoughts sont identiques à celles qui terminaient la dernière piste de l’album précédent. Le pape du metal progressif nous convie cette fois à un voyage bien plus heavy que ce à quoi il nous avait habitués.

Il faut se faire une raison : les musiciens de Dream Theater sont viscéralement incapables de faire dans le concis. Malgré l’optique plus offensive de ce nouvel album, il serait vain de s’attendre à des chansons de quatre ou cinq minutes à la construction classique couplet-refrain-pont-couplet. Dream Theater ne s’abaisse pas au niveau du petit personnel, madame ! Le groupe virtuose, comme toujours, ne se sent en terrain connu qu’une fois la dixième minute dépassée. Et à l’exception notable de la très courte balade « Vacant » au piano et au violoncelle, toutes les chansons approchent ou dépassent cette durée.

Cette durée, parfois excessive, c’était exactement ce que l’on pouvait reprocher à Dream Theater tout au long de leur carrière, les musiciens étant, eux, au dessus de tout soupçon. Les américains n’ont jamais été de purs représentants du progressif, et les éléments de heavy ont toujours plus ou moins fait partie de leur musique. Ce mélange donnait parfois lieu à des pistes en demi-teinte, inégales, soûlantes sur la durée et où la technique l’emportait parfois sur l’émotion et le sens. Grâce à la direction plus brutale prise ici, il semble que l’équilibre parfait, le nombre d’or du metal ait été atteint.

Riffs saccadés et double grosse caisse se mélangent harmonieusement aux passages planants plus traditionnels. Qu’il s’agisse de titres relativement simples à aborder comme As I am ou de morceaux extraordinairement riches à la Endless sacrifice, on peut être certain que cet album parviendra à attirer à la fois les amateurs purs et durs de metal alambiqué, et ceux qui apprécient les plaisirs plus simples de la vie. De nombreux passages rappellent fortement le Metallica du milieu des années 80, une ressemblance atteignant son paroxysme sur un passage sec et agressif de This dying soul qu’on jurerait emprunté à la chanson Blackened. A l’occasion, le groupe pousse même encore plus loin son envie de gros son avec certaines intros écrasantes dignes d’un Pantera. En conséquence de quoi les claviers, malgré tout toujours présents, font ici pâle figure face à la puissance des guitares. Le groupe n’en oublie pas pour autant les passages techniques échevelés où Portnoy et Petrucci se livrent à des démonstrations de force à même de pousser au suicide tout apprenti musicien. On n’échappe pas non plus à la longue piste instrumentale qui, surprise, ne brille pas en premier lieu par sa technique mais plutôt par son ambiance. Enfin, pour rester dans les bonnes nouvelles, James Labrie a modifié son chant pour coller à cette nouvelle direction musicale. Fini les couinement aigus à la limite du supportable, le chant est ici rageur, parfois rugueux, visiblement inspiré par James Hetfield, mais en moins viril. Quoi qu’il en soit, sans être fondamentalement plus original ou attirant que d’autres chanteurs metal, James Labrie a, sur cet album, cessé d’être le maillon faible du groupe.

Les esprits chagrins rejettent Dream Theater pour leur irritante virtuosité, et ce penchant pour l’esbrouffe permanente qui les a malheureusement entraînés assez souvent sur la pente d’une stérile masturbation musicale. Quant aux fans, ils sont généralement si éblouis par les capacités techniques du groupe qu’ils sont prêts à tout lui pardonner, y compris les multiples travers énoncés plus haut qui l’ont parfois transformé en entité aussi boursouflée qu’un Yes ou un Emerson, Lake & Palmer des mauvais jours. Agressif sans être trop brutal, aérien sans être lymphatique, avec un James Labrie au mieux de sa forme, une exubérance musicale pas trop tape-à-l’œil et des thèmes relativement variés, cette nouvelle production pourrait bien réconcilier tout le monde avec Dream Theater. En ce qui me concerne, c’est la première fois qu’un de leurs albums ne contient aucune faiblesse notable. Train of thoughts n’est peut-être pas incontournable mais mérite certainement que tout amateur de metal s’y intéresse sérieusement afin de s’y forger son opinion.



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Dream Theater : "Train of thought"
(1/2) 29 septembre 2016
> Train of thought
(2/2) 26 décembre 2003, par Badrock




Dream Theater : "Train of thought"

29 septembre 2016 [retour au début des forums]

The kind of album that any music fan would never miss. - Gary McClure

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> Train of thought

26 décembre 2003, par Badrock [retour au début des forums]
Train Theater

Bon ben j’en ai déjà parlé avec toi... rien à rajouter, si ce n’es que portnoy est toujours aussi une base a la batterie :p

Profitez-en pour aller matter mon site

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