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Dream Theater : "Systematic Chaos" Bureaucratie de l’anarchie dimanche 5 août 2007, par |
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Cela fait déjà un petit moment que Dream Theater ne me fait plus vibrer. Alors que les années nonante ont connu l’apogée des New-yorkais et ont vu défiler une série d’albums s’étant pratiquement tous distingués par leur excellence et leur capacité à repousser les limites du genre progressif, les années deux mille ont ramené le groupe à un rôle de prestigieux cover-band. La question se posait dès lors de savoir qui, après Metallica et Pink Floyd, Dream Theater allait désormais s’amuser à singer ? Nouveauté (ce sera la seule), sur ce Chaos systématique, Dream Theater singe Dream Theater.
Le problème, avec ces monstres du prog, c’est que même lorsqu’ils se montrent moins inspirés, ils n’arrivent pas à sortir un album foncièrement et intrinsèquement mauvais. Et on aura beau cracher tout son fiel (comme je l’ai fait à l’époque de Train of thought), on finira toujours par retourner chez maman parce que ces gars-là sont définitivement des pros. Et même si tout cela a l’air d’une déconcertante facilité pour eux (cf. notre vidéo de la semaine), il est évident qu’il y a derrière chaque composition un travail tout simplement énorme et un foisonnement d’idées à donner le tournis. La qualité de la production (attention, on ne parle pas ici de la pertinence des choix opérés - on y reviendra plus tard - mais de la qualité, de la limpidité et de la puissance du son) est impeccable. Pareil pour l’artwork, toujours aussi soigné, et ce ne sont pas ces décors post-apocalyptiques, ces champs de guerre abandonnés ou ces illustrations glaciales de métropoles désertées, envahies par les fourmis (on n’est ici pas très éloigné de certaines des Idées Noires de Franquin, au niveau de la thématique, s’entend) qui me feront mentir. Bref, avec Dream Theater, on a toujours, au minimum, l’assurance d’avoir un bel objet, fignolé, proposé par des musiciens irréprochables qui n’ont jamais pris leur public pour un ramassis de crétins (ils ont juste tendance à parfois les prendre pour des vaches à lait, si l’on considère le nombre invraisemblable de disques live sortis jusqu’ici). Mais tous ces accessoires, tout plaisant qu’ils soient, ne font-ils qu’ajouter à l’essentiel, ou n’ont-ils une vocation que de cache-sexe destiné à dissimuler la nature véritable de l’album ? En vérité, la seule certitude, la seule constante à propos de cet album, c’est son absence de surprise. On navigue en terrain connu de A à Z. Nous avons, bien entendu, les inévitables prouesses métalliques, figures imposées de virtuosité et de (pseudo-)sauvagerie que Dream Theater s’impose et nous impose depuis qu’ils ont décidé de reprendre l’histoire du trash-metal là où Metallica s’est arrêté il y a une petite vingtaine d’années (eh oui, déjà). Cela nous donne l’anecdotique et dispensable Constant motion et le meilleur The dark eternal night, dont le groove finit par convaincre l’auditeur. Ces morceaux, particulièrement le second, remplissent parfaitement leur office : impressionner. Pas faire bouger, pas secouer, non, impressionner. Sur ces morceaux comme sur d’autres, on a droit également aux exercices de musculation progressive tarabiscotés. Rien de neuf, on a déjà entendu ce genre de choses des millions de fois et on commence à en avoir tout doucement ras-le-bol du piano-western de Rudess. Ne soyons pas trop mauvais, car il faut reconnaître que sur cet album, le groupe se montre beaucoup moins démonstratif qu’il ne l’a déjà été par le passé. Et sans être aussi accessible que Falling into infinity, ce Systematic chaos se montre sur la longueur extrêmement digeste. Un effort a de plus été fait sur la production pour permettre à l’ensemble des instruments de s’exprimer sans être étouffés sous la lourdeur de la guitare et de la batterie. A côté de cela nous avons la petite ballade, Forsaken, qui permet à Dream Theater de terrasser Marillion sur son propre terrain. Les New-yorkais ayant par ailleurs décidé depuis quelque temps de nous prouver à quel point ils étaient engagés et avaient des convictions profondes, ils nous répètent, sur Prophets of war, au cas où on ne l’aurait pas encore compris depuis leurs derniers albums, que la guerre, c’est moche. Et d’enrober à nouveau leur leçon de propos sentant bon le fanatisme religieux apparu depuis In the name of God. Et puis il y a la suite du périple de Mike Portnoy chez les alcooliques anonymes. Cette série, entamée en fanfare avec The glass prison, sur l’album 6 degrees of inner turbulence, et poursuivie depuis avec This dying soul (Train of thought) et The root of all evil (Octavarium), devrait, si tout va bien, se clôturer sur le prochain album. Il faudra ensuite se farcir en live l’enchaînement de ces cinq chansons, soit pas loin d’une heure qui promet d’être épuisante et qui sera immortalisée, on n’en doute même pas, sur l’un des trois ou quatre CD’s du prochain live de la bande. Mais trève de perspective commerciale, pour l’heure cette quatrième chanson, Repentance, permet de souffler quelque peu dans le cheminement spirituel du batteur pour se libérer de son addiction à la bibine. Construite, dans sa première partie, autour d’une boucle mélodique que les puristes auront rapidement identifiée (elle est issue de This dying soul), la chanson est extrêmement planante et permet de profiter d’un des plus beaux textes de Portnoy. Et elle devient carrément poignante une fois portée par les lamentations torturées de Daniel Gildenlowe (Pain of Salvation) dans son final. Et pour finir, Dream Theater restant Dream Theater, nous voilà gratifiés, en plus de la majestueuse The ministry of lost souls, de « ze » chanson progressive, épique à souhait, avec intro flamboyante, un minimum de quarante ambiances différentes et tout le reste du cahier des charges habituels. Histoire de ne pas refaire le coup d’Octavarium, la chanson, In the presence of ennemies, est découpée en deux. Une première partie ouvre l’album, l’autre le conclut. Il va de soi, néanmoins, qu’écoutées l’une à la suite de l’autre, ces parties s’enchaînent parfaitement, se complètent et comportent ce qu’il faut de renvois autoréférentiels pour que l’on puisse parler de cohérence masturbatoire. On l’aura compris, cet album est un vaste concentré de clichés éculés et on aurait mille fois raisons de pester contre l’incapacité désormais manifeste de Dream Theater de se renouveler. Et pourtant on ne se résout pas à faire tomber le couperet d’une sentence aussi sévère. Le groupe qui nous émerveillait et nous surprenait tant semble ne plus être (ou en tout cas, il semble hiberner), il semble avoir branché le pilote automatique le temps de piquer un petit roupillon, mais même en mode « steady », il se montre, sinon digne des attentes de ses fans les plus exigeants, à tout le moins digne de sa réputation de groupe soigneux et professionnel. Ce Systematic chaos n’est, et de loin, pas une des meilleures livrées de Dream Theater. Mais ça en reste un excellent album de metal progressif, plus que plaisant de bout en bout et qui ne risque pas d’être éjecté de la platine avant un bon moment. Il n’y a plus qu’à espérer une petite remise en question de la part d’un groupe qu’on aimerait voir animé de plus d’ambition que ça, afin de voir le « Chaos » l’emporter sur le « Systematic ». |
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Il y a 8 contribution(s) au forum. Dream Theater : "Systematic Chaos"
(1/5) 16 mai 2008 Dream Theater : "Systematic Chaos"
(2/5) 6 août 2007 Dream Theater : "Systematic Chaos"
(3/5) 5 août 2007, par MsieurDams Dream Theater : "Systematic Chaos"
(4/5) 5 août 2007 Dream Theater : "Systematic Chaos"
(5/5) 5 août 2007, par Steve |
Dream Theater : "Systematic Chaos" 6 août 2007, par Debbie Pinson [retour au début des forums] C’est marrant : dès qu’on parle de Dream Theater, la chronique et les commentaires deviennent aussi longs qu’un de leurs solos. Dream Theater : "Systematic Chaos" 7 août 2007, par MsieurDams [retour au début des forums] Tout simplement parce qu’il y a plus de chose à dire que "hann l auteur ta des gout de mrd ta a rien cOnpri DT c est tro kewl " (à prendre avec l’attitude du kevin moyen qui a oublié que Firefox a un correcteur orthographique et que son clavier a 105 touches qui permettent de reconstituer l’intégralité de l’alphabet) ;)
Dream Theater : "Systematic Chaos" 7 août 2007, par Debbie pinson [retour au début des forums] Vous en tout cas, pas de doutes, vous maniez la grammaire comme John Petrucci maîtrise son mode myxolidien ;-)
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