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Dream Theater : "Octavarium"
On fatigue...

samedi 30 juillet 2005, par Marc Lenglet, Vincent Ouslati

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Nous avions apprécié les premières œuvres de Dream Theater, fusion réussie entre la richesse du progressif et la puissance du metal. Puis saisis d’admiration face à la majesté d’albums aussi riches et audacieux que Scenes from a memory. Nous avions même apprécié le virage plus hard de Train of thoughts. Mais dans le cas d’Octavarium, rien ne nous permet d’assumer la lourde tâche de conseiller cet album aux lecteurs.

Dream Theater doit sans doute faire la fierté de tous ses maîtres de l’école de musique de Berkeley, tant toutes leurs réalisations ont su mettre en pratique avec brio le contenu des cours de cette prestigieuse institution. Sur Octavarium, au concept tournant autour du chiffre huit, on découvre des morceaux empreints d’agressivité (en début d’album, histoire d’assurer comme d’habitude la transition avec le disque précédent), ballades doucereuses, constructions complexes, pistes plus accessibles, accords luxueux, riffs spasmodiques, claviers spatiaux, et beaucoup d’autres choses. On (re)découvre d’ailleurs cela sur chaque album (ou presque) de Dream Theater. Et la seule chose qui pourrait encore réellement susciter un rien d’enthousiasme serait de mettre la main sur l’un ou l’autre fragment de nouveauté, ou de ressentir, nichées aux creux des méandres des différents morceaux, des émotions particulièrement vivaces. Jusqu’à présent, à chaque fois que le groupe commençait à fatiguer tout le monde avec ses manières de premier de classe, il avait trouvé le moyen de rebondir à travers un album différent, ou tout du moins plus inspiré. Raté, Octavarium n’est ni l’un ni l’autre. Malgré une direction qui semble plus popisante qu’auparavant, tout cela sent la redite et la panne d’inspiration. James Labrie fait toujours son possible pour maintenir à flot son chant rauque tout neuf et, en toute honnêteté, il y parvient plutôt bien. Ce sera bien la première fois que je comptabiliserai la prestation de Labrie parmi les points les plus positifs d’un nouvel album du théâtre du rêve.

Dream Theater fait pourtant preuve de plus de sobriété que par le passé, et ceux que les prouesses de Petrucci et Portnoy insupportaient seront satisfaits d’apprendre que ni le batteur ni le guitariste ne semblent s’être particulièrement mis en avant. Ils sont là, présents et prêts au combat, mais s’abstiennent de se perdre dans ces contorsions musicales qui finissaient par ne plus amuser qu’eux. Il semble que, volontairement dépouillé de ses artifices virtuoses, Dream Theater ne soit en réalité qu’un banal groupe de metal, adepte du principe des constructions à rallonge pour masquer un manque attristant de feeling dans la composition. Sur cet album, le groupe le plus académique du rock tourne clairement en roue libre. Oui, on découvre des jonctions entre ce nouveau matériel et d’anciennes chansons issues d’autres albums. Oui, l’ensemble reste très professionnel, même sans ces fameuses envolées lyriques. Mais à chaque instant, on a l’impression de deviner ce qui va suivre, et on ne se trompe en fin de compte que rarement. Un comble pour ce type de formation ! Encore heureux que le monumental morceau final, Octavarium, parvienne à rétablir l’équilibre, alternant breaks continuels, riffs acérés et lignes mélodiques floydiennes, une référence on ne peut plus claire tant l’introduction planante rappelle les grands décollages sous acide d’un Shine on your crazy diamond. Un épilogue grandiose après plus d’une demi-heure de remplissage préalable ? On se croirait presque chez Symphony X !

Après un Train of thoughts de bonne facture, Dream Theater se retrouve aujourd’hui dans le creux de la vague... Jusqu’à la prochaine sortie qui devrait logiquement s’avérer plus intéressante. Les fans purs et durs parviendront sans doute à décortiquer la chose avec attention, et à en extraire la sève cachée. C’est tout le mal que je leur souhaite. Après plusieurs écoutes de moins en moins passionnées, et en désespoir qu’elles le deviennent, Octavarium est sagement retourné taquiner la muse du fond de sa petite boîte.

M.L.


Dream Theater, où le gang des branleurs de manches en goguettes. Ces messieurs sont des génies mais comme nombre de génies, ils ont souvent l’envie de le montrer avec trop de force et finissent par nous emmerder profondément. Oui, le talent est là, allez suivre John Petrucci dans ses délires guitaristiques et vous risquez au mieux d’enterrer votre propre gratte au fond du jardin. Mais voilà qu’après un Train of thought qui remisait au placard quelques obsessions masturbatomusicales pour notre plus grand soulagement, DT s’adonne avec Octavarium au pompage intensif de la zique de ses contemporains.

Comme de coutume, l’album commence avec les dernières notes du précédent puis démarre pour de bon avec The root of all evil, musclée, bien torchée, ça se veut plus métal que prog,’ très proche dans l’esprit de Train of thought, à tel point que nos pervers amis y ont inséré un court passage de The dying soul, titre de TOT , bravo pour la bidouille, tout ça fonctionne bien et augure du meilleur. Surtout que James LaBrie a ici une voix parfaitement potable voire supportable ce qui n’a pas toujours été le cas, notamment en live. Mais voila, drame, ce qui suit s’apparente à de la guimauve concentrée, notes de piano, chant suave dégoulinant de bons sentiments, ça se veut balade avec tout plein d’émotions, foiré car ça cadre pas terrible avec la précédente.

C’est bien l’inconvénient récurrent de cet album, il n’y a aucune logique entre les chansons, on a balancé tout ça en vrac sans trop se poser de questions sur une quelconque harmonie de l’ensemble. Un peu emmerdant pour un groupe qui nous avait plutôt habitué à l’inverse par le passé. Suite des hostilités, avec These walls, qui, enfin je suis désolé mais moi le refrain me rappelle avec stupéfaction du... Linkin Park, c’est pas mauvais quand même, mais ça reste curieux et pas transcendant. Panic attack et son galop furieux des doigts de Petrucci sur sa gratte puis une bonne grosse dose de batterie pour un morceau bien métal comme il faut. Sauf que très vite, on a la sombre impression d’entendre du Muse, pur jus, je ne puis malheureusement vous donner le titre exact de la chanson "empruntée" mais ceux qui sont connaisseurs trouveront aisément.

Là encore, c’est une bonne chanson, le tout est enlevé, et fonctionne, mais comment dire, c’est étrange ces "hommages" à chaque titre. Et Never enough ? Même combat, du Muse ! N’allez pas croire d’ailleurs que je trouve ça navrant, Muse n’est pas à mon sens un si mauvais groupe mais pourquoi cette soudaine apathie, ces froides copies ? Quant à la classique balade évoluant vers un univers plus musclé par la suite, pas mal foutue, Sacrified sons mais totalement vide d’intérêt. On a déjà vu et entendu dix fois mieux chez Dream Theater .

De progressif, il faut aller en trouver du coté d’Octavarium qui est là un hommage on ne peut plus clair à Pink Floyd, et même plus vraisemblablement à Shine on your crazy diamond, c’est la piste la plus prog’ de l’album le plus pop de Dream Theater. Pièce montée de 23 minutes, on passera par des circonvolutions musicales chères à nos amis, des changements de timbres de voix assez bluffants de LaBrie, qui une fois n’est pas coutume, maîtrise parfaitement son organe, une suite complexe et talentueuse bien dans l’esprit du groupe. Cependant, et au risque de passer pour le chieur que je suis en réalité, je me demande bien ce qu’il y a de nouveau sous le soleil. Il est à supposer que Dream Theater, après Train of thought, album tourné métalleux, a voulu se faire un petit album popisant pour se faire mieux voir des grincheux qui leur reprochent (avec raison) de se complaire dans la gratouille complexe sans chercher à faire de bonnes chansons. Ça n’est pas vraiment réussi. Trop étalé, trop peu personnel, ce huitième album n’a que peu de choses à offrir. Et vu le peu de passion que je voue à Systematic chaos, il est peut-être temps de reconnaitre que le prog’ metal est finalement un genre qui m’emmerde..

V.O.



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Marc Lenglet

Vincent Ouslati





Il y a 9 contribution(s) au forum.

Dream Theater : "Octavarium"
(1/4) 25 novembre 2016
Dream Theater : "Octavarium"
(2/4) 5 janvier 2007
Dream Theater : "Octavarium"
(3/4) 11 juin 2006
> Dream Theater : "Octavarium"
(4/4) 30 juillet 2005, par Laurent




Dream Theater : "Octavarium"

25 novembre 2016 [retour au début des forums]

It was really a successful concert event of the group. - Paradise Home Improvement Charlotte

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Dream Theater : "Octavarium"

5 janvier 2007 [retour au début des forums]

Je viens de l’écouter ce matin et je suis d’accord avec toi à 100%. J’ai découvert le groupe quand il venait juste de sortir Images and Words et leur inventivité m’avait scotché au point de les avoirs écouté des milliers d’heures... mais las, au bout de 20 ans (depuis le très mauvais Lines in the sand) plus de créativité, dommage parce que plus que des musiciens, Dream était un groupe de chercheurs, d’inventeurs de musiques.
Je pense qu’il faudrait que le groupe se sépare de Labrie (trop monocorde, avec un spectre de voix trop réduit) et puis que Portnoy et Petrucci lâche la production et qu’un producteur extérieur au groupe puisse tirer sa sève intrinsèque ; quitte à prendre des risques.

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Dream Theater : "Octavarium"

11 juin 2006 [retour au début des forums]

marc lenglet, toi qui est si eclectique, qui est d’une eclectisité incomparable avec qqun d’autre, comment peut tu detester cet albumm ?

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    Dream Theater : "Octavarium"

    11 juin 2006 [retour au début des forums]


    Aucune idée...il est bien foutu, je ne dis pas le contraire, mais il me fait l’effet de tourner complètementen rond. Train of thoughts avait au moins le mérite de changer un peu de registre ; celui-ci, c’est du DT en roue libre, bien agencé, bien produit, bien joué, mais sans rien qui ressorte réellement.

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> Dream Theater : "Octavarium"

30 juillet 2005, par Laurent [retour au début des forums]

Décidément, Marc, on ne va tomber d’accord sur rien (et certaienment jamais sur Europe et Bonjovi d’ailleurs ;-)

Je le trouve bien moi cet album. Il me rappelle autant Yes que Rush. je trouve que c’est osé de nos jours de sortir un album type "donjons and dragons" aujourd’hui.

C’est le genre d’album que je ne vais pas conseiller fièrement à quelqu’un, mais que j’écouterais dans ma bagnole dès que ce qq aura le dos tourné. Autant dire qu’il est pas mal. C’est ce que j’ai décidé de faire. Cracher, cracher, satanas !

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    > Dream Theater : "Octavarium"

    30 juillet 2005, par Laurent [retour au début des forums]


    J’ai oublié Megadeth aussi.

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    > Dream Theater : "Octavarium"

    24 octobre 2005, par Ugly in the morning [retour au début des forums]


    Personellement, à part le titre "octavarium" qui est assez reussi, je le trouve d’un chiant cet album, le précédent était pire remarquez (du vide)...

    J’ai parfois l’impression que la plupart des gens accepte les evolutions vers un nouveau son pour se rassurer de la mediocrité ou du plagiat sur certains titres.
    Vous avouerez qu’on demande pas à DT de refaire du Muse, du U2 ou du Metallica puisque ces derniers sont déjà présents !!!

    Et pourtant je les adore ces chevelus !

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    > Dream Theater : "Octavarium"

    16 janvier 2006, par Bastien (Koré) [retour au début des forums]


    Je n’y connais pas grand-chose sur Dream Theater, je n’ai que 2 de leurs albums - Metropolis pt. 2 et 6 Degrees, j’ai trouvé le premier très inégal, le second aussi mais un peu moins. Je conseillerais n’importe qui ayant apprécié leur style en général de s’acheter cet album (et pour les plus frileux de l’écouter entièrement en radio.blog avant, comme je l’ai fait ^^ ). Par contre, ceux qui appréciaient les soli et les compos complexes seront peut-être un peu déçus vu la légère popisation de nombreuses pistes... Mais ’y a pas de quoi en faire un plat ! Je trouve que c’est un bon album, j’y ai tout de suite accroché, et je ne me suis pas souvent ennuyé. Maintenant, c’est l’avis d’un fan lambda...

    (à propos de cette affaire de plagiat, oui Never Enough dérange, même pour moi qui ne suis pas accro à Muse, j’ai senti que le groupe perdait un peu de son identité là-dessus. Mais tout le monde s’est rendu compte depuis un bon moment que la bande ne trouve pas toujours l’inspiration comme le font les groupes normaux.)

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