Pop-Rock.com



Dream Theater : "Black clouds and silver linings"
L’imperfection est enfin de leur monde...

jeudi 16 juillet 2009, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Soulfly : "Conquer"
Slayer : "Christ illusion"
Baroness : "The blue record"
Summoning : "Oath Bound"
Pain : "Dancing with the dead"
Lunatica : "New Shores"
Ayreon : "01011001"
Helloween : "Rabbits don’t come easy"
Moonspell : "Night eternal"
Anorexia Nervosa : "Redemption process"


Dream Theater me la joue à peu près un coup sur trois. Un album qui me botte bien, le second me navre, le suivant m’emmerde. Vu que Systematic chaos m’avait donné la troisième option, il fallait s’attendre suivant mes bêtes statistiques à ce que Black clouds and silver linings me plaise. Verdict, le Nostradamus dans mes Corn Flakes a vu juste.

Que faut-il retenir de Systematic chaos ? Franchement rien. Toujours eu la sensation que ce disque n’était que le soundtrack bâclé d’une fête familiale qui a viré orgiaque et consanguine, et je supporte difficilement mater des mecs de 40 ans se faire plaisir sans même avoir ne serait-ce que l’image pour en profiter. Mais l’on aime souffrir n’est-ce pas, et bien que constamment déçu, l’admirateur idiot que je suis n’allait pas attendre le nouveau bloc des surdoués sans une mince curiosité. Petit indice qui me donna quelques espoirs, le single Stargazer sorti peu avant l’album en question. Si l’interprétation n’avait rien de révolutionnaire, le choix de reprendre ce joyau du grand album Rising de Rainbow époque Blackmore/Dio ne pouvait que plaire, au moins pour inciter le 33 tours d’origine à refaire des ronds sur mon dancefloor.

Si l’on dissèque ce nouvel animal, on y trouve un son plus métallique, des envolées de guitares qui restent insurmontables pour les débutants du branlage de manche. Des variations intelligentes (et en finesse !) entre les origines lourdes du groupe et ses envies popisantes/alternatives. Et surprise, on a même cette fois-ci droit à de bons titres. Du genre bien tournés et efficaces, pas ces éternelles choucroutes indigérables dont Dream Theater se repaît depuis déjà trop d’années. On revient à du digeste sans pour autant retourner sa veste, les accrocs du détail qui tue auront plaisir à déceler de leurs perverses oreilles les petits hommages savamment plantés par Portnoy un peu partout. On est en terrain conquis, bannière au vent et batterie qui claque, le théâtre du rêve ne change pas de cap, mais mise cette fois sur plus de mélodie et moins de fade perfection. Voire, Portnoy en termine enfin avec sa psychanalyse d’alcoolique, alléluia !

Voilà le fabuleux paradoxe qui fait de cet opus un grand et respectable chaînon de la discographie du combo. Cet album a des défauts, cet album n’est pas parfait, les perfectionnistes, les maîtres se révèlent au bout d’un dixième opus humains. Oui, incrédules lecteurs, ces mecs ont des défauts, parfois des pannes, parfois des blancs, se la pètent mais doutent au fond de leur carapace de tortues géniales. Et curieusement, ce disque y gagne grandement en sincérité, plus concentré sur un vrai travail musical et sensible que sur de lourdes démonstrations qui font éternellement dire au pékin moyen que c’est super bien joué mais que c’est tout de même chiant comme la mort.

Black clouds and silver linings reste d’un niveau stratosphérique, n’allez pas penser que nos progeux ont chopé des crises d’arthrite. Mais ils ont visiblement été pris d’un coup de modestie dans la gueule qui non seulement ne les rabaisse certainement pas au niveau de la plèbe, mais bien au contraire les replace sur un trône un rien moins miteux que celui de simples “rois de la branlette”.

Les plus vilains diront que de toute façon, le prog’ tant dans ses variations rock ou métal est un genre bâtard et inepte, antimélodique et boursouflé. Je n’irai pas contredire ses détracteurs, j’assimile bien les diatribes et elles se justifient même à l’écoute de quelques pestes du genres. Pourtant, et après force écoutes, ce dixième album s’avère être un simplement bon disque, agréable au pavillon et précieux dans ses plus complexes circonvolutions. Dream Theater s’est soudain souvenu, le quart de siècle dans la vue, que leur public n’était pas constitué que de robots à la tension artérielle proche du zéro absolu. Et ça vous donne un très bon album à l’imparfait. Moins surdoués, plus attachants, l’âge a du bon finalement.



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Dream Theater : "Black clouds and silver linings"
(1/2) 12 décembre 2015
Dream Theater : "Black clouds and silver linings"
(2/2) 24 juillet 2009, par HB




Dream Theater : "Black clouds and silver linings"

12 décembre 2015 [retour au début des forums]

They may not be the best, but this group has what it takes to be the best. - Los Angeles Cosmetic Dentist

[Répondre à ce message]

Dream Theater : "Black clouds and silver linings"

24 juillet 2009, par HB [retour au début des forums]

J’ai passé pour ma part un sale mauvais quart d’heure sur la 1ère plage. Rien à faire j’aime pas. Du coup je m’y suis repris à 3 fois avant de pouvoir parvenir à bout de cette nouvelle plâtrée un peu trop épaisse à mon goût. Oui y’a bien l’intéressant « The Shattered Fortress », pour suivre l’épouvantable ballade du milieu, avec du trash dedans et, mon dieu, bien de la virtuosité –laquelle me gonfle en général, si elle est mise en avant -m’indiffère sinon. Et le dernier titre aussi, « The Count of Tuscany », aux couilles bien léchées –et lourdes, comme chez Metallica- avec ses apesanteurs floydiennes, contextuellement délicieuses. Pour moi et de loin le meilleur titre.

Mais très, trés déçu. Un cauchemar à oublier, pour antiphraser le 1er titre. Car tous les autres DT je les aime, je les chérie ; ils me transportent à chaque écoute –mis à part « Falling into Infinity » et le tout premier, que je ne connais pas encore et dont je me méfie du coup, lisant ça et là que ce 10ème opus constitue une sorte de retour aux sources…

[Répondre à ce message]