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Devin Townsend : "Ziltoid the omniscient"
Space-café

samedi 20 octobre 2007, par Marc Lenglet

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Malgré un gros coup de fatigue l’année dernière à Paris, il était douteux que Devin Townsend puisse réellement mettre ses menaces à exécution et envoyer valdinguer d’un seul coup toute ses activités musicales. Trop hyperactif pour se satisfaire d’une vie de reclus plus de quelques jours à la fois, le prolifique Canadien sort aujourd’hui un nouvel album en son propre nom.

Reposant à la base sur le désir de réaliser un théâtre de marionnettes destiné à sa fille, Ziltoid the ommniscient est une création 100% maison, de la première note de synthé au dernier riff de guitare, qui met en scène Ziltoid, un empereur galactique-wannabe bien décidé à anéantir la Terre à moins qu’on ne lui serve une tasse de café digne de ce nom.

Cette drôle d’histoire - sincèrement amusante par instants - sert donc de prétexte à Devin Townsend pour se livrer à nouveau à sa vision si particulière du metal, qui repose toujours un déluge de riffs plaqués les uns sur les autres, une rythmique de percuté et un chant improbable qui tape tout autant dans les grondements de fauve enragé que dans les envolées aériennes les plus limpides. Les passages les plus destructeurs de l’album ne sont pas sans rappeler Strapping Young Lad, tandis que les plus visuels et arrachés du bulbe parmi eux lorgnent vers le dernier album du Devin Townsend Band. Tout en se démarquant de ses cousins par un côté théâtral exacerbé - on trouve de nombreux dialogues entre Ziltoid, les troupes terriennes menées par Captain Spectacular et le Créateur Omnidimensionnel - et des sonorités spatiales à la "Hawkwind meets Mars Attack", Ziltoid the omnisicient ne constitue par une cassure aussi radicale qu’auraient pu l’espérer ceux qui suivent la carrière de Townshend depuis plusieurs années.

Tout le problème de cet antépénultième projet du Canadien fou se trouve là. Bien qu’il apporte une fraîcheur et une légèreté bienvenues, Ziltoid ne se démarque pas tant que ça de ses autres groupes et side-projects. L’optique musicale de départ de Townsend était révolutionnaire et totalement originale mais l’homme semble se satisfaire depuis quelques années de petites variations sur le même thème. Il reste heureusement suffisamment de talent et de folie à Townsend pour que ce Ziltoid reste une réalisation de bonne facture. Mais l’effet de surprise que le Canadien avait su ménager en son temps a bel et bien disparu. A multiplier les side-projects un peu trop similaires à un rythme effréné, Townsend en arrive à affadir ce qui avait toujours constitué la spécificité de sa musique jusqu’ici. Quand l’anticonformisme forcené se fait routinier, il est peut-être effectivement temps de lever le pied.



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Marc Lenglet