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Despairation : "A requiem in winter’s hue"
Affection perverse

mardi 15 avril 2008, par Geoffroy Bodart

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Despairation, c’est un groupe allemand qui voudrait bien avoir l’air, mais qui n’a pas l’air du tout.

Si l’on est d’humeur clémente, il y a une chose à faire avant d’écouter ce disque : sauter la première piste. Plus qu’horrible, plus que ratée, elle est totalement, absolument et définitivement risible. Si David Bowie avait écrit une face B foireuse avec les pieds, au lendemain d’une cuite, et dans l’optique de faire la nique à tous ses fans qui achètent n’importe quoi du moment que c’est estampillé du nom du maître, elle ressemblerait à ça. Sauf que Despairation n’est même pas foutu de l’interpréter correctement.

Du sous-Bowie, donc, les Despairation ? Nullement ! Du sous-Anathema plutôt. Mais qui, de temps à autres, sous prétexte d’élargir son horizon musical (tousse), lorgne vers Bowie. Puis vers de l’electro. Puis vers du metal pur jus. Mais là où ça devient embarrassant pour l’auteur de ces lignes, c’est quand il commence à sentir naître une certaine affection perverse pour ce combo dont on ne comprend décidément pas comment il a pu signer pour plusieurs albums.

Parce que, même s’il est fondamentalement mal torché, ce disque, il contient de bonnes idées. Il y a là-dedans de très bons refrains (Humanity as a child). Ils sont mal chantés, d’accord, mais la mélodie y est. Et ce guitariste qu’on prendrait presque en pitié tant le son de sa guitare sonne cheap (mais pas tant que celui du claviériste, tellement fauché qu’on en vient à se demander si ce n’est pas un concept, finalement). Avec des moyens pareils et une production dont aurait honte un gamin de douze ans s’enregistrant sur un magnétophone, pas étonnant qu’on ait du mal à rentrer dans les ambiances (re-tousse) tissées par le groupe. Mais, répétons-le, on serait particulièrement fourbe de ne pas reconnaître qu’il se dégage par moment un petit quelque chose, au détour d’un riff bien troussé, ou du final assez puissant de Lucid lullaby.

Mais là où on a vraiment du mal, c’est au niveau de certaines ambitions affichées par le groupe. Ainsi, pratiquement chaque chanson semble inutilement allongée, dans le seul but, semble-t-il, de ne pas rentrer dans un carcan radiophonique. C’est du dark, bordel ! Du metal ! Cinq minutes minimum, c’est comme ça ! Quitte à jouer deux fois de suite la chanson sans rien changer... Et on balance des titres de chanson qui en jettent : Kiss of ashes, Farewell in blue, Musique de la décadence, the one who ceased to breathe, etc.

Allez stop, ne soyons pas trop langue de vipère. Despairation est au final un groupe assez attachant, qui, s’il ne dispose pas des capacités techniques ni des moyens de ses ambitions, essaie courageusement de diversifier son approche musicale pour ne pas se vautrer pleinement dans un style hermétique et finir par tourner en rond.



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Geoffroy Bodart