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Deftones : "Deftones"
Une belle régularité...

mercredi 26 novembre 2003, par Marc Lenglet

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Quatrième album éponyme pour les Deftones, qui voit la formation californienne continuer à œuvrer dans un rock dur et mélodique. Contrairement à beaucoup d’autres néanmoins, l’énorme Chino Moreno et ses acolytes n’ont jamais cédé à la facilité et cet album recèle quelques très bonnes surprises.

Avec Biohazard, les Deftones sont souvent considérés comme les inspirateurs, sinon les fondateurs involontaires d’une bonne partie de la scène neo metal. Une paternité que ces deux groupes n’acceptent que du bout des lèvres, n’hésitant pas à se montrer acerbes et très critiques envers leurs suiveurs. Lorsque l’on jette un œil aux dernières déclarations, un rien prétentieuses, de Moreno dans la presse, on en garde l’idée d’un homme et d’un groupe qui tiennent l’avenir de la scène metal dans le creux de la main. Si cet état des lieux est très certainement moins pertinent aujourd’hui qu’à l’époque d’Adrenaline, il n’en reste pas moins que les Deftones maîtrisent toujours à la perfection leur sujet et ne sombrent jamais dans le ridicule lorsqu’il s’agit d’expérimenter de nouvelles sonorités.

La puissante et répétitive entrée en matière d’"Hexagram" renvoie aux précédentes œuvres du groupe, avec sa lourdeur apocalyptique et la voix d’écorché vif de Chino Moreno, toujours possédé par cette même rage mêlée à la souffrance. Le single « Minerva » pousse d’ailleurs plus loin dans cette direction en livrant une piste sombre et désespérée derrière sa muraille de guitares saturées. « Deathblow » surprend par son léger parfum country (si, si ! ) à peine apparent derrière le maëlstrom bruitiste. « When girls telephone boys » monte vers des sommets de violence détonants, même pour les Deftones. « Lucky you » est un véritable ovni, vaguement trip hop, à l’atmosphère glauque et inquiétante, suivi de « Anniversary of an uninterresting event » qui plonge encore plus bas dans la dépression, avec un spleen intense qui fait penser à ...The Cure. Hé oui, c’est cela les Deftones, une formation qui parvient à négocier des virages inattendus en évitant le crash ! Histoire de rassurer les irréductibles amateurs de son lourd, l’album se termine comme il avait commencé, par un « Moana » qui concilie violence et mélodie. Pour ceux qui n’apprécieraient pas trop le style des Deftones, rappelons pour la forme qu’il s’agit d’un groupe qui libère son plein potentiel en concert, et que c’est là et uniquement là qu’on pourra constater toute l’étendue de leur valeur.

Une fois de plus, les Américains livrent un compromis parfait entre violence et dépression, puissance brute et mélodie, rage et maîtrise, classicisme et renouvellement. Ce nouvel album est indiscutablement riche, éclectique et prend aux tripes dès la première écoute. S’il ne s’agit tout de même pas de l’album de l’année, on en vient à se dire que finalement, Chino Moreno n’a sans doute pas tort de prendre la scène neo metal de haut...



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Deftones : "Deftones"
(1/2) 19 septembre 2016
> Deftones, la déception
(2/2) 26 novembre 2003, par Sylvain Ztein, www.mondecruel.com




Deftones : "Deftones"

19 septembre 2016 [retour au début des forums]

This album has been highly recognized by fans. - Gary McClure

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> Deftones, la déception

26 novembre 2003, par Sylvain Ztein, www.mondecruel.com [retour au début des forums]
http://www.mondecruel.com

Pourquoi ne partagé-je pas cet enthousiasme à l’écoute du dernier album des Deftones ? Pourquoi, alors qu’Adrenaline et Around the fur avaient tourné en boucle sur ma platine, que White pony m’avait comblé même si ce n’était que par intermittence (mais comment ne pas frémir à l’écoute du splendidissime Digital bath) ? Les Deftones n’inventent plus rien. Les riffs n’étonnent plus (pas ?), la voix (ce chant caractéristique des Def mais plus faux que jamais) se parodie à force de répéter les memes airs. Malgré quelques morceaux (le bon When girls telephone boys), ce CD n’apporte rien. S’il était sorti à la place de Around the fur, on n’aurait sans doute pas boudé notre plaisir. Mais là... Oublions la tentative "électro" sur un morceau, et surtout, ultime conseil : éteignez votre chaine hifi avant la fin : le dernier morceau, ballade cool lorgnant sur les xylophones et les violons, est un au-revoir assez pathétique. On attendait des brulots, on se retrouve avec des grelots. Groumpf.

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    > Deftones, la déception

    2 octobre 2005, par Bastien (Korea) [retour au début des forums]


    Je suis pas d’accord. J’ai laissé tourner en boucle Adrenaline qui était vraiment excellent (on pouvait déjà sentir le style bien particulier du groupe) ; Around the Fur était une bonne continuation mais avec du recul je dirai k’il était pas tout à fait transcendant (à part MX, Shove it et Dai the Flu j’ai trouvé les autres chansons pas du tout accrochantes). White Pony alternait passages chiants (la voix féminine sur Knife Party, k’est-ce ke c’est pénible, et je parle pas de Elite, qui aurait peut-être eu sa place sur around the fur plutôt qu’après le splendide Digital Bath) et frissonants (Passenger, Korea, Teenager, et les autres ^^).

    Mais l’éponyme (beurk, rien que pour le titre, la pochette et le cd) est le meilleur album pour moi. Il n’est pas à placer entre les deux derniers disques. La production est bien rodée (avec 4 fois le meme producteur le résultat peut être qu’excellent), la voix de Chino est à son sommet et la frontière entre bidouillages électro et guitares saturées n’a jamais été aussi mince. Le tout est très homogène, malgré Lucky You, qu’on finit par zapper au bout de 20 secondes et Anniversary, qui fait plus penser à Team Sleep que Deftones. Dommage que Lovers ait fini en face b (la chanson portait le nom de l’album mais ils ont changé au dernier moment) parce qu’elle était magnifique.

    Deftones évolue en bien à chacun de ses albums, alors espérons que le 5e sera tout aussi bon ^^

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