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Blind Guardian : "A Night at the Opera"
Le meilleur album de metal classique en 2002 !

mercredi 23 avril 2003, par Marc Lenglet, Vincent Ouslati

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On savait les membres de Blind Guardian redoutables musiciens, talentueux compositeurs et grands pourvoyeurs d’ambiances médiévales irréelles. Mais jamais on n’aurait pu s’attendre à une claque de la trempe de ce Night at the Opera...

Car il s’agit bien d’un chef-d’œuvre absolu tout à la fois de musicalité, de composition et d’atmosphères féériques. J’ai écouté et ré-écouté l’album jusqu’ à l’excès, mais il m’est toujours impossible d’appréhender dans l’ensemble cette Nuit à l’opéra, tant le souci du détail et la complexité des arrangements semblent avoir constitué une obsession dévorante pour le groupe allemand. Très vite, on constate avec plaisir que Blind Guardian n’a pas abandonné ses thèmes médiévaux historiques ou imaginaires, capable de transporter même le plus hermétique adversaire du metal des Croisades à la Guerre de Troie ou dans des contrées fantastiques peuplées d’orques et de dragons, ni cet incroyable style musical et vocal qui font d’eux les dignes héritiers des scaldes et des bardes de jadis.

En dépit du fait que les titres speed semblent avoir été mis au second plan, les grandes envolées chevaleresques et la puissance des arrangements font tout de suite penser à Rhapsody. Mais il ne s’agit que d’une impression superficielle car, là ou le groupe italien privilégie la puissance des roulements de grosse caisse, le vacarme des trompettes de peplum et une réceptivité instantanée, les Allemands ont accomplis un véritable travail d’orfèvre, digne des artisans nains des légendes rhénanes. Car si on arrivera rapidement à la conclusion qu’il s’agit d’un bon album, ce n’est que bien plus tard, à force de concentration et d’immersion dans leur univers, que l’on comprendra qu’il n’est pas seulement bon, mais fait partie des meilleurs albums de ce style jamais sortis.

L’album arrivé à son terme, on ré-appuie très vite sur le bouton play, intrigué par l’incapacité que l’on éprouve à mémoriser correctement le thème ou les textes d’une seule des chansons, mais le combat est perdu d’avance. A moins d’y passer plusieurs semaines à temps plein, il sera impossible de se souvenir des paroles ou de correctement visualiser la construction des différents morceaux. Pratiquement plus de refrains, un tempo qui varie sans discontinuer, des breaks instrumentaux, jamais deux fois identiques, qui surgissent sans que cela soit le moins du monde prévisible : Blind Guardian, tout en restant dans un pur registre heavy, s’est montré plus imaginatif, plus complexe et plus riche que l’entièreté des groupes de metal progressif.

La voix de Hansi Kürsch, toujours aussi particulière et lyrique, est perpétuellement secondée par des chœurs puissants, qui l’accompagnent ou, parfois, lui donnent la réplique, sans que jamais on ne soupçonne la moindre faute de goût. L’esprit épique s’en trouve porté à des sommets que peu d’autres groupes peuvent seulement prétendre atteindre. Les textes ont été longtemps travaillés et réfléchis, en trois mots, ils sont superbes ! Les morceaux guerriers grandioses, comme Battlefield côtoient des compositions plus classiques, dans la veine des furieuses charges de leurs premiers albums, tel Punishment divine. Dans un autre registre, The maiden & the minstrel knight démontre à nouveau brillamment qu’ils méritent leur surnom de "troubadours du métal". Et il faudra attendre la fin de l’album pour déguster la cerise sur le gâteau : les 14 minutes de And then there was silence, une sublime pièce magnifiquement imaginée de la première à la dernière note, alternant grandiloquence impériale et répits acoustiques sereins et apaisés...

Blind Guardian signe ici un chef-d’œuvre de pur génie créatif. Si la formule de base n’a pas changé, les richesses inépuisables de cet album en font un passage obligé pour tout amateur de musique puissante mais raffinée. Les amateurs de metal brut et facile d’accès passeront leur chemin ; quant aux autres, ils passeront d’interminables heures de plaisir à découvrir, ici un riff oublié, là un chœur jamais remarqué, là encore une orchestration indécelable jusqu’alors.

La claymore d’or du meilleur album de metal épique de l’année 2002 est amplement méritée ! Et dire qu’un groupe de cette trempe est toujours passé un peu inaperçu... Il y a véritablement de quoi désespérer.

M.L.


Pourquoi ? Pourquoi puis-je pleurer de rire en écoutant un vieux Halloween, un Hammerfall et me prosterner devant Blind Guardian ? Pourquoi alors qu’ils défendent une même musique, un même genre, de ces hymnes de taverne au bord des douves, de l’art de culbuter de la serveuse entre deux mulets, de cette passion puérile pour les elfes, les gobelins, et tout ce qui est petit, poilu avec de grandes oreilles ?

Parce que Blind Guardian a du talent et pas les autres, parce que Blind Guardian a su composer depuis ses origines en louvoyant intelligemment entre les poncifs, entre les récifs de la ringardise, chose qu’Hammerfall s’est toujours pris en pleine face avec une gourmandise certaine.

En 1998, il y eut Nighfall in the middle earth, sorte de pilier de la perfection, adaptation d’une œuvre fort complexe (Le Silmarillion) de leur maitre à penser, J.R.R. Tolkien, succession de coups de force et d’ambiances parfaitement restituées. Vous vous imaginiez bataillant contre les créatures de la nuit, au milieu de guerres gigantesques. Des titres énormes, Hansi Kursch qui n’en finissait plus d’aligner les hymnes. Référence incontestable, Blind Guardian venait de sortir un monument à sa propre gloire.

Nous voilà en 2002, et Blind Guardian surprend. Cette fois, ils veulent pousser plus avant les expérimentations, démontrer qu’ils ne sont pas qu’un groupe de geeks dont la seule lecture se limiterait au Seigneur des anneaux. A night at the opera, oui c’est cela, une nuit dans un décorum si spectaculaire que vous ne verrez jamais tous les composants du décor en une seule fois, dix, vingt, cinquante écoutes sont nécessaires pour effleurer toute la complexité de ce travail. Jamais un plan de guitare similaire au premier, refrains distincts, changements de rythmes continuels, explorations jusqu’au boutiste des capacités de chaque membre du gardien aveugle, cet album se révèle un tour de force.

Rien d’exagéré dans mes propos (et quand bien même, j’assume), Precious Jerusalem et sa batterie en mode cavalerie, ces chœurs antiques. Dès les premiers instants, nous savons que ce disque n’est pas un simple nouveau disque, il est une démonstration de talent pur. Puis Battlefield qui se lance comme une délicate ballade moyenâgeuse et explose de tous bords sous les coups de boutoir du maitre Kursch, j’ai les os qui font des claquettes, et le casque qui me restitue ce déferlement, cette cavalcade semblant irraisonnée mais pourtant maitrisée, incroyable.

11 titres, et toujours ce travail de composition, une telle complexité allant dégouterait le premier musicologue venu, épuisant à décortiquer, mais qui veut aller expliquer un tel effort qui atteint à la perfection, ce soin du détail, ces arpèges médiévaux se mêlant aux tempêtes sur les peaux, ce raffinement qui suit les accalmies, ces aller-retour sans cesse entre puissance et finesse. Et The maiden and the ministrel, et The Soulforged, ne passez pas sur ces titres, surtout pas, quelle erreur vous feriez.

Je suis épuisé, A Night at the opera épuise, mais le surmonter revient à augmenter son auto-estime. L’on peut juger un Nightfall in middle earth plus accessible, mais il serait bien maladroit de se détourner de cet opus par peur de s’y perdre. Bien au contraire, allez-vous y perdre, le voyage est certes éprouvant, mais vous y reviendrez régulièrement, il est de ces expériences qui valent toujours quelques sacrifices.

V.O.



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Marc Lenglet

Vincent Ouslati





Il y a 7 contribution(s) au forum.

Andy
(1/5) 26 mai 2015, par Andy
Blind Guardian : "A Night at the Opera"
(2/5) 27 avril 2006
Blind Guardian : "A Night at the Opera"
(3/5) 23 février 2006, par Nau
> Blind Guardian : "A Night at the Opera"
(4/5) 18 avril 2004
> A Night at the Opera
(5/5) 25 novembre 2003




Andy

26 mai 2015, par Andy [retour au début des forums]

Votre idée est juste.

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Blind Guardian : "A Night at the Opera"

27 avril 2006 [retour au début des forums]

Très bon album, mais j’aime encore et toujour plus "Imagination From The Other Side" mais "A Night At The Opera" reste un très bon album.

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Blind Guardian : "A Night at the Opera"

23 février 2006, par Nau [retour au début des forums]

Trop touffu
Son trop compact
Choeurs trop en avant
Trop de breaks

Trop ambitieux peut-être ?

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> Blind Guardian : "A Night at the Opera"

18 avril 2004 [retour au début des forums]

Epoustouflant ! Des albums comme ça, on les compte sur les doigts d’une main ! Quelle qualité dans tous les
morceaux, que ce soit au niveau des compositions, du chant, de l’éxécution, des choeurs ... Ecoutez "the soulforged " , quelle claque !

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> A Night at the Opera

25 novembre 2003 [retour au début des forums]

Tout simplement le meilleur album de métal que j’ai entendu depuis ...
En fait cet album est un véritable torrent qui emporte tout sur son passage...par ci par là ,master of puppets emerge un peu des flots, Vision de Stratovarius s’aggrippe déesespérémment à la dernière branche...

Tout à fait d’accord avec l’article : et dire que ce groupe est presque inconnu...

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    > A Night at the Opera

    3 février 2004, par mylegend.Guard [retour au début des forums]


    L’album est en effet un chef d’oeuvre, beaucoup plus technique que les précédents albums du Guardien aveugle. Le groupe est peu connu, mais mieux vaut des vrais fans qu’une troupe d’incultes écoutant du commercial a tout va :)

    " and then there was silence... "
    Another`Guard

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      > A Night at the Opera

      22 décembre 2006 [retour au début des forums]


      Je viens d’écouter des extraits sur Amazon et ça m’a fait singulièrement penser à QUEEN II ( le 2ème album de QUEEN, que je tiens pour le meilleur du groupe ). Quelqu’un le connait-il aussi et, si oui, mon impression est-elle correcte ? Je voudrais savoir avant d’acheter.
      Merci.

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