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Blaze Bayley : "The Man who would not die"
Increvable

mardi 5 mai 2009, par Arnaud Splendore

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Dans la vie, il y a des gens qui n’ont vraiment pas de chance. Blaze Bayley fait partie de ceux-là. Tout au long de sa carrière, l’homme a accumulé les revers et les coups du sort comme personne avant lui. Et pourtant, sa motivation et sa passion pour la musique n’ont jamais été mises en doute. Et contre vents et marées, Blaze nous revient avec son nouvel album. Et rien que pour la performance, on a envie d’applaudir !

Et pourtant, il faut bien dire qu’il y en a beaucoup qui auraient déjà raccroché, rangé le micro au fond d’un placard et pris un boulot de bureau, s’ils avaient vécu le quart de ce que Blaze Bayley a vécu au cours de sa carrière. Imaginez un peu... Pendant près de dix ans, l’homme chante dans Wolfsbane, groupe anglais œuvrant dans du heavy rock honnête, mais fort classique. Et jamais la carrière du groupe ne décollera vraiment. Sans jamais connaitre guère plus qu’un succès d’estime, le groupe passera bien un ou deux clips dans Headbanger’s Ball (version européenne), et Blaze deviendra une figure notoire de la scène heavy anglaise. Ceci dit, ce sera souvent pour le tourner en ridicule, l’archétype du métalleux en cuir n’étant plus vraiment en odeur de sainteté à l’époque.

Et pourtant, Blaze va connaître le sommet de sa carrière puisqu’en 1994, il rejoint son groupe fétiche, Iron Maiden, qui est à la recherche d’un nouveau chanteur. Le bonheur est de courte durée, la malchance attendant Bayley à chaque tournant. Au rang des plus graves coups du sort, citons un accident de moto qui retarde la sortie d’X-Factor d’un an, l’accueil plutôt mitigé que les fans lui réservent, ses maladies fréquentes qui interrompent les tournées du groupe... Et la cerise sur le gâteau, le retour de Bruce Dickinson en 1999, qui signifie bien entendu l’éjection de Bayley.

Mais croyez-vous que ça arrête notre homme ? Que nenni ! Il monte un groupe avec de jeunes musiciens et prend tout le monde par surprise avec trois albums (dans l’ordre, Silicon Messiah, The Tenth Dimension et Blood & belief) qui, s’ils ne sont certes pas révolutionnaires, offrent un heavy moderne et d’excellente facture, avec un Blaze chantant cent fois mieux que dans Maiden... Mais la bonne vieille malchance est toujours là ! Le groupe connaît des changements de personnel incessants, les jeunes musiciens n’étant là que pour profiter de la notoriété de l’ex-chanteur d’Iron Maiden pour lancer leur propre carrière. Et de surcroît, le succès commercial n’est pas au rendez-vous et après la sortie de Blood and belief, Blaze perd son contrat d’enregistrement, le label estimant que le groupe représente une perte de temps et d’argent.

Mais rien ne peut arrêter notre homme ! Et le revoilà donc, quatre ans après la sortie de son dernier album, avec un album on ne peut mieux nommé, The man who would not die. Et croyez-moi sur parole, la flamme est toujours intacte ! Bayley a recruté un tout nouveau line-up, articulé autour des frères Nicolas et David Bermudez (du groupe de death colombien Under Threat), respectivement guitariste et bassiste et auxquels viennent se rajouter Jay Walsh (guitare, ex-Fourwaykill) et Lawrence Paterson (batterie, ex-ChokeHold). Et on entend bien que les nouveaux musiciens de Blaze proviennent d’horizons plus extrêmes que leurs prédécesseurs, parce que dès la première écoute, la conclusion est que ça défouraille sévère !

La galette s’ouvre sur le titre qui lui donne son nom, (The man who would not die, pour les deux qui ne suivent pas) et le ton est donné d’emblée. Le morceau est rapide, agressif, la part belle est faite aux guitares qui riffent à tout-va (on sent bien que les Bermudez viennent du death-metal). Et Bayley, me direz-vous ? Et bien, notre homme est en grande forme. Plus je réécoute cet album, plus je me dis qu’il s’agit ici de sa meilleure performance vocale, tous groupes confondus. Le titre sent la revanche, la hargne d’un musicien qui fait tout pour que son rêve continue, peu importe les coups du sort. Le morceau se conclut sur un Blaze répétant en boucle cette phrase lourde de sens «  On and on, I’m cursed to live... ». Grand !

Le reste de l’album est à l’avenant. Bon soyons clair, ça reste du Blaze Bayley. Faut pas s’attendre à quoi que ce soit de révolutionnaire. L’homme œuvre dans un style oscillant entre le heavy classique inspiré que la NWOBHM, et un groove metal plus moderne. Il est indéniable qu’il a son propre son, soutenu par son timbre de voix impossible à confondre, mais il n’y a rien sur cette galette d’original ou d’innovant. En même temps, les classiques ont du bon, et je pense qu’on aurait quelques fans en pétard si Iron Maiden se mettait à faire de la tektonik ou si Aerosmith se transformait en cover band de Britney...

Je tiens tout de même à épingler trois titres qui sortent du lot. Smile back at death, inspiré par le film Gladiator, est une chanson épique lorgnant franchement vers Iron Maiden, mais qui permet à tout le groupe d’exposer son potentiel. A l’écoute de ce titre, on n’a qu’un seul espoir, que ce line-up de Blaze soit plus solide que les précédents. Et qu’ils nous refassent des titres de ce calibre. Dans le même registre, Samurai est un peu, dans l’esprit, l’enfant bâtard de Clansman (de Maiden, encore eux). Refrain héroïque, break épique qui renvoie les clowns d’Hammerfall à leurs études, et l’indispensable passage « woh-oh-oh » pour faire chanter le stade. C’est pour de telles chansons que je suis fan de heavy-metal !

Troisième chanson que je voulais mettre en avant, While you were gone, la power-ballade de l’album, dédiée à la femme de Blaze (dans les crédits de l’album, il la remercie d’ailleurs pour « avoir remis sa carrière sur des rails »). Et là, nouveau coup du sort puisque la veille de la sortie de l’album (ça ne s’invente pas), l’épouse de Bayley a été emmenée d’urgence à l’hôpital pour hémorragie cérébrale. Elle décèdera d’ailleurs deux mois plus tard. Si je voulais épingler cette chanson, ce n’est pas tant pour l’anecdote tragique qui l’accompagne, mais pour son authenticité. La formule est connue, quand on est un groupe de metal, il est de bon ton de coller une ballade ou deux par albums, ça fait plaisir au public féminin et ça fait un bon single. Ce qui donne généralement des horreurs forcées et à la limite du ridicule comme Edguy en est coutumier !

Mais ici, ce n’est pas du tout le cas. Blaze, comme dans tout ce qu’il fait, est d’une sincérité désarmante. Et la chanson en est beaucoup plus efficace que toutes les atrocités engendrées par Extreme et leur foutu More than words (que je tiens pour responsable de toutes les ballades à 50 eurocents qui me pourrissent mes albums). Et cette sincérité transpire sur tout l’album. Blaze ne fait pas les choses parce qu’il faut bien, ou parce que ça fait vendre, mais bien parce qu’il y croit. Et à cette époque, c’est une qualité devenue fort rare.

Pour autant, l’album n’est pas sans défauts. Et le principal est que toutes les chansons se ressemblent un peu. On retrouve souvent le même tempo, la même construction rythmique et il faut bien avouer que Blaze lui-même a un phrasé assez répétitif. Malheureusement, ça rend l’album un peu lisse et à l’écoute, on a un peu tendance à s’ennuyer et à skipper certaines chansons. C’est dommage, d’autant que les albums précédents étaient plus variés, peut-être même plus subtils. Sans doute est-ce dû au changement de line-up, mais l’avenir nous le dira.

Au final, Blaze nous livre un album « come-back » qui ne décevra pas les fans. Il ne révolutionnera certes pas la scène musicale, mais l’honnêteté et la qualité des titres, couplées au capital sympathie que Blaze génère (hormis auprès des fans de Maiden qui n’ont toujours pas digéré le passage de l’homme derrière le micro de la Vierge de Fer) en font une production qui sort la tête et les épaules de la masse de ses contemporains. Espérons que cette fois, le succès sera au rendez-vous, histoire que Bayley puisse enfin rompre le signe indien !



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Arnaud Splendore





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Blaze Bayley : "The Man who would not die"
(1/1) 5 mai 2009, par Vincent Ouslati




Blaze Bayley : "The Man who would not die"

5 mai 2009, par Vincent Ouslati [retour au début des forums]

J’avais aussi lu quelque part que Blaze s’était fait arnaquer par de faux promoteurs pour une série de concerts bidons au Brésil, peu avant que sa femme ne tombe dans le coma...

Mais vrai que je lui voue de même une sincère estime, voilà un type honnête qui ne survit que par sa musique et qui se bat tous les jours contre cette poisse qui lui colle au dos.
Voici tout de même un peu de comique volontaire avec le clip de Hollow Head, mon petit anti-dépresseur perso ;-)

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    Blaze Bayley : "The Man who would not die"

    21 septembre 2009, par Fab [retour au début des forums]


    Ce type est formidable, il a une voix bien à lui, un style inimitable plein de défauts et c’est pour ça qu’on l’aime.
    Pour moi il est un des meilleurs représentants de l’esprit METAL.

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