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Blaze Bayley : "Blood & belief"
Larguez-moi cette vierge !

vendredi 12 juin 2009, par Vincent Ouslati

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Vous rappelez-vous de Blaze Bayley, ce pauvre type jeté dans la fosse aux lions lors de son intégration à Iron Maiden et qui dut se retirer la queue basse après un bon (The X-factor quoi qu’on en dise) et un très nul album (Virtual XI, fallait pas merde !!!). Le Blaze ne disparut pas suite à cette expérience et offrira même une très honorable carrière solo qu’il mènera à sa guise. Suite à deux disques appréciés, Blaze revient en 2004 avec un album nettement plus sombre, notre héros a le vague à l’âme et la musique s’en ressent.

Voire même avant la musique, la pochette hémoglobineuse et floue n’inspire pas la joie de vivre. Blaze dut et doit toujours se bagarrer pour travailler. Loin de ces petites stars intronisées du rock ou du metal, le bonhomme sait ce qu’est la poisse, la trahison et les fins de mois difficiles. Entre des musiciens qui se font la malle après avoir profité de la relative notoriété du sieur, les promoteurs de concerts bidons, les problèmes de santé de sa femme et manager Debbie (elle décèdera peu après la sortie en 2008 de The man who would not die le bien-nommé...), Bayley a du mérite, semble avoir la nécessité de chanter pour ne pas crever, alors que bien d’autres ne le font plus que pour payer le nettoyage mensuel du jacuzzi.

Blaze est un type normal plus qu’un Metal God, et si ses performances n’ont pas toujours été à la hauteur chez la Vierge de fer, il est cependant impérial dans un registre qui lui est plus familier, plus lourd, moins lyrique, mais certainement plus honnête. Blood & belief se veut plus sombre donc, et c’est réussi. Entre des textes d’une touchante sincérité et des morceaux "Metal attitude" roulés sous les aisselles, Blaze a voulu panser les plaies à l ’ancienne manière, en les cramant au fer rouge, en les ouvrant béantes, laissant s’échapper toute la poisse qui les envenimait.

Le résultat est un album classique, mais d’une grande... classe, ce qui ne choquera pas les connaisseurs. Personne ne voit en Blaze un refondateur du genre, mais un artisan patient et consciencieux, oui. On pouvait le noter sur Tenth dimension ou Silicon messiah, il le confirme ici, tout en rendant son propos plus personnel. Il n’oublie cependant jamais d’user d’un certain second degré comme dans le très amusant clip d’Hollow man, bel hommage à son docteur (visionnage conseillé).

Je me rappelle avoir écouté en boucle cet album durant un voyage à Uyuni sur le Lac salé (Bolivie). Je ne me le suis pas quitté des oreilles alors que je traversais ces étendues blanches, le contraste était si surprenant entre la tranquillité du lieu et la musique si dure, le chant de Blaze si franc du collier mais si plein des souffrances passées, en cours et à venir. Bêtement, ces deux aspects, le géographique et le musical sont désormais liés dans ma caboche, hasard du MP3... Et pendant longtemps encore, je conserverai la voix de cet homme qui en prit tant dans la gueule et la vue de ces espaces d’un calme lunaire. En priant que ces deux entités finissent un jour par se rencontrer...

Blood & belief, du métal classique mais gonflé aux sentiments profonds d’un mec si ordinaire qu’il en devient admirable, vivement recommandé cela va de soi.



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Vincent Ouslati