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Black Label Society : "Shot to Hell"
Et la tendresse, bordel ?

samedi 25 novembre 2006, par Geoffroy Bodart

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Saviez-vous que les bûcherons, Monsieur Propre, les Hells Angels, les gardes du corps du Président, Vin Diesel et en général tout ce qui fait plus de deux mètres de haut et plus d’un mètre de large ont aussi un cœur, un p’tit cœur sensible plein de douceur et de miel ? Pour convaincre ceux qui douteraient encore de la capacité de tous ces monstres de foire de verser dans la mièvrerie, Zakk Wylde a décidé de nous montrer le cœur et l’âme qu’il dissimule, habilement, sous le cuir et les poils.

Alors oui, bien sûr, s’il a du sang chaud-boulet d’un rouge aussi vif que la rose de la passion dans le carburateur, ce n’est pas que pour les ballades au clair de lune ou sur la plage. Cette sensibilité extravertie est aussi et surtout le moteur de la machine, un bon gros moteur prêt à tout exploser, à commencer par le plafond autorisé de décibels et, accessoirement, les tympans. Un bon gros moteur capable, par exemple, de shot to Hell le premier tatoué qui viendrait faire vrombir sa mopette dans le havre de paix et de mélancolie auquel il aspire.

C’est toujours comme ça chez les rustauds. Leur délicatesse intrinsèque n’apparaît pas de prime abord. Et comme en attestent les trois premiers titres de l’album, une cage thoracique comme un tonneau de bière, ça facilite grandement les choses quand on veut se faire entendre lors du congrès annuel des Born to be wild. Au programme de ce début de disque, donc, des riffs, des soli, de la niaque, du bon hard qui vous ferait vous dresser face à un ours polaire en hurlant : « même pas peur ! ». Cette hargne primaire vaut quelques moments intenses et enragés disséminés tout au long de Shot to Hell, comme Hell is high ou la deuxième partie de New religion. La technique est irréprochable, le chant vaut ce qu’il vaut mais colle à merveille à l’ensemble.

Mais pourtant, malgré cette virilité saillante et ces pectos panoramiques, Zakk Wylde souffre. Non, il n’est pas que ce putain de bon dieu de guitariste à l’haleine de clope et de whisky. Il éprouve des sentiments, bordel ! Et quand il souffre, il prend sa guitare, monte sur une falaise et joue un de ces solos à vous faire dresser les chapiteaux, tout en tambourinant sauvagement sur sa poitrine, engendrant une panique inconsidérée au centre sismologique. Eternel incompris, Zakk Wylde veut rappeler que lui aussi a un jour été un petit bébé de cinquante centimètres, tout rose et sans barbe. Pour ce faire, il n’y a pas trente-six solutions : des ballades, du piano, encore des ballades, des claviers, d’autres ballades, des chœurs et toujours des ballades. Et elles sont efficaces, ces chansons, pas trop répétitives, agréables à l’écoute. Ou bien le chroniqueur dispose également d’une sensibilité à fleur de peau, ou bien Zakk Wylde est parvenu à toucher quelque chose d’universel, quelque chose qui nous touche et nous interpelle tous. Le lecteur se fera sa propre opinion.

Quand l’album se termine, il laisse le souvenir de trois bons quarts d’heure sans souci. De la bonne musique carrée, efficace et professionnelle déclinée en treize titres qui ne marqueront ni les esprits ni leur époque, mais parmi lesquels il n’y a absolument rien à jeter, ce qui est suffisamment rare pour être noté et apprécié.



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Geoffroy Bodart





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Black Label Society : "Shot to Hell"
(1/1) 18 février 2007




Black Label Society : "Shot to Hell"

18 février 2007 [retour au début des forums]

Bien que ça fait plaisir que l’on cause enfin de Black Label Society ici, autant je suis un peu déçu qu’on aborde le sujet par l’album "Shot to hell" qui bien qu’étant le dernier, ne s’avére pas pour antant d’être le plus représentatif de l’esprit et du style de Zakk Wylde.
Il apparaît comme une évidence que cet album a été un peu trop surproduit (Merci Roadrunner...)et que le coté "coup de genou dans les roubignolles" de ses prédéssésseurs n’est malheureusement plus à la fête.
Il en va de même pour les balades que je trouvais bien plus poignante de par le passé...les albums à prédominance acoustiques tels que "Book of Shadows" ou "Hangover Music" contiennent des piéces bourrées d’une émotion plus authentique que celles contenues par "Shot to Hell", dans lequel je trouve les balades à la limite du miévre plus proche d’Elton John que d’un méchant nounours sorti de sa caverne...
Il est à noté aussi que la tristesse que l’on peut déceler dans les textes parlents principalement de la perte de Dimebag Darrel.

Ps : Zakk wylde ne fume pas...

B.L.Sam

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