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Behemoth : "Evangelion"
"Trop" parfait ?

jeudi 29 juillet 2010, par Vincent Ouslati

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Behemoth m’énerve, m’agacent. Prenez un groupe comme Pestilence qui eux peuvent me décevoir bien comme il faut, ils me donnent ainsi l’occasion de parsemer la critique de leur dernier immondice (on espère tout du moins mais voyez ici...) de tout un tas de vulgarités sincères, ils me permettent de me lâcher un petit coup, et en cela je les remercie. Mais Behemoth, rien à faire, même avec des quintaux de mauvaise foi sous la soutane, il est impossible de mettre en doute le talent insolent de leur bellâtre en chef. M’agacent je vous dis.

Allons critiquer la forme puisque le fond est encore une fois (Rhaaa !!) irréprochable, bon alors... Ouais le titre là, "Evangelion", c’est pas pompé sur un manga avec des robots humains nan ? Oh les faibles, piquer leurs noms de baptêmes infernaux chez les Nippons. Puis on étudie un peu et voila qu’Evangelion ("la bonne nouvelle" en Grec) n’est qu’une référence à l’Evangile et à l’annonce de l’arrivée de Jésus sur Terre. La pochette, haha, la gravure bidon qui hommagise un Gustave Doré bouffé par les mites, faible hein, d’autant que Machine Head a relancé la mode depuis bien deux ans, mais oui, elle est pas mal cette pochette, bien meilleure que pas mal de sorties conséquentes de ces derniers mois, je rumine, je rumine, mais comment les prendre en défaut...

On ne peut les prendre en défaut, voila le dilemme, d’albums en albums, Nergal aligne les monuments et tout chroniqueur un poil pointilleux ira se péter les canines devant ces blocs imprenables. Et soudain, diantre, je vois une brèche dans la muraille, de quoi y passer un ongle : Evangelion ne surprend pas, excellent mais point novateur et là je vous balance la théorie des imperfections de la perfection.

Théorie fumeuse si il en est, j’explique. A trop chasser le défaut, la boulette, le grumeau dans la pâte, Behemoth atteint une espèce d’excellence, mais aussi une routine. Une routine qui apparait positive évidemment, mieux vaut passer sa vie à aligner les chefs d’œuvres que les croutes. Mais l’auditeur cherche aussi ces aspérités, ces curiosités sur lesquelles se poser, se bloquer. L’imperfection, l’essai raté, l’expérimentation fait que le disque vous reste en mémoire plus longtemps que la moyenne des galettes qui passent près de vos pavillons. Hors Evangelion est parfait, et il est donc si ce n’est mauvais (très loin de là), du moins clairement inférieur à un pavé du calibre de The Apostasy ou de Zos Kia Cultus.

Déficiences dans le renouvellement ? Trouvailles qui se meuvent en habitudes de papys gâteux ? Nan, juste trop bons nos amis athées, farouches et fiers d’avoir le crucifix dans le slip. Nergal, Inferno, Seth, Orion, quatre cavaliers apocalyptiques et perfectionnistes qui vous allèchent et vous assomment à chaque titre, imparable. C’est cela, on ne peut y échapper, et ce n’est qu’au bout de quelques écoutes qu’on se rend compte du subterfuge. C’est parfait, mais quid ? C’est génial mais quoi d’autre ? On connait déjà, on aime bien certes mais l’on connait.

En neuf titres tous plus directs les uns que les autres, Evangelion aligne un curriculum indiscutable et l’on ne peut qu’aimer. Rien qu’un Shemaforash, ligne de basse qui envoie cher dans tes mandibules et ajout tout en finesse de cithares introductives et définitives, petite originalité dans un océan de perfection. Là où ils ne cherchent même pas à faire illusion, ce serait sur He who breed pestilence qui s’étale dans un parfait death technique aussi entrainant que... death et donc assez convenu mine de rien.

Je chipote hein, c’est vrai que je chipote et bien que ce Lucifer de fin de cycle soit démoniaque comme il se doit, je m’ennuie rapidement. Mais Evangelion est une bonne nouvelle en tant que sortie ultime du groupe Polonais, qui reste haut au-dessus de pas mal de satanistes à la con. Le tic qui me toque, c’est que ça commence à sentir la recette à peine remaniée, et que ma foi, on s’attend toujours au meilleur des meilleurs, on veut la dose de nouvelles frayeurs, de nouvelles sensations. Et ce disque, si il est indiscutablement bon, n’est en rien nouveau.

C’était mon cours du plus gros chieur du mois.



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Vincent Ouslati