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Angra : "Temple of shadows"
Rebirth "pour de vrai" !

lundi 24 janvier 2005, par Marc Lenglet

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Depuis le départ d’Andreas Matos, Angra avait connu une sévère baisse de régime. Bien que les deux excellents guitaristes d’origine, Kiko Loureiro et Rafael Bittencourt, soient restés en place pour maintenir la flamme allumée, et qu’un chanteur étonnamment convaincant, Edu Falaschi, ait été embauché, la touche particulière qui faisait d’Angra un groupe de speed-metal mélodique largement au dessus de la mêlée semblait avoir bel et bien disparu.

Rebirth, en 2001, était un bon album. Mais, malgré la très rapide adaptation de Falaschi à son nouveau poste et l’utilisation impériale d’orchestrations chaleureuses, il semblait lui manquer quelque chose d’imperceptible pour qu’on y retrouve le Angra qu’on vénérait à l’époque d’Holy land. Rebirth n’était au final ni plus ni moins réussi qu’un excellent album du même genre venu d’Allemagne ou de Finlande.

Aujourd’hui, Angra revient dans une forme étincelante, avec au menu, un de ces albums concepts dont le metal mélodique semble avoir le secret. Le synopsis retrace le parcours humain et mystique d’un chevalier croisé, parti conquérir la Terre Sainte, et s’imprègne de la Gnose. Pour synthétiser grossièrement cette philosophie, la Gnose replace l’intuition et l’évolution personnelle au centre de la croyance, soutient la recherche d’une vérité unique qui soit propre à chacun, en opposition avec les croyances locales en un dieu créateur et despotique. Ecœuré et blessé dans sa chair par les actions et les manoeuvres cupides de l’église catholique, le chevalier en vient à promouvoir sa vision philosophique auprès du peuple, faite de respect de l’autre et d’autonomie vis à vis des injonctions « divines ». Une hérésie que la hiérarchie religieuse ne lui pardonnera pas. Sans trop s’avancer, il est aisé d’y déceler une manière symbolique de s’attarder sur les conflits religieux qui ensanglantent la planète à l’heure actuelle, et une critique adressée à tout ceux qui préfèrent croire en leur divinité locale plutôt qu’en l’être humain.

Les musiciens d’Angra sont, comme d’habitude, au summum de leurs capacités, n’ayant rien à envier aux plus fameux guitar-heroes du milieu, la prétention en moins. Les orchestrations classiques évitent de se montrer envahissantes, et restent toujours judicieusement placées. Ce n’est pas la recherche de puissance symphonique qui est visée ici, mais bien l’instauration d’une légère atmosphère épique, qui ne s’imposerait jamais aux dépens des compositions en elles-mêmes.

Mention "très bien" au chanteur Edu Falaschi, qui s’est décidément adapté à merveille à l’univers d’Angra. Lui qui avait démarré sa carrière en apportant une simple touche d’agressivité supplémentaire à Angra prouve ici qu’il est un très grand vocaliste du metal, capable d’évoluer sans cesse vers un mieux. Sa prestation sur Temple of shadows est riche et variée au possible, et il réussit aujourd’hui à donner à chaque titre un relief comparable à celui que Matos apportait, sans chercher nécessairement à imiter la manière de faire de son prédécesseur.

Cela devient une habitude à présent, mais il semble que dans le microcosme du metal mélodique, tout le monde vienne toujours filer un coup de main à tout le monde et faire des guest-appearances sur le moindre album des potes. Ici, ce sont, comme bien souvent, Kai Hansen (Gamma Ray), Hansi Kürsch (Blind Guardian) et Sabine Edelsbacher (Edenbridge) qui viennent mettre la main à la pâte, la dernière pour un très beau duo sur le titre No pain for the dead. Brésil oblige, le compositeur Milton Nascimento est également venu participer à la fête pour un non moins brillant Late redemption, chanté pour moitié en anglais et pour moitié en portugais.

Malgré la prime impression que rien n’a vraiment changé depuis Rebirth, on décèle peu à peu d’imperceptibles éléments qui rappellent l’ancien Angra, au niveau du chant comme des compositions. Appelez-les souffle, esprit, âme, technique, riffs,... si vous voulez : quoi qu’ils puissent être réellement, ils sont bel et bien présents. Puissant, mélodique, fouillé et toujours aussi rapide, Angra est à nouveau sur une pente ascendante, qui l’amènera - du moins on l’espère - à nous concocter un jour ou l’autre un digne successeur à Holy land. Bien que blasé à l’extrême par la plupart des groupes de speed mélodique (la faute à une boulimie irrépressible de ce genre de chose par le passé), Temple of shadows se hisse pourtant, à mon sens, légèrement au-dessus du lot. Angra n’a certes pas encore retrouvé l’entièreté de son lustre passé, mais le but est maintenant proche. Très proche.



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Angra : "Temple of shadows"
(1/2) 2 décembre 2016
> Angra : "Temple of shadows"
(2/2) 1er mars 2005, par Olivier GILIS




Angra : "Temple of shadows"

2 décembre 2016 [retour au début des forums]

The kind of album that any fan would never try to miss. - Bath Planet

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> Angra : "Temple of shadows"

1er mars 2005, par Olivier GILIS [retour au début des forums]

Je suis à 99% d’accord avec toi Marc... sauf que je trouve le chanteur actuel bien meilleur qu’ André Matos, question de goût.
Superbe album !!!

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    > Angra : "Temple of shadows"

    3 juillet 2006 [retour au début des forums]


    chanteur bien trop dans la veine et le moule du speed metal, là où andré matos apportait une indéniable originalité .
    Et puisque Angra pousse même le vice jusqu’à le mettre en concurrence avec hansi , de blind guardian...

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