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Ahab : "The divinity of oceans"
Martine à la mer

lundi 9 novembre 2009, par Arnaud Splendore

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L’automne est là, il fait dégueu, les feuilles mortes se ramassent à la pelle et les gamins se remettent péniblement d’une indigestion de sucreries. Bref, pas vraiment un temps à se refaire l’intégrale des Beach Boys. Heureusement, on peut compter sur nos voisins allemands, pas vraiment des spécialistes de la rigolade, pour nous trouver un bon disque de funeral-doom, histoire de bien péter l’ambiance avant les fêtes !

Et niveau rigolade, les petits gars de Ahab en connaissent un rayon. Après avoir causé pas mal de vagues avec leur premier album, The call of the wretched sea, les revoilà avec leur deuxième effort. Nos amis teutons ont une obsession dans la vie : la mer. Attention, pas le trip plage de sable, chaise longue et maillot. Plutôt le genre naufrage, noyade, solitude et charmantes bébêtes qui vivent sous la flotte. A tel point qu’ils proclament fièrement faire du (je cite) "Nautik Funeral Doom" (le "k" est d’origine. Faut les excuser, ils sont Allemands). Bon ok, l’étiquette cartonne pas mal dans le ridicule, mais au moins on est prévenu !

Et effectivement, le contrat est respecté ! Ahab exploite son thème au maximum, piochant ses inspirations chez Nathaniel Philbrick ou encore Owen Chase, l’écrivain qui a inspiré Moby Dick à Herman Melville. Le concept passe ou pas, mais il faut bien dire que depuis que Mastodon a lancé l’idée, on voit de plus en plus de groupes taper dans ce genre d’inspiration. Il faut bien avouer qu’on fait difficilement plus doom que l’histoire du naufrage d’un baleinier après une chasse à la baleine ratée. Et puis, pour une fois qu’un groupe de metal fait dans le culturel, on ne va pas se plaindre !

Musicalement, y’a pas de doute, c’est du funeral-doom. C’est lent, très lent. Les tempos donnent un peu l’impression de se faire piétiner par un éléphant. Les chansons sont longues, et ce n’est clairement pas le genre d’album qu’on se met en musique de fond. La musique de Ahab nécessite un minimum d’attention. Certes, les éléments de base sont connus : rythmique de gastéropode shooté au Valium et chant digne d’un ours brun qui a chopé une laryngite. Mais Ahab tire son épingle du jeu en ajoutant des éléments inhabituels pour le genre. Les Allemands surimposent aux gros riffs doom de base des lignes mélodiques de guitare claire ou des arpèges. Ils juxtaposent les grognements d’homme des cavernes avec un chant clair et calme. La lourdeur est omniprésente, planant sur l’entièreté de l’album, comme une nappe de brouillard venue de la mer...

Le tout contribue à créer une ambiance unique, pas besoin de beaucoup d’efforts pour rentrer dans le mood. Le don de Ahab est de réussir à créer des images mentales dans l’esprit de l’auditeur. Avec un brin d’imagination, on se croirait presque plonger dans l’eau glacée, au bord de la noyade...

Même si le groupe ne risque pas de révolutionner le genre, on se retrouve tout de même avec un des meilleurs albums de funeral-doom de ces dernières années. Pas le genre de truc pour toutes les oreilles, mais les fans peuvent se plonger dedans les yeux fermés et les curieux peuvent se jeter à l’eau, le voyage en vaut la peine !



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Arnaud Splendore