Pop-Rock.com



Adagio : "Archangels in black"
Metal jambon-beurre

mardi 7 juillet 2009, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Summoning : "Oath Bound"
The Elderberries : "Nothing ventured, nothing gained"
Velvet Revolver : "Contraband"
Versailles : "Noble"
Dimmu Borgir : "In sorte diaboli"
Epica : "The Classical Conspiracy"
Paradise Lost : "In requiem"
Stratovarius : "Polaris"
Blaze Bayley : "Blood & belief"
Theatre of Tragedy : "Storm"


De temps à autre, on apprécie les bonnes découvertes, de celles qui vous rassurent d’abord sur le fric qu’elle vous ont coûtés, puis qui vous amènent peu à peu au constat que c’est tout simplement de l’excellente musique. Si les derniers temps ont été riches en retours de vieux briscards et ultimes albums de fin de règne, il est bon de faire entendre un peu de fraîcheur, du nouveau bordel ! Un peu moins de retraités et de couches pour incontinents, nous réclamons du sang neuf. Et Adagio est de cette trempe, 10 années à peine d’existence ce qui est toujours 30 ans de moins que certaines vieilles carnes sur le retour, auteurs d’un bien sympathique métal progressif, mélodique et raffiné de surcroît, un bon investissement en somme, et plus encore.

Car des doutes, j’en avais. Bien que l’aspect graphique ne soit pas le point fort du groupe (mais est-ce important... Je dirai que oui, mais bon), cette énième pochette blackogothique me collait les talons au seuil du disquaire. Quant à "Archangels in black", on fait pas mieux dans le convenu et déjà-vu niveau titres de baptême. Mais je m’en serai bouffé les phalanges jusqu’à l’os si j’étais passé devant ce nouvel album sans y poser l’oreille, car plus qu’une belle surprise, c’est désormais une de mes galettes de chevet. Varié, fabuleusement produit, lorgnant autant du côté de Dream Theater pour les claviers que de chez Angra pour les ambiances symphoniques, Adagio a réussi là quelque chose de grand.

Majestueux sans oublier d’être puissant, technique sans être pompeux, cette alchimie sulfureuse vous envoûte et ne vous quitte plus. J’ai du tenir deux minutes avant de me laisser avoir, nos petits vampires de Montpellier ont réalisé là une sacrée partition. Je parlais rapidement de variété et je le confirme, car entre les claviers qui fument, les délicates parties de piano, les soli dantesques, les refrains à faire décoller les caveaux, le pilonnage de batterie, la sauce est aigre-douce, tantôt piquante et malsaine, tantôt douce et suave, jamais âcre, toujours surprenante. Le métal progressif est pourtant le genre type qui se la regarde jouer sans penser une seconde que les novices et les trois-quarts du monde connu vont au mieux ne rien y capter, au pire gueuler que c’est chiant à se pendre.

Mais Adagio ne prend pas ce risque et met en avant ses mélodies, l’aspect progressif n’étant là qu’en appui des compositions. Et de la belle composition il y en a à foison. J’aime Vamphyri et son double visage, morceau semblant basiquement death qui se meut en ode majestueuse, perclus de sonorités arabisantes et de vocaux clairs posés comme de la chantilly sur la glace à la menthe, je succombe à la pinquefloydienne entrée en matière de The astral pathway, à ces délicates partitions de piano qui ouvrent Undead, titre plus qu’efficace démarrant comme du Gojira époque The link.

Bien que le groupe soit tout ce qu’il y a de plus français, le chant est en briton selon la sacrosainte règle que la langue de Molière est parfaite pour les petits poèmes mais pour se la jouer rebelle, c’est pas encore ça. De fait, Christian Palin n’est pas français mais Finlandais et transfuge de chez Random Eyes. Lyrique ou plus brutal, il maîtrise son organe avec talent bien que ses influences avouées, que ce soit James LaBrie ou Mickael Sweet, sont parfois très (trop ?) audibles.

Mais la vraie petite perle du groupe est sans conteste l’arrivée de ce génie aux doigts fous qu’est Kevin Codfert. Pianiste et claviériste, c’est le principal responsable des ambiances extraordinaires que laisse à entendre Adagio depuis son arrivée sur le très justement acclamé Underworld.

Peu de longues pièces démonstratives, seul Codex oscura respecte vraiment les codes du genre avec ses 9 minutes. Mais quels minutes ! Ce piano vicieux, ces cordes sombres, et ce départ imprévu qui vous hérisse le poil. Du prog’ aussi humain, c’est pas Portnoy qui en produit tous les jours. On a bien les claviers qui filent, les refrains, mais Codex oscura reste une chanson avant tout et non un concours de celui qui a le plus long solo. Digeste le codex, comme la majeure partie de ces archanges en noir, simplement merveilleux, rendant leur prog’ accueillant, sans pour autant faire dans la bouillie pour gniards. Adagio mieux que machin ou truc ? Peut-être pas tout à fait, mais un potentiel pareil, ça se cultive au grand air ma bonne dame !



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Adagio : "Archangels in black"
(1/1) 24 novembre 2015




Adagio : "Archangels in black"

24 novembre 2015 [retour au début des forums]

When it comes to rock music, this group is surely recognizable. - Fred Wehba

[Répondre à ce message]