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W.A.S.P. : "The crimson idol"
Chef d’oeuvre.

mardi 20 janvier 2009, par Vincent Ouslati

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W.A.S.P. est la chose diabolique enfantée par Blackie Lawless, alias Steve Duren de son vrai patronyme. Si sa courte participation dans les New York Dolls alors presque morts est anecdotique, il n’en sera pas de même lorsqu’il décide de monter son propre jouet (un temps accompagné de Nikki Sixx), fusion glauque et sale d’Alice Cooper et du glam rock, du hard-rock US et d’une bonne dose de provoc’ théatrale, W.A.S.P. va imposer quelques années durant une nouvelle image du hard/heavy sous l’impulsion d’un maître de l’accroche qui tue. Retour sur le sommet musical indépassable qu’est The crimson idol.

W.A.S.P., pour les férus de linguistique est un terme désignant à l’origine les premiers colons américains, les vrais, soit les "White Anglo Saxon Protestant". Blackie, qui a beaucoup d’humour récupéra les initiales mais en offrit une traduction fort différente, soit "We Are Sexual Perverts". Et leur forfait initial ne fera pas non plus dans la dentelle, Animal fuck like a beast est leur premier hit (paru sur cet humble galette ici chroniquée), pas très fin mais foutrement remuant. Les oreilles puritaines commencent alors à siffler. Ce sera le début d’une petite guéguerre entre tous les culs-bénits que comptent les Etats-Unis (dont la propre femme d’Al Gore) et le groupe vilain pas beau de Lawless.

Il faut dire que Blackie et Chris Holmes (guitariste découvert par ses photos à poils dans Hustler !!) usent et abusent d’une imagerie très gore, en n’hésitant pas à singer des séances de torture sur des nanas à moitiés nues et à balancer de la viande crue sur le public. Petite coutume qui provoquera d’ailleurs un accident fort délicieux puisque Holmes se fera assommer par sa propre barbaque qu’un spectateur en transe lui renverra dans la gueule, de grands moments que l’on regrette de n’avoir pas vécu.

Lawless se trimballe lui avec une combinaison ornée de lames de scie circulaire ainsi que sa fameuse coquille surmontée du même type d’appendice. Chose dont il va se repentir de temps en temps vu qu’il se blessera maintes fois avec ses propres joujoux coupants. Pour Randy Piper, combinaison aussi mais décorée de pots d’échappements de Cadillac... A ce propos, tentez de vous procurez la vidéo du concert de Londres de 1984, vous ne serez pas déçus. De plus en plus emmerdés par les assoc’ de cathos rigoristes, et suite à la découverte d’une bombe sous la Jaguar de Blackie, le groupe se calmera quelque peu. Après des années fort mouvementées, et suite à un disque plus élaboré et plébiscité, The headless children en 1989, va alors paraître un véritable alien, totalement inattendu de la part d’un groupe comme W.A.S.P., un concept album, un opéra heavy/rock largement influencé par les Who, (Tommy ou même Quadrophenia).

Après la parution de The headless children, le dernier fidèle, Chris holmes a décidé de lui aussi se tirer du navire, bien aidé par ses surdoses de whisky frelaté qu’il affectionne, Lawless reste donc seul à travailler sur son œuvre, ce qui lui demandera trois ans, trois ans où il s’acharnera également sur les parties de clavier, de guitare et de basse. En 1992, The crimson idol est dans les bacs et c’est un inattendu coup de génie, fini le côté gore kitsch, l’on nous offre un album très travaillé, aux mélodies incroyables, à la richesse musicale inespérée au vu des antécédents du combo et le chant de Lawless n’a jamais été aussi brillant. Blackie tient là le chef d’œuvre de sa vie et peut-être l’un des plus grands albums de métal de ces trente dernières années, rien que cela.

The crimson idol est une histoire, celle de Jonathan, jeune blanc-bec désœuvré qui va découvrir le "bonheur" de la starisation, et tous les à-côtés crades (drogues notamment), suivra la chute encore plus brutale puis la remise en cause, les doutes, les regrets. Nous ne sommes pas loin de la biographie, même si Lawless s’est toujours défendu d’avoir voulu raconter sa propre histoire. Histoire d’ailleurs pas forcément très originale, là n’est pas l’essentiel, si cet album n’a jamais pu être égalé depuis, c’est par la musique et le soin maladif apporté aux compositions qui a mis tout le monde d’accord. Je ne peux me résoudre à faire une critique piste par piste, car ce monument est à prendre dans son entier, rien n’est à jeter ici, une succession ininterrompue de hits en puissance, de la prenante intro de The titanic overture aux notes ultimes de The great misconceptions of me, l’ensemble est bluffant de maîtrise, énorme et touchant, brutal et délicat.

Alternance de passages calmes et surpuissants, au gré des aventures de Jonathan, l’ensemble est plus qu’une démonstration, c’est une leçon qui est donnée à tous les petits groupes de glam rock minables qui se crêpent la perruque en backstage. W.A.S.P. devenu fréquentable ? Pas forcément mais l’on regarde ces vilains satanistes vulgaires d’un tout autre œil incontestablement. Lawless a ici atteint un niveau inespéré que peu de gens égaleront par la suite, c’est une référence du hard/heavy, incontournable, souffrant peu du temps qui passe.

Une section rythmique énorme (l’ex-Quiet Riot Frankie Banali, et Stet Howland), deux batteries pour certains morceaux ! Un Bruce Kulick qui n’oublie pas de sortir quelques jolis soli (on est loin des ultimes clowneries alcooliques de Chris Holmes), et le maître qui joue quasiment tout le reste. L’histoire est classique ? C’est d’autant plus facile de s’y voir, tous nous avons parfois ce sentiment de solitude ici décrit, cette soif de gloire, ces moments de chute libre où seule la binouze ou autres doses diverses nous aident à remonter, chacun peut à un moment ou à un autre s’y reconnaître, dans différentes étapes de sa vie.

C’est mon album de chevet, non pas celui qui sert à caler l’armoire, mais bien celui qui vous accompagne, qui, par son histoire, son ambiance, sa musicalité vous fait oublier tout ce que la vie a de chiant. Des albums parfaits, ça ne doit pas exister, The crimson idol n’est pas parfait, mais il a une âme, il a de la présence, il a ce qui fait défaut à nombre de merdouilles rock pourries de nos tristes années 2000, une classe qui suinte de tous les morceaux, c’est puissant, élégant, émouvant, ça me fait encore de l’effet alors que je l’ai écouté des centaines de fois, il continue à me donner des frissons, à me donner la patate certains jours, ou accompagner une peine de cœur le jour suivant.

Certes, ce que l’on perçoit de la musique est totalement personnel, ce que je trouve sublime peut paraître à d’autres d’une totale ringardise, je ne doute pas que d’aucuns sont capables de pleurer en écoutant les Rasmus (je suis convaincu qu’il y en a, avouez !!). Juste, jeunes confrères musicophiles, mettez-vous un peu de ça dans les esgourdes, je ne garantis pas qu’il vous procure autant d’effets qu’à moi, mais il y a très peu de disques de cette trempe, vraiment très peu.



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Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Gabriella
(1/1) 26 février 2015, par Gabriella




Gabriella

26 février 2015, par Gabriella [retour au début des forums]

Mon collègue m’a donné envie de visiter votre site web et vraiment je ne regrette pas. J’y déniche beaucoup d’articles ludiques. Cool.

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