Pop-Rock.com



Testament : "The gathering"
A genoux les gueux !!!

lundi 5 juillet 2010, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Deep Purple : "The battle rages on"
Sepultura : "Roots"
Megadeth : "Rust in peace"
Blind Guardian : "Nightfall in Middle Earth"
Metallica : "Metallica"
Ozzy Osbourne : "No more tears"
W.A.S.P. : "Kill, Fuck, Die"
Scorpions : "Face the heat"
Pantera : "Vulgar display of power"
Judas Priest : "Painkiller"


Pas loin du nouveau millénaire, mais loin du thrash qui faisait rire gentiment après les compromissions de ses plus fervents représentants, Testament nous mettait ce pain dans la tronche que personne n’attendait venir. Hors du temps, baroud d’honneur d’un discret qui pourtant rarement devait décevoir ses ouailles, The gathering est encore maintenant difficilement dépassable à tous les niveaux. Le second couteau était soudainement plus affuté que jamais et surclassait avec merveille dix ans de dégueulasseries d’un carré d’as à la peine.

J’explique parce qu’après on va dire que je m’emballe et que je dis pas pourquoi et que nous on aime des explications longues et ennuyeuses parce que le chef est pas au bureau et que j’ai du temps vu que ma pellicule de cul a pas fini de se télécharger et que tant que j’ai les doigts qui collent pas, je peux toucher le mulot.

Vous vous rappelez de l’année 1999 comme d’une année fertile en bons albums de thrash vous ? Vous jugez franchement que Sodom, Annihilator ou Overkill ont chié des diamants ? Rien, que dalle ! Leurs petites crises nostalgiques faisaient vraiment pitié à coté de ce que Testament nous offrit là. The gathering est un summum du thrash justement parce qu’il ne se limite jamais... au thrash. Alors que ses confrères s’embourbaient dans des plans archi-sucés depuis les années 80, incapables de se sortir les doigts de la vieille moulinette à riffs, Testament a explosé littéralement son univers de prédilection et y a incorporé d’autres saveurs.

Excitant présage, Le groupe parvient à recruter Dave Lombardo, en congé de Slayer après la bévue Diabolus in musica. Les crocs en avant, Lombardo promet d’en découdre au service de Testament qui n’en espérait pas tant. Et il officie comme on l’attendait, technique, brutal, machine qui use de ses bras comme de marteaux sur la forge. Chuck Billy module sa voix, passant aisément de hurlements aux growls death qui font mouiller dans le Petit Bateau, rarement Chuck, pourtant grand chanteur, n’aura offert palette aussi large et théâtralisme aussi bien ficelé. D.N.R. qui ouvre le bal a le petit truc qui fait les grands lancements d’albums, ce riff, cette batterie saccadée, et Chuck Billy... Je peux me mettre uniquement ce titre en boucle sans m’en lasser tant il est incroyable.

Combinant son thrash d’origine avec des composantes black, death, des soli infernaux et une maitrise invraisemblable, Testament se surpasse, va au-delà du sympathique vieux bouzin qui peut mieux faire. Ils avaient déjà sévèrement boosté la machine avec Demonic, mais celui-ci était trop bourrin pour qu’on s’accroche tout du long. The gathering y apporte cette variété qui fait qu’on ne le lâche jamais. Vous commencez par l’écouter une fois, et mine de rien vous savez que d’habitude vous zappez après deux ou trois titres parce que c’est lourd à force ce genre de matos. Mais dans ce cas précis, bien que le doigt soit comme de coutume près de la touche next, jamais votre boudin n’ira la tripoter, jamais.

Si l’on n’a pas cet impression de mimétisme à chaque morceau, c’est donc bien par un travail de composition qui a su dépoussiérer le vieux thrash (15 ans et déjà vieux...) et accoler des composants annexes qui varient les effets et font mouche à chaque fois. Pas tant dans les soli de Peterson qui restent assez discrets mais dans la structure des morceaux, où tout est fait pour alimenter la tempête.

Même des allergiques du style peuvent aisément l’apprécier, car il n’est pas question de guerres de chapelles, cet album va au-delà des genres et sous-genres. Ces passerelles construites toutes autour de lui donnent à The gathering son caractère si particulier et lui évitent les ravages des années qui passent. De fait, la production made by Andy "everywhere" Sneap est adéquate, claire sans trop mettre en avant quiconque, chaque frappe sur la batterie est sèche, cinglante. et le rythme ne ralentit que fort peu hormis durant les superbes interludes d’Eyes of wrath ou de True believer. Mais notre ami Peterson, par ailleurs féru de black (qu’il pratique au sein de Dragonlord) s’offre aussi des speederies sans concessions comme sur Legion of the dead, où Billy growle à tout va, énorme je vous dis.

Il est question d’une addiction à te faire gonfler les veines, le terme de tuerie n’est pas usurpé ici, ni exagéré. Il s’agit bel et bien du meilleur album du groupe (pas mal déjà) et du meilleur album de thrash metal tout court (ça vous en bouche un coin hein ?). Écouter The gathering revient à juger des pièces majeures tels que Master of puppets ou Rust in peace comme de la pop music. Je surjoue à peine ma passion aveugle en ce disque, dont la tardive découverte me fait le choyer encore plus. Ceux qui l’ont un jour écouté ont pour la plupart renié toutes leurs vieilles idoles de la Bay Area, brûlant leurs effigies sur la place publique. Je vous espère proche actuellement de la première F.N.U.C.K. venue ou d’avoir un lien sur Amazon, mais sachez que vous tomberez forcément accrocs, vous êtes prévenus.



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Testament : "The gathering"
(1/1) 10 octobre 2012, par sdksk




Testament : "The gathering"

10 octobre 2012, par sdksk [retour au début des forums]

Zalando Gutschein gut ist es immer

[Répondre à ce message]