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Slayer : "Seasons in the abyss"
Une journée en enfer

jeudi 18 décembre 2008, par Marc Lenglet

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On voit généralement en Seasons in the abyss l’album le plus accessible de Slayer. Un constat à prendre de manière toute relative, la violence intransigeante des quatre thrashers américains ne s’étant jamais démenti depuis leurs débuts. Avec Seasons in the abyss, on peut cependant affirmer que Slayer tourna définitivement la page de son adolescence musicale (oui, Slayer, comme tous les groupes, a eu une « adolescence ». Peut-être même une enfance, qui sait ?) pour s’incarner dans le format que tout le monde connaît aujourd’hui.

L’album précédent, South of Heaven, avait marqué une nette cassure dans l’évolution artistique de Slayer. Conscient que pousser rapidité et violence au-delà de la limite établie par Reign in blood pourrait s’avérer aussi risqué que contre-productif, Slayer prit la décision de ralentir la cadence, de composer davantage de chansons en mid-tempo et d’insuffler une plus grande mélodicité au chant d’Araya, jusqu’alors exclusivement composé de hurlements enragés. Un choix qui, de façon prévisible, suscita nombre de critiques mais n’empêcha pas South of Heaven de récolter un franc succès, y compris au regard de cette période faste pour le thrash-metal. Avec Seasons in the abyss, Slayer a choisi au contraire une voie médiane : le groupe se livre à un relatif retour vers la vitesse et l’agressivité de leurs débuts, tout en conservant les tendances vocales plus mélodiques de l’album précédent. Une optique musicale qui, à peu de choses près, est toujours en vigueur actuellement.

De ce cinquième album des maîtres du thrash, on retiendra surtout ses deux plus fameux points d’orgue qui, hasard, se situent aux deux extrémités de Seasons in the abyss. L’époumoné War ensemble tout d’abord est l’un de ces chefs-d’œuvre immortels du genre, qui aurait eu toute sa place au sein de Reign in blood, ne serait-ce sa production claire et carrée. Son statut d’ouverture traditionnelle des concerts de Slayer parle d’ailleurs d’elle-même. A l’autre bout, la chanson-titre, particulièrement mélodique et moins hargneuse que ce à quoi Slayer nous avait habitué, s’imprime elle aussi avec vigueur dans la mémoire. Entre ces deux compositions de haute volée, huit autre morceaux plus (Born of fire) ou moins (Dead skin mask) supersoniques et plus (Skeletons of society) ou moins (Spirit in black) inspirés, qui dissertent avec gravité des obsessions traditionnelles de Slayer, à savoir la guerre, le vice, les gangs sans foi ni loi et la généralisation de la corruption humaine. Et c’est peut-être à ce niveau qu’on peut être, non pas déçu mais sans doute légèrement insatisfait. Ces compositions sont brutales à souhait, offrent une démonstration de maîtrise technique admirable mais restent souvent un peu linéaires et prévisibles, en dépit de l’alternance maîtrisée entre les tendances Reign in blood et South of Heaven. Il s’agit ici d’une fournée de très bon Slayer... Mais certainement pas de Grand Slayer.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

essays
(1/1) 22 octobre 2012, par essays




essays

22 octobre 2012, par essays [retour au début des forums]

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essays

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