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Savatage : "Edge of thorns"
Toutes guitares dehors

mercredi 18 octobre 2006, par Geoffroy Bodart

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Vous rêvez d’avoir de longs cheveux noirs ondulant au vent et une touffe digne d’un grizzli sur le poitrail ? Chevaucher une grosse mécanique vrombissante est votre fantasme inavoué ? Vous zyeutez en douce les pages cuir et chaînes du catalogue 3 Suisses ? Vous ne pouvez vous épanouir que dans une salle de concert qui sent bon la bière, l’huile de moteur et la sueur ? Vous avez les muscles de la nuque hypertrophiés pour cause de headbanging ? Comment ? Vous ne connaissez pas Savatage ?

On peut en convenir, cette présentation, si elle a au moins le mérite d’être parlante, est finalement assez réductrice de la musique du groupe. D’un côté, Savatage, c’est bel et bien du hard dans ce qu’il a de plus primaire et de plus trippant : des riffs tapageurs, des soli tout simplement essentiels, un chant tout en puissance, un sens de la mélodie jamais pris en défaut. Mais d’un autre côté, il y a dans cet album de 1993 ce petit quelque chose qui fait la différence entre un excellent disque et un indispensable : l’âme. Car ce disque transpire la générosité, le plaisir de faire de la bonne musique, et la nécessité vitale d’en découdre sévèrement.

Dès les premières secondes, tout ça se ressent. L’irrésistible mélodie au piano qui ouvre le titre éponyme, ces guitares qui déboulent et ce chanteur habité résument toute l’histoire de l’album et de ses membres. D’un côté Jon Oliva, ancien chanteur à la voix brisée par les éprouvantes dernières tournées, donne tout ce qu’il lui reste en s’investissant dans les claviers et la composition alors qu’il n’est même plus repris dans le line-up officiel. De l’autre son frère Criss, à la guitare, allait décéder dans un accident de voiture quelques mois après la sortie du disque. En écoutant ses incroyables interventions sur cet opus, des paroles telles que "so we end a chapter and let the stage lights fade" prennent tout leur sens. Et au beau milieu se débat Zak Stevens, le petit nouveau, le chanteur fraichement recruté, qui semble trouver sa place avec un naturel déconcertant. Il n’en fait pas de trop pour essayer de s’imposer. Il se lâche complètement et imprime sa touche à la musique des frangins. Bref, il donne l’impression qu’il fait partie du groupe depuis toujours.

Quant aux compositions, elles enchaînent morceau de bravoure sur morceau de bravoure sans jamais faiblir. Du final éblouissant de démence pure de He carves his stone en passant par le solo tout en finesse de Follow me, sans oublier l’apothéose de noirceur que constitue le malsain Conversation piece (qui traite d’automutilation sur un ton qui n’a rien de frimeur ou d’opportuniste), chaque titre mérite de rentrer dans les annales. Même les deux ballades qui, si elles ne constituent pas le sommet artistique de l’album, se paient le luxe d’être poignantes sans jamais en faire de trop (bon d’accord, All that I bleed ne fait pas dans le subtil, mais il faut bien ça pour souffler entre Conversation piece et Damien, autre pièce de choix au riff étouffant).

Alors ? Savatage, meilleur groupe de hard de tous les temps ? Non, quand même pas. Des défauts, il n’y en a aucun de majeur, mais ça reste un album dans le style de ce qui se produisait par brouettes entières à l’époque. Bien que cet album soit un des meilleurs dans la masse, et qu’il s’autorise quelques échappées plus ou moins audacieuses (comme, notamment, les deux instrumentaux qui encadrent Follow me), il n’a pas une vocation de messie appelé à convertir tous ceux qui taxent, parfois un peu rapidement, les groupes ressortant de cette mouvance d’artificialité. Mais pour les autres, il constitue un des ces disques sur lesquels le temps semble ne pas avoir de prise, qui se réécoute régulièrement avec un plaisir jamais effrité.



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Geoffroy Bodart





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Savatage : "Edge of thorns"
(1/3) 5 novembre 2016
Savatage : "Edge of thorns"
(2/3) 25 octobre 2006, par trukmuch
Savatage : "Edge of thorns"
(3/3) 18 octobre 2006, par N




Savatage : "Edge of thorns"

5 novembre 2016 [retour au début des forums]

I think, it’s a nice idea to listen to this music. Thanks for sharing this wonderful reviews. - Paradise Home Improvement Charlotte

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Savatage : "Edge of thorns"

25 octobre 2006, par trukmuch [retour au début des forums]

Certainement un des meilleurs albums du groupe , avec Handful of rain et Wake of Magellan. Pour ceux qui voudraint decouvrir, ecouter les trois albums cités pour la periiode "zak stevens" et Gutter Ballet pour la periode "jon oliva". Aujourdh’ui savatage n’est plus vraiment un groupe a part entiere, mais CIRCLE II CIRCLE, le groupe de Zak Stevens continue la legende.

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Savatage : "Edge of thorns"

18 octobre 2006, par N [retour au début des forums]

Savatage... Excellent...

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