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Pantera : "Vulgar display of power"
Pan dans la gueule !

mardi 4 avril 2006, par Marc Lenglet

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Rarement la pochette d’un album aura été si représentative de son contenu. Un poing qui s’écrase à pleine vitesse sur une mâchoire aussitôt déformée par la puissance de l’impact : c’est exactement l’effet produit par ce disque à haute teneur explosive, qui a su révolutionner à lui seul le metal au début des années 90. Après avoir pratiqué un style musical qu’ils ont toujours préféré passer sous silence (si, si , du glam à paillettes), Pantera devint en l’espace de deux albums (re)fondateurs du genre, l’un des, si pas le plus important des groupes hard de cette période.

Aussi féroce que virtuose, Pantera ne s’est jamais positionné ni parmi les groupes heavy (trop lourd), ni réellement parmi les groupes trash (trop lent) ou hardcore (trop mélodique). Ces tentatives taxinomiques n’ont finalement guère d’intérêt. Il suffit de savoir que Pantera a su, sinon inventer, du moins populariser un son et un style qui n’allaient pas tarder à recevoir le qualificatif de power-metal, du nom d’une de leurs précédentes exactions. Et quelque chose de nouveau et d’excitant, le metal en avait un besoin criant à cette époque.

Vers la même époque, on trouve certes Slave to the grind de Skid Row pour caracoler au sommet des charts, mais le rock gouailleur de la bande à Sebastian Bach n’a que peu en commun avec le metal chauffé à blanc des Texans. Au moment où Metallica et beaucoup d’autres commençaient mine de rien à s’adoucir, Pantera présenta à la face du monde une des œuvres les plus virulentes du début de la dernière décennie, réconciliant avec le metal toute une génération d’amateurs de gros son abandonnés à leur triste sort. Jamais un album aussi brutal et abrasif ne récolta un succès aussi phénoménal, devenant même l’album le plus extrême à avoir jamais réussi à gagner le sommet des charts américains.

Bien davantage que le déjà très bon Cowboys from hell, Vulgar display of power est abrupt, excessivement agressif, d’une impitoyable puissance. Les morceaux tranchent dans le vif, vont droit à l’essentiel (souvenez-vous du poing sur la jaquette... !) et ne s’embarrassent pas de circonvolutions artistiques et autres fanfreluches. Mais en même temps, ces décharges d’énergie boostées à la colère restent d’un très haut niveau technique et mélodique, principalement dus à l’inoubliable feeling musical du regretté Dimebag Darrell. La bête renferme en outre l’essentiel des classiques de Pantera : les formidables Walk, This love ou Mouth for war surent établir pour longtemps les standards de la musique dure des années 90.

Phil Anselmo, hurleur caverneux et désaxé, use et abuse de thématiques revanchardes, de frustrations enfouies, de regrets et de fureur mêlés, dans une quête de puissance et de domination à la limite de la démagogie. Aussi à l’aise dans les outrances métalliques (le sanguinolent Fucking hostile) que dans les ballades les plus glauques et plombées (Hollow), Anselmo symbolise la facette la plus sombre et auto-destructrice du groupe. Celle qui conduira au split quelques années plus tard et, indirectement, peut-être à l’action récente d’un déséquilibré inapte à faire la part des choses entre colère à vocation artistique, et violence aveugle.

Conscient d’avoir jeté dans la mare un pavé si lourd qu’il mettrait un certain temps avant de remonter, Pantera allait avoir la bonne idée de ne pas chercher à réitérer scolairement l’exploit de Vulgar display of power, préférant aborder ses albums suivants dans un esprit différent, avec plus (Far beyond driven) ou moins (The great southern trendkill) de réussite. Reste que Vulgar display of power n’a aujourd’hui pas pris une seule ride, portant toujours haut le flambeau d’un metal brillant, puriste, intègre et déterminé à en découdre avec l’univers entier. De telles formations pourraient-elle encore rencontrer un tel succès aujourd’hui ?



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Pantera : "Vulgar display of power"
(1/3) 24 décembre 2010, par Nicodick
Pantera : "Vulgar display of power"
(2/3) 24 décembre 2010, par Nicodick
Pantera : "Vulgar display of power"
(3/3) 6 avril 2006, par B.L.Sam




Pantera : "Vulgar display of power"

24 décembre 2010, par Nicodick [retour au début des forums]

Plus ou de moins de réussite avec far beyond driven....c’"est juste leur plus gros succes commercial.

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Pantera : "Vulgar display of power"

24 décembre 2010, par Nicodick [retour au début des forums]

Le power metal n’a rien a voir avec Pantera... j’entend cette erreur depuis des années tout ca pc un de leur premiers albums sapelle pantera.. NOn NOn le power metal c’est MAnowar, hellowen , blind guardian , edguy..

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Pantera : "Vulgar display of power"

6 avril 2006, par B.L.Sam [retour au début des forums]

Il est vrai que la sortie de cet » alboum » fut une grosse patate dans la tronche de la plupart des amateurs de hard qui commençaient à se sentir de plus en plus blasé par l’overdosage de groupes qui débordaient de moins en moins d’inventivité. Mais Pantera et son Dimebag foudroyant a solidement remis les pendules à l’heure. Perso, Dime & la Black Label Society de son pote Zakk wylde ont tout simplement changé à jamais la face du métal en le rendant hormonal et musical, autant respecté par les bouffeurs de chauve-souris que les musiciens de jazz, tellement ces groupes étaient en place musicalement et intègre stylistiquement !

Je ne formulerai peut-être qu’un petit regret quant aux sons des guitares un peu trop compressées genre en nid d’abeille, mais bon le live est là pour donner une dimension plus ouverte aux grattes de Dime...putain...Dime...tu me manques, vieux :o(

S.D.M.F.

B.L.Sam

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