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Megadeth : "Youthanasia"
Entrée aux soins palliatifs

dimanche 23 mars 2008, par Marc Lenglet

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Parfois injustement considéré comme un simple suiveur de Metallica (alors que ses premiers albums en remontreraient sans problèmes aux Four Horsemen), Megadeth adopta pourtant plus ou moins le même plan stratégique que ces derniers au cours de ces années 90 si douloureuses pour le metal. Suivant en cela son vieux rival de quelques années, Megadeth connut une évolution radicale au cours de cette décennie, devenant peu ou prou ce qu’on considéra parfois comme une symbiose bâtarde de metal et de rock alternatif. Comme Metallica également, cette transition ne se déroula pas dans les meilleures conditions, ni commercialement ni artistiquement, et les deux groupes perdirent pas mal de plumes dans l’aventure, tant auprès des fans que des critiques.

A compter de Youthanasia (voire même, dans une certaine mesure, de Countdown to extinction), en 1994, Megadeth cesse d’être un pur groupe de thrash pour se tourner vers un hard rock bien plus conventionnel. Les causes de cette nouvelle orientation qui, inutile de le préciser, devait profondément diviser les fans, sont à chercher à la fois du côté d’une nécessaire adaptation à la nouvelle donne musicale, mais également à une demande du producteur Max Norman, qui souhaitait que tous les titres de Youthanasia soient joués sur le même tempo. Il en résulte un album nettement moins rugueux qu’auparavant, limite radio-friendly de temps à autres. Heureusement, Youthanasia n’en devient pas monotone pour autant, tant il peut compter sur une décennie de maîtrise du sujet de la part du légendaire line-up Mustaine/Friedman/Ellefson/Menza, ainsi que sur quelques pistes mémorables... A commencer par le fameux A tout le monde. Bien qu’elle ait toutes les caractéristiques pour filer une sérieuse crise d’urticaire aux plus hardcore des vieux fans du groupe, cette chanson ne démérite certainement pas son statut de plus célèbre hit de Megadeth, et son refrain en français contribua fortement à son succès dans nos vertes contrées. A noter qu’avec sa thématique traitant du suicide ou, plus généralement, d’un adieu à l’existence, A tout le monde se retrouva sur la sellette fin 2006 pour avoir soi-disant inspiré Kimveer Gil, responsable d’une fusillade dans un collège de Montréal, qui avait clamé sur son site web avoir longuement écouté la chanson avant de passer à l’acte.

Parfois épiques (Elysian fields), parfois sèches et saccadées (Train of consequence, l’excellent Reckoning day), les morceaux de Youthanasia offrent un rendu assez différent des précédentes productions du groupe, différence que l’on doit notamment à l’enregistrement effectué un demi ton plus bas que la manière traditionnelle d’accorder basses et guitares. Curieusement, plus que par ses pièces les plus énergiques (autant plonger sur l’hallucinant Rust in peace si c’est ce genre-là qu’on recherche), c’est par ses compositions les plus noires que Youthanasia marque les esprits (A tout le monde bien entendu, mais aussi les superbes Blood of heroes et Family tree).

Bien davantage que Countdown to extinction, Youthanasia reste l’album de la rupture pour Megadeth, l’instant stratégique où il tenta de se débarrasser de son étiquette de groupe de metal à l’ancienne. Si le résultat global reste dans l’absolu une relative réussite, Youthanasia est tout de même loin de générer la même excitation et le même sentiment d’urgence que ses illustres prédécesseurs. Une bonne moitié des pistes s’écoule sans susciter d’autre réaction qu’un respect sincère pour la performance technique des musiciens. Youthanasia manque un peu de punch et seules ses compositions les plus passionnantes parviennent à gommer le léger sentiment de mollesse qui domine l’album. Au contraire du Black Album qui, changement de registre ou pas, demeurait un album de très haute volée, Youthanasia fait partie des réalisations dont on écoute une bonne moitié des plages avec un plaisir toujours renouvelé mais dont on zappe purement et simplement l’autre moitié. Rien qui s’apparente à un cuisant échec donc, mais pas davantage d’éléments pour qu’on puisse le qualifier de franche réussite. Pour tout ceux qui cherchent un bon album de heavy, calibré comme il faut et relativement simple à écouter, Youthanasia est un choix qui en vaut un autre. Mais de grâce, ne réduisez pas Megadeth à cet album, ce serait tout bonnement criminel !



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Megadeth : "Youthanasia"
(1/3) 24 mars 2008, par vehau
Megadeth : "Youthanasia"
(2/3) 24 mars 2008, par rico
Megadeth : "Youthanasia"
(3/3) 24 mars 2008




Megadeth : "Youthanasia"

24 mars 2008, par vehau [retour au début des forums]

Bizzarement, j’aime beaucoup cet album, que je trouve très homogène et qui ne donne pas du tout envie de zapper des pistes, bien au contraire. Il faut l’écouter de bout en bout, tous les morceaux possèdent un petit quelque chose en plus qui en font de très bons titres.

Bien sur, ce n’est pas du trash, mais ça reste un excellent album, plus accessible qu’un Rust In peace, ce n’est peut-être pas le meilleur de Megadeth, mais c’est celui que j’écoute avec le plus de plaisir.

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Megadeth : "Youthanasia"

24 mars 2008, par rico [retour au début des forums]

Le début du déclin. Où countdown filait encore le frisson, là, on s’endort. Et c’est terrible car on réessaye de le réécouter ; on se dit qu’on est quand même loin des catastrophes les plus récentes... que ça date ! mais non, il en ferait presque parti.
Espérons que les soubressauts des deux derniers albums soient annonciateurs d’une hargne retrouvée.

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Megadeth : "Youthanasia"

24 mars 2008 [retour au début des forums]

Ouarrrrf !!!! l’accordage un demi-ton en-dessous apporte une originalité au son de megadeth ? Faut pas exagérer non plus. Toutes les formations de heavy-mental en usent. C’est aussi courant que les cheuveux longs chez ces groupes là.

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