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Judas Priest : "Painkiller"
The Devil inside

vendredi 22 avril 2011, par Vincent Ouslati

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"Et toi, à tout prendre tu choisirais quoi comme album ultime, celui à emporter en Enfer dans ton baluchon de pêcheur éternel, un album, pas plus, un qui ferait le lien entre ta vie terrestre maudite à jamais et ta réclusion dans un néant interminable ? - Oh moi, sans hésiter beaucoup, je prendrais Painkiller..."

What else ?, comme dirait le beau gosse... Quoi d’autre voulez-vous emporter dans le dernier rafiot sur le Styx ? Quoi d’autre que cette espèce de monument, celui forgé par Odin, et psalmodié par le dieu du métal en personne, en chair et en clou, Rob Halford. On en a tellement raconté sur ce disque, qu’il ridiculisait tout ce que le heavy avait gerbé depuis deux décennies, qu’Halford n’est pas humain, que Scott Travis tape sa batterie avec des os de brontosaures loués au British Museum, que Painkiller sera utilisé dans les centres de réanimation en lieu et place de la traditionnelle baffe du médecin-chef.

Tout cela est vrai !

Contons l’histoire d’un dénommé John qui se promène sur Trafalgar Square, écoute son gentil dernier disque de Norah Jones sans penser à mal. Il est heureux John, et lorgne la statue du manchot-unijambiste Amiral Nelson que les pigeons ornent de nouvelles médailles chaque matin. Soudain, la colonne tremble sur ses fondements et surgit des entrailles de la terre un son affreux, martelage insensé d’un gnome géant sur des peaux de sacrifiés humains, des bretteurs cornus l’entourent et un troll chauve et clouté, non content de tripoter d’obscène manière notre bon amiral, lance des cris diaboliques du haut du monument.

John est effrayé, veut se tirer, cherche un taxi, il ne supporte pas ces sons, commence à sentir une envie pressante au niveau du pantalon. Un autre infernal personnage l’en empêche à l’aide d’une grosse basse d’acier, et l’ensère dans ses cordes. Il se dit que c’est la faute de Norah Jones et jette son MP3 ainsi que son portefeuille aux êtres infernaux.

Le chauve, qui semble être le chef, se gausse, et après avoir fini de souiller l’amiral, enfourche une énorme Harley Davidson et dévale la colonne non sans contentement.
Et toujours ces cris de goule, ce tapage diurne qui n’en finit plus, notre ami tente de protéger ses oreilles qui saignent, mais ses mains ne lui répondent plus. De longues minutes de cet enfer et les êtres obligent notre pauvre John à les suivre, telle une patrouille de l’Enfer, ils sortent pour ce faire d’énormes flingues, les brandissant sous le nez de leur captif.

Ils pénètrent sous la statue par la brèche qui fume et emplit l’air de soufre, irrespirable, mais la patrouille poursuit ses cris et sa fanfare antéchristique, John a déjà fait deux fois sur lui, et le liquide lui manque désormais, surtout dans cette atmosphère suffocante. Le rebelle de cuir le met en joue maintes fois, par jeu, par provocation, par amusement. Le captif commence à sentir de curieuses sensations en lui, et cela n’a rien à voir avec son caleçon souillé, non. Il commence peu à peu à ressentir autre chose que de la peur, il ressent du plaisir, il sent ses membres se raidir, son palpitant s’accélère, John est excité et amorce d’incontrolables mouvements du cou.

Le métal surchauffé qui s’étale sur les parois tout le long du chemin lui provoque des hallucinations, John perd le sens de la réalité, se délecte de cette puissance dégagée par ses gardiens. La petite troupe chenille dans la nuit artificielle, il se défait de ses vêtements, incommodé par la chaleur, il voit surgir sur sa peau des clous, des chaines lui serrent la taille, son epiderme devient noir et brillant, il crie de terreur, mais cette nouvelle peau le prend totalement, fait corps avec lui.

Se sentant perdu entre le marteau et l’enclume, John s’estime curieusement bien, et redemande de ce traitement infernal, de cette marche sans fin dans des tunnels de feu et de fer.
Comme touché par le démon, John accepte un pacte, essuie des lunettes depuis longtemps disparues et prend la tête de la troupe, brandissant avec force gestes ses oripeaux du Mal, ses gardiens le laissent faire, et poursuivent leur orgie sonore dans cet ailleurs maléfique. Une bataille hymnique s’opère dans ces souterrains, un dernier coup glorieux avant la remontée.

Puis plus rien.

Il se réveille le lendemain dans son lit, dans sa petite mansion près du musée Tussaud. En sueur, totalement nu, il sort d’un rêve, mauvais rêve certes mais rien de tout cela n’était réel. Prenant son café décaféiné debout dans sa cuisine, il allume son iPod afin de s’accompagner durant la pénible séance de transports en commun quotidienne. Des sons horribles sortent de l’appareil, des sons que John connaît, tout lui revient, Painkiller ne l’a pas abandonné et le suivra désormais toute sa vie durant. Bref, John est niqué, et il en redemandera, encore et encore.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Judas Priest : "Painkiller"
(1/1) 24 avril 2011




Judas Priest : "Painkiller"

24 avril 2011 [retour au début des forums]

Un album incroyable, avec une batterie de tueur, des guitaristes époustouflants (le solo de Painkiller, le riff de Leather rebel, a touch of evil,.....) et Rob en toute grande forme, le meilleur album du Priest selon moi !

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