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Judas Priest : "Meltdown ’98 live"
Fan attitude

mardi 7 juillet 2009, par Vincent Ouslati

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Les années 90 s’achèvent, Judas Priest patauge dans la semoule, Rob Halford n’en finit plus de bouder et se partage entre ses bons (Fight) et médiocres (2wo) projets personnels. Son absence est en passe de faire couler la barque, le reste de l’équipage a beau ramer, sans capitaine valable point de salut. Si on veut éviter de se prendre le violent récif de l’oubli dans la coque, il va falloir rapidement trouver un être humain capable de tenir la comparaison avec le Metal God...

Éprouvant chemin de croix en perspective... Mais ce serait sans compter sur un certain Tim Owens, l’homme au postérieur baignant dans un plat de nouilles de la taille de la mer méditerranée. Oh qu’il aime Judas Priest, vénération, adulation, Halford est son dieu, son panthéon galactique n’est habité que par des références mystiques aux chansons du groupe. Il se donnera son nom de scène ("The Ripper") en rapport avec un titre de Sad wings of destiny. Il s’y croit dans la cour des grands, mais pour le moment, il est que dalle notre gentil chanteur. Un soir de 1996, Owens et son cover band, British Steel (ah bah il est fan quoi) se produit dans un petit club minable d’Erie en Pennsylvanie. C’est alors que Madame la Fée intervient dans la vie de Tim "born to be Rob" Owens.

La fée, c’est la copine du moment de Scott Travis (batteur de Judas Priest) qui, impressionnée par la performance du chanteur, enregistre la prestation et s’en va rapporter tout ce qu’elle avait vu et surtout entendu. Audition de rigueur, et Owens intègre le Priest sans autres formalités. Après 6 ans et 200 imitations de Rob Halford à se farcir, Downing & Co ressentent comme un profond soulagement au niveau de leurs conduits auditifs. Voilà notre converti de même pas 30 ans qui rejoint le groupe de ses fantasmes, celui dans lequel il s’est rêvé depuis ses premiers boutons sur la figure. Quel fan n’a jamais désiré rejoindre son gourou, participer à l’ambiance des tournées, signer des autographes, taquiner de la groupie attirée par l’odeur de la sueur de star ? Timmy a atteint ce but, autant dire qu’il pouvait s’immoler par le feu juste après.

Son arrivée amène les deux bretteurs de luxe à durcir le ton, on repart de Painkiller, mais en plus lourd, en plus sanglant, basta de mélodique et de finesse, il est temps de mettre les deux pieds sur l’accélérateur si l’on veut tenir le rang face à ces puceaux de Pantera et autres Machine Head. Résultat, Jugulator, bourrinage presque ininterrompu sans beaucoup de saveur. Owens se démerde comme il peut avec ce qu’on lui donne à hurler, mais autant se la péter sur Breaking the law c’est assez facile, autant sur Brain dead, faut vraiment mettre en jeu sa piété pour convaincre.

Fort de ce fameux Jugulator dans les poches, le Prêtre de Judas s’en va t’en guerre, bien décidé à mettre encore une fois la pâtée aux suiveurs, le Metal God n’est plus là, Downing est pourtant convaincu que leur rejeton va cogner sévère en concert. Ledit rejeton n’en mène pas large à vrai dire, mais il a signé, alors coup de pied aux fesses qui porte bonheur, bises à maman et il se lance.

De fait, ce que ce double album retrace de cette grande épopée a de quoi mettre sur les genoux. Partagé entre les titres mythiques du Priest et les quelques nouveaux morceaux plus rentre-dedans de Jugulator, Owens, bien que pas toujours franchement à l’aise, se démène, prend possession d’un répertoire que l’on jugeait inaccessible pour le commun des mortels. Il faut entendre de quelle façon il s’emporte sur le final apocalyptique de A touch of evil, de quels coups de boutoirs il est capable sur Painkiller. Le gamin a mis ses roudoudous sur la table et malgré les maladresses, malgré les petits ratages, Ripper y va sans se poser de questions, il y croit, heureux comme c’est pas permis avec son gros joujou rien qu’à lui.

Confiant en ses octaves, il est parfois bluffant, notamment sur les classiques, Electric eye, Living after mindnight, émouvant même sur la fameuse reprise de Joan Baez, Diamonds and rust. Titre repris par un public visiblement heureux d’être là, et si pas totalement convaincu, au minimum conquis par ce mec qui leur ressemble, juste un fan, comme eux, capable de rendre un tel hommage à leur dieu commun.

Notre petit bonhomme a atteint un rêve fou, et ce live est sans aucun doute la meilleure production du Priest période Ripper, jeu parfait, set list aux petits oignons, son énorme. Ça ne durera malheureusement pas vu qu’il quittera son groupe aimé (en bons termes semble t-il) et rejoindra Iced Earth pour l’enregistrement de The glorious burden en 2003.

Owens, contrairement à l’incompris Blaze chez Iron Maiden, parviendrait presque à nous faire oublier son grand prédécesseur/successeur. Certains pourront toujours râler que c’est pas comme Halford et que c’est honteux et pis qu’il chante mal d’abord. Objection retenue, mais Ripper mérite vraiment que l’on s’attarde sur ses années priestiennes, et ce afin de reluquer un simple admirateur qui aura atteint d’un coup d’un seul le sommet de la chaîne alimentaire.

La sympathique aventure d’Owens au sein de Judas Priest a aussi influencé le navet (et bidesque) film Rock Star, avec Mark Wahlberg et Jennifer Aniston, mais aussi Zakk Wylde et Jason Bonham en tant que guests. Une curiosité, quoi.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Judas Priest : "Meltdown ’98 live"
(1/1) 7 juillet 2009




Judas Priest : "Meltdown ’98 live"

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On lit déjà le Ouistiti chez lui...

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