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Deep Purple : "The battle rages on"
Je t’aime pas, moi aussi.

vendredi 15 octobre 2010, par Vincent Ouslati

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Rarement une illustration de pochette n’aura aussi bien dépeint un album, une ambiance. Ce dragon bicéphale se disputant l’essence du Pourpre Profond, ces relents de mésententes ravalées sous pression des managers de maisons de disques. Il fallut en gober des couleuvres, accepter un deal improbable après tant de haine et de mots d’oiseaux entre ces deux têtes historiques du groupe. Encore une fois, l’on rabiboche artificiellement Blackmore et Gillan et encore une fois, l’artifice est éclatant.

Il fallait fêter le quart de siècle de Deep Purple, avec flonflons, gâteaux crémeux jusqu’à l’overdose et bien sûr un line-up qui soit digne des vertes années. Le point noir ne venant aucunement de la qualité du pâtissier ou de la décoration, c’est bien au niveau de la formation que le bât blesse. Après la reformation réussie de 1984 et l’inespéré Perfect strangers, Blackmore a de nouveau joué sa diva, renvoyant Gillan dans ses projets personnels. Un ami (Ritchie peut avoir des amis...) en la personne de Joe Lynn Turner reprend le poste de chanteur et Deep Purple joue à du sous-Rainbow avec Slaves and masters.

The battle rages on doit logiquement être pourvu du même line-up, mais les tatas de la major ne l’entendent pas ainsi. Appuyant là ou ça fait mal, soit sur le portefeuille principalement et diverses menaces de jeter le groupe à la rue, il faut plier et entrer en studio nous bidouiller un bon album de hard.
Sur ce, on enferme Turner dans un placard, le temps de donner les parties de chant à Gillan enfermé dans un autre placard, pas beaucoup plus commode. Ça sent le sapin, cette affaire. Dès le départ, c’est parti pour du vieux rock de vieilles stars, capricieuses et blasées. Les colères passées faisant le reste, on va vers le four.

Mais voilà que non, The battle rages on n’est pas honteux. Si l’on sent cette pointe mauvaise de déprime tant dans les soli de Blackmore que dans l’interprétation de Gillan, la sauce prend et offre même une agréable saveur sur trois titres. Prenons déjà la chanson-titre qui ouvre la petite fête, Ian Paice s’agite furieusement par une frappe mammouthesque sur sa batterie, l’orgue lordien prend des accents funéraires en fond de scène, Glover peaufinant l’ambiance. Et vient notre vieux couple, vingt kilomètres de distance entre les deux, jouant dans leur coin de studio en tirant des tronches de bouledogues nains. Mais ils assurent, professionnels et rodés, offrant un titre pêchu de heavy-rock mélodique, entrainant et sans âge.

Anya est de fait nettement plus impressionnant puisqu’il se place au rang de tube intemporel ce qui, vu l’ambiance tontons flingués s’apparente à un miracle. Mais cette guitare cristalline et ces notes mélancoliques, ce riff simplement génial, un classique du hard, un classique de Deep Purple, ce qui revient au même vous en conviendrez. Dommage cependant que Gillan, sur le coup, ne soit pas très motivé. Ses gueulantes sur le refrain pourtant simple ("Aaaaaaaanyaaaaa, Annnnnnnyaaaaa, etc.") évoquent curieusement une longue suite de bâillements. Toujours cette conviction qui manque, et qui nous manque.

Solitaire joue sur le même registre, avec des distorsions sur la voix et un refrain encore une fois magistral. Lorgnant sur le hard FM par touches délicates, c’est un troisième incontournable, pas mal pour des types qui se crachent à la gueule en se croisant... Vous me direz que trois bons titres sur dix, c’est franchement pas terrible et que je m’excite pour rien, et que je me fous du public et que, et que. Disons que le reste est plus classique, ne provoquant ni remous, ni dégoût, c’est du Purple comme on l’aime (ou pas), énergique la plupart du temps et boogie dans les coins. Je citerai tout de même Twist in a tale pour son démarrage surpuissant, mais la suite reste trop convenue pour s’élever au niveau des autres plages précitées.

Voici donc ce qu’est l’album qui consacre vingt-cinq années de Deep Purple, des fulgurances, du classique, mais surtout beaucoup de mésentente, d’incompréhensions profondes. Des pointes de doute et de rancœur qui transpirent par toutes les écailles de notre vieux dragon. Avec plus de conviction et d’envie, cet album aurait été un essentiel indémodable. Il n’est que bon, malheureusement.



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Vincent Ouslati





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Deep Purple : "The battle rages on"
(1/1) 17 novembre 2015




Deep Purple : "The battle rages on"

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What we can never forget about this album are the songs which deliver catchy melodies. - Fred Wehba

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