Pop-Rock.com



X Japan : "Vanishing vision"
Les belles heures du speed nippon

samedi 3 octobre 2009, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
W.A.S.P. : "W.A.S.P."
Yngwie Malmsteen’s Rising Force : "Marching out"
Queensrÿche : "Operation : Mindcrime"
Led Zeppelin : "Coda"
Ozzy Osbourne : "Blizzard of Ozz"
Europe : "The final countdown"
Testament : "The legacy"
Iron Maiden : "Iron Maiden"
Scorpions : "Love at first sting"
Bathory : "Under the sign of the black mark"


On voit souvent dans les pratiques sexuelles japonaises une curieuse essence partagée entre frustration romantique et perversité débridée. La petite écolière à la courte jupette est un tabou d’une violente attractivité au point d’en faire un symbole érotique aussi basique que les lapines de Playboy. Ce monde qui se partage entre une compétitivité érigée en raison d’état et de profonds atermoiements individuels a toujours été parfaitement retranscrit par la musique d’X Japan. Groupe adulé dans son pays, l’oeuvre du compositeur, batteur, claviériste et pianiste Yoshiki ne percera malheureusement jamais vraiment ailleurs qu’en Asie. Injuste au vu de leur production et du talent surhumain d’une véritable légende du métal du Soleil Levant.

X Japan ne peut l’usurper ce titre de légende, qui comme souvent mêle à un talent déconcertant des personnalités tourmentées et sensibles. Yoshiki n’est pas le moins doué du groupe puisqu’il en est le géniteur et le coeur créatif. Déjà jugé talentueux, il se surpassera encore sur le fabuleux Art of life, pièce épique unique de près d’une demi-heure que le groupe publiera en 1993. Questionnements de la plus grande sincérité sur l’art de vivre, ce périple aux dizaines d’ambiances distintes est un condensé extraordinaire des capacités de composition d’X Japan.

En 1988, le groupe a déjà quelques années d’existence au compteur et lassé de voir sa musique rejetée par les producteurs (car jugée trop violente...), Yoshiri monte sa propre maison de productions et édite Vanishing vision. Bien dans le ton du Visual Kei dont le groupe sera un des fondateurs (mais qu’ils délaisseront peu à peu pour un look plus sobre), cet album à la production moyenne a déjà en lui tout d’un grand.

Des premières guitares de Dear loser aux ultimes larmoiements de Unfinished, X Japan sait dérouler une grandiloquence des plus écrasantes tout autant que la plus délicate des balades. Globalement d’une rapidité foudroyante, le groupe évolue très clairement dans un speed metal épico-romantique d’un sacré niveau.

Confession d’entre-filet, je n’appréciais pas vraiment ce groupe aux bout de quelques écoutes, trop appliqué, trop too much, trop mielleux, trop rapide. Puis le temps passant, l’application se meut en simple génie, la grandiloquence en confiance en soi, le mielleux en sensibilité, la rapidité en machine de guerre. X Japan vaut l’effort et lorsque l’on sait que Vanishing vision n’est qu’une succession de morceaux pour beaucoup déjà édités dans diverses compilations antérieures, la qualité déjà présente donne des sueurs froides.

Yoshiri est le maître à penser, mais aussi un batteur impressionnant, impeccable en concert, d’une puissance et d’une technique à faire douter le gras Portnoy. Tout aussi à l’aise au piano lorsqu’il se fend d’un tire-larmes avec le splendide Alive, il est peu de dire que le bonhomme est doué. Puis que ce soit le chanteur Toshi, déjà très à l’aise dans son rôle de leader furieux ou touchant, et surtout le guitariste Hide, petit prodige responsable de soli dantesques dont celui du bourre-pif Sadistic desire, nous n’avons là que des musiciens de haut vol et surtout très inspirés.

Plus discret mais tout aussi essentiel, Pata à la basse se fend même d’une des plus belles entrées en matière de l’album avec son introduction toute en funk de Give me the pleasure. D’autant plus injuste alors que ce groupe qui a tant fait pour la reconnaissance du métal au Japon ait été aussi snobé ailleurs. X Japan avait et a toujours de quoi enfoncer nombre de petits merdeux germains speed-métalleux, car ils mêlent à la simple rapidité d’éxécution une sensibilité que l’on ne peut mettre en doute. Loin des sempiternels pétages de potards d’un Helloween et de son contemporain fameux (mitigé pour mon cas) Walls of Jericho. Rien à voir avec la saucisse teutonne donc, la musique de nos japonais peut vous faire tirer des larmes, Toshi vous prend à la gorge par la douleur qu’il évoque, par ces quintaux de mal-être, de questionnements intérieurs aussi sublimement traduits.

Vanishing vision n’est pas le meilleur album de X Japan mais il peut se prévaloir d’un niveau de créativité et de maitrise si impressionnant qu’il ne pouvait augurer que du meilleur pour les années suivantes. De shows dantesques en albums toujours plus travaillés et fouillés, X Japan n’usurpera jamais sa couronne de groupe légendaire. Hide qui se "suicide" en 1998 (on parle plus désormais d’un stupide accident suite à une beuverie) verra confirmer la mort du combo jusqu’à une fraîche renaissance sous les coups de boutoir des fans nippons inconsolables. Inutile de dire que nouvelle offrande de leur part est attendue avec angoisse et espoir.



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

X Japan : "Vanishing vision"
(1/1) 4 octobre 2009, par Domino




X Japan : "Vanishing vision"

4 octobre 2009, par Domino [retour au début des forums]

Jolie Chronique , bravo bravo, je m’attendais pas a ca ici d’ailleurs...

Par contre, petite précision, Pata n’a jamais été a la basse dans X Japan.

Il a toujours été le second guitariste, à cette époque, la basse était tenu par Taiji. Taiji a part la suite quitté le groupe, remplacé par Heath a l’époque de l’album "Art Of Life".

Désormais, depuis la reformation, Heath est toujours le bassiste. Et en "plus" de hide, se trouve maintenant Sugizo (ex Luna Sea, Juno Reactor), 3ème guitariste du groupe.

[Répondre à ce message]