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W.A.S.P. : "The headless Children"
Phase transitoire

mercredi 1er juillet 2009, par Vincent Ouslati

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Jusqu’ici, W.A.S.P. est sale, bête et méchant, une confrérie de brutaux hideux, adeptes de l’efficacité basique et du tirage de poils de culs pour exciter le passant. Bas de plafond, provocateurs pour faire vendre leurs petits brûlots. Et mine de rien, l’enfant sans tête prend conscience à l’aube des années 90 qu’il a mieux à proposer, que l’avenir de sa bande de dégénérés passe par une mue conséquente. Bien lui en a pris.

W.A.S.P. se restreint dans son personnage de monstre de foire que l’on écoute sans l’admirer toutefois, que l’on regarde comme une bête curieuse échappée d’un quelconque zoo suburbain. Non pas qu’ils soient crétins, mais après un premier album (voir ici) s’apparentant à un uppercut dans le foie du Seigneur tout puissant, les suivants semblaient des pichenettes de sales gosses, enfoncés dans les mêmes rengaines qui à force, lassent. Ajoutons à cela les sempiternelles accusations et menaces de bûcher sur la place publique, c’en est trop pour notre Blackie Lawless qui opère un virage important.

Et pour ce faire, on change les cadres. Le line-up waspien ne brillera jamais par sa stabilité, mais le changement le plus notable sera l’arrivée de Frankie Banali (Quiet Riot) au poste de batteur. Plus technique, plus puissant aussi, cette recrue va imposer son jeu au reste du groupe et d’une certaine manière faire passer W.A.S.P. dans une autre sphère. Sans toutefois mettre au placard ce sens du tube immédiat qui fit le succès de la bande, Blackie impose désormais de nouvelles obligations. Arrêt des conneries et de la redite, maintenant les mecs on passe au niveau supérieur, on arrange, on améliore, on fait mieux, on devient bankable.

Ce changement de cap est une vraie surprise, mais le résultat est plus que brillant. The heretic est la réponse pleine de fiel et d’élégance de Blackie aux méprisants, l’angoisse suinte, de vagues chœurs fantomatiques se font entendre, puis Banali fait le boulot pour lequel il est payé, assommer le chaland qui doute, W.A.S.P. a changé, W.A.S.P. est plus puissant, plus "classe", plus mélodique, plus fouillé.

La reprise des Who, The real me poursuit dans cette revisite du monde waspien, le groupe a des références, le fait savoir, et rend hommage, l’on saura ce qu’il adviendra de cette passion pour Roger Daltrey, Townsend & Co dans les années qui viendront... Vient d’ailleurs le coup du maitre avec The headless children, l’introduction qui vire au mythique, angoissante en diable, parsemée de bruitages sauvages et malsains, la batterie qui tient le rythme, se pose, laissant les claviers entamer la bête et Holmes s’agite sur sa guitare pour lancer l’un des plus grands morceaux de heavy de tous les temps.

Blackie Lawless y est prodigieux dans ses vocaux (comme toujours), éternellement vicieux, singulier, sa performance me touche toujours jusqu’au scrotum tant ce timbre me tourmente et m’émeut. Les claviers ont pris une grande importance dans la musique du groupe, j’en prends pour preuve l’introduction de Thunderhead qui n’offre pas moins d’une minute de solo de clavier. Mean man est le titre le plus proche de l’ancien W.A.S.P., celui de The last command. Batterie rapide mais sans finesse, parties vocales typiques du genre, bon comme l’on aime le groupe avec le refrain toujours aussi jouissif et rentre-dedans. Le superbe Mephisto waltz, instrumental de près d’une minute et demie est sincèrement touchant, conjuguant les guitares d’Holmes et de Lawless dans une belle complainte, annonçant de fait la power ballade Forever free, le tube/single du disque.

Loin d’un Sleeping (in the fire), Forever free apparait comme plus FM que réellement heavy aux premiers abords. Elle n’en est pas moins réussie et Blackie sait parfaitement adapter ses vocalises à cet exercice de style. Typiquement années 80, on pourra y percevoir un peu de ringardise vu de notre glorieux XXIème siecle. Le refrain de fait vous confirmera la date de parution du bouzin, mais attendez 2 minutes 15 et le solo de guitare qui vous prend par derrière sans prévenir, Blackie qui hausse le ton et envoie valdinguer la supposée ringardise de la minute précédente, les soli majestueux, le final acoustique, cette batterie qui revient lancer le refrain et là, oui, on aime.

Maneater et Rebel in the FDG achèvent la transformation, rentre-dedans mais bien foutus, ils finalisent le tout de belle manière. Le groupe change d’époque et Blackie Lawless pense au futur, Chris Holmes s’en ira, trop bourré, trop dingue pour piger que le groupe doit évoluer ou mourir. Mais peu importe, Bruce Kulick viendra, Banali restera et Stet Howland ira apporter sa pierre au grand édifice qui se prépare. The crimson idol sera développé grâce au travail effectué sur cet album charnière et démontrera le talent de compositeur déjà ici incontestable de Lawless.

Si vous cherchez l’album qui assure à la perfection le mélange entre la folie des premiers temps et la maturité à venir, c’est The headless children qu’il faut aller chercher sans hésiter trop longtemps.

Une réédition propose quelques faces B de tout premier ordre, étonnamment bonnes et avec le son propre au Crimson idol, essayez de vous procurer cette version, les titres qui y figurent, que ce soit For whom the bell tolls, ou encore Lake of fools sont énormes.



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Vincent Ouslati





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W.A.S.P. : "The headless Children"
(1/1) 8 décembre 2015




W.A.S.P. : "The headless Children"

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Nice songs. This is perhaps, one of the best material they have done. - Marla Ahlgrimm

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