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Testament : "The legacy"
Panne d’oreiller

vendredi 11 juin 2010, par Vincent Ouslati

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Testament aurait pu mais non. Testament aurait pu rentrer dans le carré à coins des rois du thrash mais non. Testament aurait pu bâtir dans son coin un joli pan de la légende thrashisante, mais non. En cause, un gros retard à l’allumage... Chuck Billy et son gang se lancent en effet en l’An 1987 avec The legacy. Un lancement prometteur, mais malheureusement un peu tard.

Testament n’est pas le seul élève à avoir redoublé ses classes et raté de fait le diplôme. Artillery, Overkill et bien d’autres n’ont jamais eu que le défaut d’avoir débuté leurs carrières quelques années trop tard alors que les grands du genre avaient déjà fait le tour de la question en à peine quelques années. Le second écueil pour Testament étant d’ingurgiter les bombes de la Bay Area qui leur tombaient sur le coin de la guitare sans pour autant passer pour des suiveurs ou pires, de honteux copieurs peu doués. Entre ceux qui jugent The legacy de qualité et prometteur et ceux qui ne voient qu’une très mauvaise resucée du monument Master of puppets sorti un an auparavant, la guerre fait rage et elle est sanglante.

Mais votre serviteur se fout bien des conneries de professionnels moisis du thrash, Testament possède un son propre et une identité affirmée dès ses débuts. En partie grâce à un soliste d’exception en la personne d’Alex Skolnick et du déjà très impressionnant chanteur qu’est Chuck Billy. Vous irez bien m’emmerder en allant trouver un bout de riff qui vous dit quelque chose, une intro en arpèges qui sonne comme vous savez qui et gnagnagna. Mais merde, en 1987, le rouleau-compresseur des thrasheux historiques a déjà grandement balisé le chemin, rien d’étonnant alors à retrouver ça et là quelques similitudes.

Là ou l’on ne peut les prendre en défaut, c’est sur leur fougue et leur franchise. Alors que les soit-disant maitres à penser vont pondre daubes sur daubes dans les années 90, Testament lui va parsemer cette décennie de grands piliers de sa discographie (exception faite je dois l’admettre de The ritual en 1992, thrash plus gentillet un peu foiré). Évidemment le son est parfois un peu poussif et nos compères ont une telle envie de rattraper le temps perdu qu’ils ont rempli le disque jusqu’à la nausée. Indigestion de breaks délirants, grosse batterie incontrôlable, et Chuck Billy bien en voix qui hurle à la mort avec un soupçon de maîtrise en plus si on le compare à Hetfiled.

Mais premier essai, premiers incontournables avec le tryptique Over the wall, Burnt offerings et First strike is deadly, le reste étant non pas médiocre mais un soupçon trop brouillon pour passionner autant. Testament est à classer plus près de Metallica que de Megadeth dans nombre de domaines, je l’admets. Mais de là à gueuler au plagiat comme il est très commun de l’entendre est ridicule. Même époque, même goût pour un thrash brut et vierge de tous les ramollissements ultérieurs, il est trop facile de faire la fine bouche devant les débuts de Testament. Trop facile et finalement injuste devant l’envie bien réelle et sincère du groupe de démontrer ses capacités.

De plus, il entamait là une carrière globalement sans taches et même avec de vrais brûlots (notamment dans les années 90 alors que d’autres en étaient à Reload si vous voyez ce que je veux dire...). The legacy est recommandable, franchement recommandable même. Et si vous en avez un peu ras la couenne du matos trop daté, allez voir du coté de The gathering de dix ans son cadet. Vous comprendrez alors pourquoi Testament a raté de très peu sa place sur le podium.



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Vincent Ouslati