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Scorpions : "Blackout"
Perte de voix et trou noir total

samedi 8 janvier 2011, par Jean-Michel Deckx

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Vers la fin des seventies, les Scorpions se voient coller une solide réputation dans la sphère hard/heavy. En mars 1982 sort l’album Blackout, il s’agit de leur huitième opus qui, exceptionnellement, n’a pas été enregistré en Allemagne mais en France. Tout cela ne s’est pas fait facilement et a connu pas mal de retard. On peut même dire que cet album a bien failli ne jamais voir le jour. L’année précédant sa sortie, Klaus Meine connut en effet de très sérieux problèmes de voix. Ce qui est, il faut bien le reconnaître, désastreux quand on est l’une des plus grandes voix de la scène heavy-metal, voire même du rock en général. Grand retour en arrière avec ce classique de hard eighties.

Et quel album du groupe allemand chroniquer, si ce n’est peut-être le meilleur de sa carrière ? Comme expliqué plus haut, il s’en est fallu de peu pour qu’il y ait du remplacement au niveau du chant. En avril 1981, le groupe est au repos forcé pendant que Klaus Meine se fait opérer pour son problème de cordes vocales, très grave puisqu’il risque purement et simplement de perdre sa voix. Un certain Don Dokken (leader d’un obscur groupe de glam nommé Dokken) a été à un moment donné envisagé pour remplir cette lourde tâche. Deux opérations seront nécessaires, ainsi qu’une thérapie spéciale pour ses cordes vocales.

Les hostilités démarrent dès la chanson-titre. Blackout est une véritable tuerie, une décharge de hargne et de rage qui brise tout sur son passage (au sens propre comme au figuré, à l’écoute des dernières secondes). C’est tout simplement une petite merveille qui accroche l’auditeur en seulement quelques instants. D’ailleurs, pour quelle raison n’est-elle jamais sortie en single ? C’est la question que l’on se pose encore à l’heure actuelle ! Elle a cependant une très grande popularité dans le milieu du métal, et a fait l’objet de plusieurs covers (Stratovarius, Rob Halford, etc.). Bref, une première claque qui est loin d’être la seule dans ce domaine. Ca se calme légèrement avec le titre suivant, Can’t live without you (sorti en single), un bon morceau qui ne manque pas de nervosité, mais qui n’égale cependant pas la maestria de Blackout. No one like you (principal single) arrive tout de suite après. De gros riffs de guitare rythmique accompagnés d’un solo des plus aigus constituent l’intro. Le chant sur les couplets (quasiment acoustiques, on peut dire) est mélodieux tandis que le refrain se veut plus rugueux. A noter que le clip vidéo a été tourné dans la célèbre prison d’Alcatraz.

Matthias Jabs exécute la plupart des soli (une vraie bête en la matière) et laisse la place à Rudolf Schenker sur seulement trois titres. On trouve aussi deux autres morceaux bien hargneux : Now et Dynamite. Now, dont la durée n’atteint pas les trois minutes, est sans doute encore plus furieux et rapide que Blackout. Une pure sauvagerie dont le final est une véritable apocalypse. Dynamite (qui porte bien son titre) est aussi très puissant avec son super tempo speedé. En avant-dernière position, on a droit à un China white de presque sept minutes. Ce mid-tempo, à la structure complexe et aux riffs bien lourds, est d’une qualité toute particulière. C’est avec ce genre de titre que le terme "heavy" prend tout son sens. La première écoute étonne et surprend. L’auditeur devra l’écouter deux ou trois fois pour le cerner et y adhérer complètement.

Bien sûr, qui dit Scorpions, dit "ballades". C’est incontournable et inévitable. Un seul slow sur un album est vraiment le minimum syndical pour les Allemands. When the smoke is going down clôt le disque de façon magistrale. Les paroles évoquent ce que ressentent les membres du groupe une fois un de leurs concerts achevé, quand le public est parti et que la fumée redescend, lentement, sur la scène et la salle. Pour terminer, on a donc droit à une galette sans la moindre faille. Pas de titres bâclés ne servant que de remplissage. Neuf morceaux qui ne sont pas tous de qualité égale, mais allant du très bon au remarquable. Et, d’un point de vue purement personnel, c’est un fait assez rare qui mérite d’être souligné.

1982 ne fut donc pas la pire année en métal puisque The number of the beast d’Iron Maiden et Screaming for vengeance de Judas Priest sont sortis à la même période. Scorpions sortira Love at first sting deux ans plus tard. Un assez bon album, certes plus commercial, où l’on retrouve Rock you like a hurricane (leur hymne hard/heavy le plus connu) et surtout l’immense et célébrissime ballade Still loving you.



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Jean-Michel Deckx





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Scorpions : "Blackout"
(1/2) 18 février 2012, par Lahoma
Scorpions : "Blackout"
(2/2) 10 janvier 2011, par trou_noir




Scorpions : "Blackout"

18 février 2012, par Lahoma [retour au début des forums]

Ce billet a simplement répondu à mes attentes. Je n’avais que très peu cette façon de voir ce genre de problématique j’ai la sensation que je vais gagner en autonomie. merci !

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Scorpions : "Blackout"

10 janvier 2011, par trou_noir [retour au début des forums]

Blackout. voilà un disque qui porte bien son titre ! Scorpions victime d’amnésie, lui qui pourtant avait fait des miracles avec Ulrich Roth à la guitare quatre ans en arrière et deux bons disques avec Mathias Jabs, Lovedrive et Animal machinchose . l’album n’est pas mauvais en soit mais la bande à Meine est sur pilotage automatique et ça commence à tomber dans la routine et à sentir la redite. avec l’album suivant, ça sera le jackpot dans le monde entier (bonjour les $$$ !) mais la fin artistique du groupe (bonjour la maison de retraite !)

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