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Queensrÿche : "Operation : Mindcrime"
L’ultime Opéra-metal ?

mercredi 24 décembre 2008, par Vincent Ouslati

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Ah nostalgie... Nostalgie de ces tendres années qui virent le groupe américain proposer une de ses oeuvres maîtresses. Un condensé de talent comme peu ont marqué le monde alors naissant du métal progressif, et au-delà du rock dans ses grandes largeurs. Cet album, ce fut Operation mindcrime, absolue démonstration de génie et indépassable sommet du genre en cette fin de décennie.

Ma découverte de Queensrÿche est le fruit d’un de ces petits hasards dont les bacs à disquaires ont le secret. Ça remonte à quelques lunes, et je déambulais dans un gros magasin à vocation commerciale et culturelle, la fameuse FNUCK. A cette époque, j’étais jeune, encore naïf et pas vraiment aventureux sur le plan musical. Et bien qu’indiciblement attiré par ce nom curieux et vaguement sulfureux, j’en suis resté à lorgner la pochette d’un vague best of sorti à ce moment-là. Mais le nom m’est resté gravé entre deux neurones.

Jusqu’au jour où l’ami Internet est passé par là et j’entendis parler enfin de manière plus précise de Queensrÿche. Le conseil était clair, Operation mindcrime, sorti en 1988, était non seulement un disque fabuleux, mais plus encore un classique, de ceux qui font les discothèques des gens beaux et intelligents. L’on y disait aussi que c’était un concept-album découpé comme un film à l’intrigue bien foutue et rempli ras le bavoir de thèmes toujours d’actualité, (dictature, drogue, fascisme, manipulation de l’esprit, terrorisme...). Ni une ni deux, retour à grandes enjambées à la FNUCK, achat simultané d’Operation mindcrime et du live Operation livecrime, arrivée à la maison, enfilage de galette dans le lecteur et...

Je ne m’attendais à rien de cela, n’ayant strictement aucune idée de la moindre note, du moindre refrain, je me trouvais dans un état d’excitation proche d’une transe incontrôlable. Cette batterie, cette guitare, ce chant qui me faisait frissonner l’entièreté de l’échine, des spasmes au niveau des cervicales, et je n’en suis qu’à Revolution calling, il reste douze titres, douze pépites de cet acabit ?

Il est toujours harassant de supporter un texte totalement élogieux sur tel ou tel disque. L’auteur s’engluant peu à peu dans son propre enthousiasme. C’est exactement le cas ici, je voudrais poursuivre mon manifeste dégoulinant de superlatifs, je le voudrais au risque de vous irriter les rétines. Mais diantre que cet album est bon, touché par je ne sais quelle force supérieure lui ayant fourni tout le package nécessaire aux œuvres incontournables, parfaites. Pourquoi une telle alchimie a t’elle créé Operation mindcrime ? Notez les ingrédients de la recette, vous n’en aurez pas de pareilles tous les jours.

Mettez Geoff Tate dans un studio, soit l’un des plus fameux chanteurs de heavy toutes époques confondues (compositeurs et paroliers pour ne rien gâcher), incluez des gratteux efficaces et doués, Chris de Garmo et Mickael Wilton, un bassiste audible pour le meilleur en la personne de Eddie Jackson et un batteur fulgurant de maîtrise, Scott Rockenfield. Enfin, laissez mijoter tout ce petit monde sur un concept aussi brillant que celui de cette fameuse opération Mindcrime.

Histoire, Nikki est un junkie, un paumé rejeté, traduisons par une larve. Celui qui n’est alors rien entre en contact avec une organisation anarchiste, dirigée par le Dr. X, qui va utiliser sa nouvelle recrue pour abattre des politiques et autres sommités du gouvernement dans le but de prendre le pouvoir. En cela, il shoote Nikki à grosse doses, assisté par une bonne sœur (Sister Mary), ex-prostituée de son état dont Nikki finit par tomber amoureux. Désireux de juger la loyauté du jeune meurtrier, il l’enverra buter la sœur aimée (l’enfoiré...), Nikki ne pourra s’y résoudre. Sister Mary finira pourtant par être assassiné en guise de représailles, et Nikki termine ses jours dans un asile d’où ses souvenirs le hanteront à jamais. Bien troussé, ce film sonore a les qualités intrinsèques d’une bonne pellicule, de l’action, des grands sentiments, de la réflexion, des moments douloureux, un vrai salaud, un vrai manipulé, de l’amour.

Operation mindcrime a surtout l’avantage conséquent d’inclure une histoire complexe sans pour autant rendre indigeste l’ensemble. Résultat, rien ne vous oblige à écouter l’intégralité d’une traite pour apprécier le travail musical. Écoutées indépendamment les unes des autres, les pistes se révèlent toutes ou presque des tubes en puissance, ayant chacune leurs spécificités, mais conservant toujours un fil entre elles.

Quelques pépites parmi ce trésor, difficile tant l’album est dense mais les petites préférées seraient Revolution calling, Speak, The mission, Suite sister Mary, I don’t believe in love, Eyes of a stranger, et encore les autres, je le répète sont aussi à pleurer de joie. Rares sont les prouesses ou les effets incroyables dans cet album, mais le groupe maîtrise tellement bien son sujet que la machine tourne rondement et diablement bien.

Plus précisément, des titres comme I’don’t believe in love ou Eyes of a stranger sont des incontournables. En une intro, on place le décor puis Tate vous envoûte tranquillement avant de vous décocher une envolée lyrique propre à raser un HLM aussi sûrement qu’une tonne de TNT. Des défauts, (mgnhmghn) certains titres ont tout de même pris un petit coup de vieux et montrent quelques rides, Operation mindcrime, chanson titre et ses soli de guitare un peu trop typés eighties en font partie. D’ailleurs l’ensemble de l’album a vieilli au niveau de sa production assez brute, parfois brouillonne. Une remasterisation ne serait pas du luxe. Mais ça reste négligeable et puis c’est de 1988 tout ça !!

Est-ce encore meilleur que l’indétrônable The crimson idol de W.A.S.P. ? Oui et non, les deux ayant chacun une personnalité très forte, et pas la même recette. D’un point de vue son, Lawless avait fait un excellent travail, mais Queensrÿche se rattrape par une histoire peut-être plus complexe. L’un dans l’autre, les deux sont des essentiels du genre. Rien de moins.



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Vincent Ouslati





Il y a 4 contribution(s) au forum.

> Queensrÿche : "Operation : Mindcrime"
(1/1) 21 février 2005, par Shenobi




> Queensrÿche : "Operation : Mindcrime"

21 février 2005, par Shenobi [retour au début des forums]

Je redécouvre cet album plusieurs années après m’en être délecté...et c’est en cherchant des nouvelles du groupe que je suis tombé sur ce site plutôt sympa.
Cet album c’est vraiment du grand art, les musiciens et le chanteur sont fabuleux. Bref, un album splendide qu’on ne peut s’empêcher d’écouter en boucle.Je dirais que cet album est à Queensrÿche ce que le "black album" est à Metallica.La version live intitulée "opération livecrime" vaut également le détour.

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    > Queensrÿche : "Operation : Mindcrime"

    3 novembre 2005 [retour au début des forums]


    je lui préfère promised land , moins uniforme ,plus chaleureux et posant une ambience moins kitsch .

    Opération Mindcrime vaut surtout pour la prestation sportive de Tate au chant . Si l’on lui enlève le côté concept, ses chansons - exception faite de suite sister mary - sont aussi basiques que chez n’importe quel groupe de hard commercial .

    C’est vrai que pour le coup, ca rappellerai le black album . Si ce n’est que l’opus de Metallica lui au moins peut se targuer d’une production intemporelle , d’interprètes autrement plus chaleureux , ce qu’il compense par un chant...disons une voix...Hetfield, tu ne veux pas engager un vrai chanteur là ? parceque sur St Anger, ca craint .

    Alors que Promised Land...

    Le seul point où je rejoins 90% du public ,c’est quand j’affirme que quoiqu’il en soit, qu
    eenschryche est surtout le groupe d’un seul album .

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      > Queensrÿche : "Operation : Mindcrime"

      6 novembre 2006, par keomars11 [retour au début des forums]


      Hetfield n’a jamais aussi bien maîtrisé sa voix que sur St Anger, il parvient à insuffler aux chansons une émotion telle qu’il n’y en avait pas eu chez metallica depuis le black album.
      Arrêtez de critiquer st anger, pour votre propre fierté vous passez à côté d’un excellent disque.

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      > Queensrÿche : "Operation : Mindcrime"

      2 juin 2008, par Ema666 [retour au début des forums]


      Non mais quelle honte oser comparer « Operation MindCrime » de Queensrÿche au « Black Album » de Metallica. Il faut vraiment manquer de culture métal pour comparer ces 2 albums. Si je pouvais vomir virtuellement je le ferais ... je suis vraiment sur le cul.

      Avant de perdre connaissance, je vais parler de l’album Operation Mindcrime. Tout d’abord j’ai découvert ce groupe avec cet album dans le début des années 90 et j’ai tout suite été conquis par la merveilleuse voix de Geff Tate qui était capable des aigues juste et des graves à faire trembler le plancher de mon appartement. Depuis j’ai écouté quelques album depuis et je trouve que les autres albums se suivent et se ressemble. Je ne dis pas que c’est le groupe d’un album car il est difficile de comparé un chef d’œuvre a de bon album. Aujourd’hui quand je pense a Queensrÿche, je pense a deux des meilleurs spectacles que j’ai vue dans ma vie Un avec Dream Theater avec un rappel majestueux des deux groupe ensemble, l’autre c’était un remake avec décors style opéra d’Operation MindCrime.

      Pour revenir au « Wanabe » qui vénère le « Black Album » puis-je vous rappeler que pendant que Queenrÿche sortait Operation Mindcrime, Metallica était en préparation pour créer leurs meilleur (et dernier) album « ...And justice for All ». Si après avoir écouter cet album vous trouver que le « Black Album » ou « St-Anger » sont d’excellent albums, merde vous êtes la source du déclin du métal.

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