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Napalm Death : "Scum"
Grondements gutturaux

jeudi 29 décembre 2005, par Marc Lenglet

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Vers le milieu des années 80, certaines formations commencent à pratiquer une musique hors-norme, et difficilement compréhensible, même pour les amateurs aguerris de hard. Scum est un album qui se reçoit comme une paire de baffes : ça fait mal, c’est pas vraiment marrant, mais il y en aura toujours bien quelques-uns qui y prendront leur pied.

Alors que Venom avait ouvert la voix sur le rude Black metal, et que Bathory, à grand renfort de décoctions sanglantes et de pentacles, invitait les forces du mal à venir apprendre le twist, un nouveau courant déboula sans crier gare, qui se moquait comme d’un guigne des états d’âme des démons mineurs, et creusait sa tranchée sur le terrain de la contestation sociale la plus intransigeante.

Napalm Death, au départ officiant dans un metal à l’agressivité déjà patente, va progressivement incorporer à son style divers éléments, trash et hardcore notamment, ne gardant que les plus destructeurs d’entre-eux, jusqu’à en arriver à un redoutable bouillonnement sonore d’une totale barbarie. Le grind-core était né, pour le meilleur et (surtout) pour le pire. Symptôme de son statut de fondateur, le line-up de cet album comprend quelques futures célébrités du metal extrême, puisqu’on y retrouve, entre autres, Lee Dorian (futur leader de Cathedral), Bill Steer (qui s’en ira fonder Carcass) et Justin Broadrick (maître d’œuvre de Godflesh).

Une rythmique bestiale et chaotique, des guitares supersoniques, sourdes et vrombissantes, des grondements de fauve atonaux, des fondements trash et des œillades vers le death, tout ce qui sera repris et perfectionné (si l’on peut dire...) par tous les Cannibal Corpse, Carcass ou Terrorizer de la terre, figure déjà sur Scum à un degré primitif. Toujours très ramassées sur elles-mêmes, les (très) nombreuses pistes n’excèdent que rarement deux minutes, et sont fréquemment entrecoupées de micro-morceaux longs de quelques secondes à peine : explosions de sauvagerie, beuglements de haine et digestion difficile d’aliments mexicains.

Très influencé par le militantisme du punk et du hardcore, Napalm Death se concentrait sur les idées plus que sur la musique, même si on ne m’enlèvera pas de l’esprit qu’il est éternellement dommageable de noyer du contenu concret sous des hurlements volontairement inhumains. Altermondialiste, anti-fasciste, farouchement opposé au capitalisme et à l’influence grandissante des multinationales bien avant que cela ne devienne une posture à la mode, le groupe se range clairement sous la bannière des formations engagées. Finalement, quelle importance : Napalm Death pourrait aussi bien nous « parler » de la toxicité des petits pots Olvarit ou de l’art du macramé chez les Aïnous que ça n’y changerait pas grand-chose. Certes, le grind-core table plus sur la fureur brute qui se dégage des morceaux et devrait résumer tous les textes du monde. Pour écouter de la fureur brute, autant se flanquer la tête dans un sèche-linge. C’est moins cher et ça tient chaud.

Les amateurs énamourés du grind-core y découvriront, si ce n’est déjà fait, le Grand Ancêtre à la genèse de tout le mouvement. Les autres, moi y compris, rangeront le disque dans sa pochette d’un geste irrité en songeant que, pour une fois qu’un groupe semblait avoir quelque chose à dire, il est dommage qu’il ait choisi les grondements gutturaux incompréhensibles comme vecteur d’expression.



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Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Napalm Death : "Scum"
(1/1) 1er janvier 2006, par bigmat




Napalm Death : "Scum"

1er janvier 2006, par bigmat [retour au début des forums]

multi

national

corpo-

- rations

genocide

of the

starving

nations.

et aussi :

You suffer but why ?

C’est à peu près tout ce dont je me souviens de cet album...

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