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Metallica : "Ride the lightning"
Coup de foudre

dimanche 21 août 2005, par Marc Lenglet

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Bien avant le virage grand public entrepris avec le Black Album, ce deuxième album de Metallica, paru en 1984, les avait déjà coupés de la frange la plus intransigeante de leurs fans. Mise en cause pour cette trahison : une vision musicale qui, tout en ne cédant rien au niveau de la violence, s’avance loin au delà du mot d’ordre "Tout faire péter".

Que dire qui n’ait jamais été exprimé sur cet incroyable étalage du talent passé de Metallica ? Qu’il contient quelques-unes des meilleures chansons jamais écrites par le groupe ? Qu’il dévoile une formation bien au-delà de la brutalité binaire du vieux trash ? Qu’il est incontournable, magique, ténébreux, universel ? Tout cela a déjà été dit. Mais que ce ne soit pas une raison pour ne pas en remettre une couche !

Les thèmes sont noirs et désespérés : de l’holocauste nucléaire de Fight fire with fire à l’inanité de la guerre pour For whom the bell tolls, en passant par le suicide intelligemment évoqué dans Fade to black. Ces trois morceaux constituent par ailleurs une synthèse intéressante de l’album. Fight fire with fire, en dépit de son introduction acoustique, est la seule piste qui aurait pu figurer sans détonner sur l’album précédent. Brutale malgré son intro à la guitare acoustique, tonitruante et sans fioritures, elle cède la place à Ride the lightning, qui marque clairement le pas entre les deux albums. Ride the lightning est sombre et violent, bien entendu. Mais aussi plus imagé, plus technique, plus mature. Terminé le feu nourri de riffs barbares, on savoure ici des lignes mélodiques de très haute qualité, des soli décapants dont la perfection d’exécution laisse songeur encore aujourd’hui, et des émotions moins simplistes que sur le premier album. La rythmique ne mise plus uniquement sur le pilonnage brutal et irréfléchi mais sur une maîtrise affirmée de la symbolique sonore. Les claquements impitoyables de la batterie résonnent comme un funeste compte à rebours avant l’exécution, tandis que les premiers accords évoquent un faisceau électrique se tortillant impitoyablement pour atteindre sa cible.

Enfin, Fade to black est le clou final enfoncé dans le cercueil du Metallica d’origine. Tout simplement parce qu’il s’agit d’une power-ballade, la première que le groupe ait jamais composée. Et si les groupes trash ne répugnent pas à l’exercice aujourd’hui, Metallica avait été à l’époque quelque chose comme un pionnier dans son domaine. De toute façon, l’excellence intrinsèque de ce morceau aurait du faire taire toutes critiques. Tout en jouant sur une finesse et une profondeur que ni Nothing else matters ni même One n’ont su totalement retrouver, le morceau se montre totalement heavy en fin de parcours. Sans conteste l’un des highlights de la carrière du groupe. Le reste de l’album n’est bien entendu pas en reste : de la splendide furia des favoris de concerts que sont For whom the bell tolls et Creeping death jusqu’au ténébreux instrumental The call of Ktulu, il n’y a finalement que le titre Escape que l’on pourrait juger, non pas mauvais, mais pas à la hauteur du reste de l’album.

L’étendue du chemin parcouru par les musiciens en l’espace d’un seul album est impressionnant. Même si deux courtes années seulement séparent Ride the lightning du - néanmoins très bon - Kill’em all, c’est en réalité un véritable gouffre qui s’est creusé entre ces deux albums. Celui qui fait la différence entre un Garage-band prometteur mais sans finesse, et un groupe chevronné appelé à devenir le plus célèbre, le plus professionnel et le plus brillant représentant de la musique extrême. De toute la discographie de Metallica, seul Master of puppets peut rivaliser, voire peut-être surpasser ce chef-d’œuvre. Et encore cela est-il davantage redevable à l’ambition affichée par les morceaux qu’à leur génie propre. Inutile de tergiverser : Ride the lightning est bien l’un des albums les plus indispensables et consistants de l’histoire du metal.



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Marc Lenglet





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Metallica : "Ride the lightning"
(1/3) 14 juin 2006, par coco
Metallica : "Ride the lightning"
(2/3) 30 décembre 2005, par sebf
> Metallica : "Ride the lightning"
(3/3) 14 septembre 2005




Metallica : "Ride the lightning"

14 juin 2006, par coco [retour au début des forums]

Très beau texte,celui qui a écrit ce texte est un champion.
Ride the lightning est l’un des meilleurs de metallica avec le
grand MASTER OF PUPPETS (hommage à CLIFF ).
J’espère que metallica continurons sur ce chemin de musique TRASH.
Mais avec le ST ANGER ils commencent à vieillirent.
De toute façon, metallica restera le plus grand groupe de trash
de tous les temps.

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Metallica : "Ride the lightning"

30 décembre 2005, par sebf [retour au début des forums]

Je n’aurais pas mieux dit !!!
mieux produit que son prédecesseur, Kill’em all, ce disque est excellent, bien construit, et pose de nouveaux jalons pour le thrash, au même titre que le bonded by blood d’Annihilator ou le Alice in hell d’Annihilator.
Une chose qui m’étonne : dans l’ensemble, cet album est moins (re)connu que les suivants. Pourtant, il n’a rien de honteux comparé au Master of puppets. Une injustice que cette chronique permettra (je l’espère) de réparer.

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> Metallica : "Ride the lightning"

14 septembre 2005 [retour au début des forums]

complètement d’accord

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