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Metallica : "Kill’em all"
Jusqu’au dernier !

lundi 20 octobre 2008, par Marc Lenglet

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Est-il encore possible de se souvenir d’où on vient lorsqu’on a atteint les sommets ? L’intégrité, ce concept tant vanté et si mal compris, possède-t-il une valeur immuable ou évolue-t-il en fonction d’un âge, d’une époque et d’un statut donné ? Aujourd’hui que tout le monde se demande si attendre le nouvel album de Metallica présente encore le moindre intérêt, il est possible d’obtenir un début de réponse en se replongeant dans Kill’em all, premier et indispensable réalisation des héros de la Bay Area, un chef-d’œuvre barbare, survolté et sans compromis, qui fut pressé à l’origine à 1.500 malheureux exemplaires !

Metallica correspond aujourd’hui jusqu’à la caricature à l’idée de Dinosaure du rock. Si je voulais persifler, je préciserais même que diplodocus du rock serait encore plus approprié. Vous savez, ces créatures tellement gigantesques et impotentes que l’information mettait dix plombes à atteindre le cerveau et qu’elles ne se rendaient pas toujours compte instantanément qu’elles étaient mortes. Mais à cette époque, les Four horsemen ne sont encore rien de tout cela. Ils sont simplement un gang de grands ados déchaînés, déterminés à tout faire péter sur leur passage et considérant que brûler la chandelle par les deux bouts et faire référence autant que possible à tout ce que le metal comporte de clichés diaboliques et soi disant subversifs constitue le sommet de la coolitude. Fan de tout ce qui fait du boucan et terrorise les bonnes âmes au début des années 80 (Iron Maiden, Motörhead et, surtout, Venom), le groupe semble n’avoir qu’un seul objectif en ligne de mire : jouer plus vite, plus fort, plus violemment que ses idoles avouées. Dans la foulée, ils recrutent le bassiste Cliff Burton et se débarrassent du caractériel Dave Mustaine (qui, de dépit, s’en ira immédiatement fonder Megadeth) avant d’aller faucher Kirk Hammett chez les collègues d’Exodus.

Peu au fait des subtilités de production et des raffinements de studio, Metallica met toute sa fougue et son énergie au service de sa musique. Oui, Metallica aussi a commencé petit. La production est crasseuse et rudimentaire. James Hetfield, faute de savoir chanter, se contente de beugler ses déclarations de guerre à l’adresse à l’univers aussi fort qu’il le peut, et sa prestation, qui a toujours conservé quelques tendances au dérapage, atteint ici un niveau cataclysmique. Mais peu importe ces détails oiseux car Metallica a en lui le feu sacré, l’enthousiasme débordant et la conviction juvénile que rien ne peut résister à sa volonté d’en découdre. Le résultat ? The four horsemen, Whiplash, No remorse ou encore le gigantesque Seek & Destroy, compositions inoubliables qui n’ont pas pris une ride en plus de vingt-cinq ans.

A cette époque, trop préoccupé par sa quête de vitesse et de violence, Metallica n’aurait pas dû se démarquer réellement de la masse de jeunes formations explosives qui allaient animer le metal underground des années 80. Pourtant, commencent déjà à apparaître quelques soli au génie balbutiant (ceux de The Four horsemen et Phantom lord par exemple), qui annoncent déjà les futurs hits de légende d’un Ride the lightning ou d’un Master of puppets, et la conviction extrême mise dans la moindre de ses chansons rend Metallica, déjà, très différend de ses contemporains. Les chefs-d’œuvre allaient se succéder pendant au moins dix ans mais dès Ride the lightning l’année suivante, on pouvait constater que quelque chose avait changé. Dès ce moment, on eut affaire à des albums - de brillants albums même - composés par des musiciens qui savaient qui ils étaient et où ils allaient. Rien de tout cela sur Kill’em all, qui se rapproche plus du bœuf sauvage entre des potes qui n’ont aucune idée de la voie qu’ils emprunteront à l’avenir mais qui comptent bien l’emprunter très vite. Et ce sont sans doute cette immaturité et cette maladresse qui font de Kill’em all une galette plus que précieuse.



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Metallica : "Kill’em all"
(1/2) 20 octobre 2008, par Vehau
Metallica : "Kill’em all"
(2/2) 20 octobre 2008




Metallica : "Kill’em all"

20 octobre 2008, par Vehau [retour au début des forums]

Belle chronique, l’occasion était belle de revenir sur ce Kill’Em All alors que Death Magnetic fait un carton et est visiblement très apprécié, tant par les fans que par les critiques. Sans vouloir la ramener, ce disque m’a fait un foutu effet (vivement la prose de Marc pour en parler plus longuement).

Pour Kill’Em All, c’est un disque qui me fait un effet similaire que les premiers Iron Maiden, les premiers W.A.S.P., les premiers Megadeth ! Tous ces albums de démarrage de carrière, foutraques, défectueux, au son pas terrible, mais quelle patate !!

Bref, c’est urgent, c’est rapide, c’est une idée par note, c’est le frais mûrissement du génie dans la caboche de quelques boutonneux, Kill’Em All n’a rien à voir avec ce que fera Metallica dans un futur proche, tout suinte d’une soif de reconnaissance, ces mecs ont la dalle, et vous font passer la fougue de leur jeunesse à coups d’uppercut dans la tronche, énorme !
Ce sont ces premières galettes qui restent toujours les plus d’actualités, elles ne vieillissent pas ou si peu.
J’ai toujours trouvé par exemple que Iron Maiden ou Killers vieillissaient bien mieux que les albums suivants de la Vierge de Fer, justement parce qu’ils transpirent d’une éternelle jeunesse, sans chercher le truc tendance qui va fatalement les cataloguer dans une époque précise.
Ce premier opus me fait le même effet, indémodable, irrésistible, du tube en pagaille, essentiel.

A l’heure où Metallica semble renouer avec sa FanBase la plus conservatrice, celle qui voulait couper les roudoudous des Four Horsemen à la sortie du Black Album, voire pour les plus extrémistes lorsque le groupe a pondu une power ballade sur un album de Thrash (Fade To Black !), il est donc bien agréable de se remettre un peu de ce Kill’Em All, imparfait mais qui ne vieillira jamais.

En aparté, écoutez le premier album de Megadeth, rarement un album n’aura reflété autant de haine et de rancœur, de colère contre à peu près toute la planète, et accessoirement envers ses ex-potes de... Metallica. Je conseille cependant la version remasterisée pour profiter des parties de gratte Megadave qui est impressionnant de bout en bout.

Et sur ce, j’attends avec impatience ce que pense Maître lenglet de Death Magnetic, ce petit rappel des débuts des Met’s m’a mis l’eau à la bouche !

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Metallica : "Kill’em all"

20 octobre 2008 [retour au début des forums]

Je n’ai jamais beaucoup apprecié Metallica à part ce 1er album à la fougue incandescente et juvénile. dès l’album suivant ils vont se mettre à réfléchir et à composer des morceaux plus élaborés et touffus et c’est bien pour ça que leur musique ne m’emballera plus.
sur "Kill’em all" ils se foutent bien de tout ça et foncent droit dans le tas. pas de pitié, pas de quartier ! on est pas là pour rigoler et épater la galerie, c’est la mise à mort en direct. un vrai carnage ! en fait, on est pas si loin que ça du punk dans la lignée de GBH ou Black Flag.

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