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Mercyful Fate : "Don’t break the oath"
Avec beaucoup de AAAAAAH et de IIIIIIIIIH !

mardi 19 janvier 2010, par Vincent Ouslati

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Don’t break the oath a divisé de façon durable les fans de la première heure de Mercyful Fate. Vous avez à ma droite ceux qui jugent ce disque comme un monument inaltérable, la quintessence du heavy metal à la sauce danoise. Et z’à ma gauche ceux qui pensent qu’il est le début de la dépravation, que le groupe s’est vendu sur l’autel du fric, et que Melissa, c’était vachement mieux d’abord. Puis vous avez ceux qui comme moi pensent que King Diamond chante parfois trop comme un castra...

Choisissons une ligne médiane entre les anti-post Melissa et les pro-post Melissa. Paru un an plus tôt, ladite Melissa laissait encore voir un groupe aux moyens réduits mais avec des crocs longs comme un embouteillage un 15 août. Et il est vrai qu’en sept titres, Mercyful Fate offrait alors déjà un très bon album, son un peu crade du aux moyens de l’époque, et pas totalement maitrisé du début à la fin. Chose que le true die hard fan apprécie car il y voit une profonde honnêteté, de la fraicheur, de la fougue, la jeunesse. Bref, un peu sale, un peu foutraque, mais bon tout de même et surtout pas trop célèbre, la communauté restreinte des adeptes gardait jalousement leur trésor sous le marcel.

Mais voilà que la belle Melissa, bien qu’un peu sauvageonne s’est bien vendue (toutes proportions gardées), la salope ! On pensait avoir affaire à la nouvelle Lilith, rebelle et indépendante, et vla t’y pas que cette greluche vend ses charmes à qui n’en veut. Telle Eve s’envoyant la pomme, Melissa refile des thunes à ses Créateurs qui vont s’empresser d’investir le petit pactole dans un nouvel album plus mieux en tout. On fait tout pareil qu’en 1983, mais l’on rentabilise astucieusement les biftons.

Voila qui est chose faite, Don’t break the oath est mieux, mieux produit, King Diamond en fait encore plus qu’avant, les bretteurs se lâchent niveaux soli, la batterie profite de la nouvelle donne économique pour se faire bien entendre. On va même allonger la table et remplir la galette, 7 titres sur la pouffiasse, on va s’en composer 10 cette fois-ci, et embaucher un graphiste qu’il nous fasse une belle pochette (réussie en effet) c’est l’opulence !

Ah ! Les extrémistes précités hurlent tels des loups privés de barbaque fraîche. Mais pour un être plus ouvert aux choses de ce monde, ce disque est effectivement réussi. Il en fait des tonnes dans tous les domaines, c’est vrai. Lars Ulrich l’a encensé, suivi par toute la meute des blacks-métalleux norvégiens convaincus de voir en King Diamond une sorte de messie dans l’art de se plaquer de la peinture blanche sur la gueule pour faire méchant. Alors ce disque ne serait-il qu’une simple redite mieux présentée ? j’oserai bien insinuer que oui ce qui revaudrait à shooter pieds nus dans les couilles d’un taureau en rut, mais je vais laisser le bovidé tranquille. Car certaines compositions n’auraient pu avoir leur place sur son prédécesseur, preuve que Mercyful Fate ne s’est pas contenté d’arranger la forme mais s’est aussi intéressé au fond, en fournissant un matériel plus alambiqué, plus technique. The oath est certainement l’exemple le plus frappant de cette nouvelle richesse mélodique, palpable un an auparavant, criante (pour le moins...) sur Don’t break the oath.

Et là j’ose un "MAIS". J’écoute ce disque depuis déjà quelques années, j’en apprécie en effet le fond musical qui est à peu de choses près tout ce que j’aime soit rapide, mélodique, pétri d’ambiances et de sens, production parfaitement en accord avec l’état de folie ambiante MAIS je ne parviens pas á supporter la voix de King Diamond.

Je dois manquer quelque chose, mais sa voix parfois suraigüe me décale les marteaux et je décroche invariablement, épuisé, las de ces hurlements de chatte dont il parsème les titres. Le King possède un don formidable, je le conçois et il est vrai qu’il donne une âme aux chansons, il est indissociable de l’univers de Mercyful Fate, il en est l’élément central... que je ne peux écouter trop longtemps. D’où mon sentiment que la guéguerre à la con entre les archaïques et les modernistes (je simplifie sévère j’en conviens) est vaine. Melissa est témoin des débuts du groupe et est excellent dans le contexte des moyens et des capacités du moment. Don’t break the oath a pour lui ce sens de la perfection, cette propension à devenir une sorte de jalon dans l’histoire du heavy (rectifions, il l’est sans aucun doute), même si c’est un jalon critiquable justement par ses effets "too much" qui pourront déplaire.

Non, le vrai hic, c’est adhérer ou non aux interprétations très fofolles de King Diamond. Si il est effectivement un personnage fort, un chanteur extraordinaire, il a tendance à m’épuiser par trop de lyrisme grandiloquent, dommage pour moi...



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Vincent Ouslati





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Mercyful Fate : "Don’t break the oath"
(1/3) 3 novembre 2015
Mercyful Fate : "Don’t break the oath"
(2/3) 19 janvier 2010, par Cartman
Mercyful Fate : "Don’t break the oath"
(3/3) 19 janvier 2010, par Red Cloud




Mercyful Fate : "Don’t break the oath"

3 novembre 2015 [retour au début des forums]

They did another great work in this album. This material is recognizable. - Marla Ahlgrimm

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Mercyful Fate : "Don’t break the oath"

19 janvier 2010, par Cartman [retour au début des forums]

Autant en solo je le trouve un peu "too much" le king... autant le "heavy metal" c’est pas trop le truc que je préfère... autant je trouve que les vieux Mercyful Fate ont une ambiance particulière et un coté poisseux qui me plait beaucoup. C’est tellement exagéré, comme un vieux porno, ou un vieux film gore genre "Démons 2"... plaisir coupable ?

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Mercyful Fate : "Don’t break the oath"

19 janvier 2010, par Red Cloud [retour au début des forums]

Trop de aaah et de iiih, King Diamond serait donc le Monica Seles du Metal.
Moi, je l’aime bien, le King, parce qu’au tennis, c’est insupportable.

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