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Dio : "Holy Diver"
Il est libre, Ronnie !

lundi 17 mai 2010, par Arnaud Splendore

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Note de l’éditeur : Coïncidence, cette chronique a été rédigée par Arnaud Splendore quelques heures AVANT l’annonce officielle du décès de Ronnie James Dio, ce dimanche 16 mai. Plutôt que d’adapter le texte, d’en faire une éloge funèbre et d’y parler de Dio au passé, nous avons décidé de vous présenter l’article tel que l’auteur l’a rédigé du vivant de son idole.

Ronnie James Dio est unanimement considéré comme l’une des plus grandes voix de la scène heavy-metal. Après s’être fait connaître en tant que chanteur original de Rainbow, le groupe d’un Ritchie Blackmore fraîchement échappé de Deep Purple, l’homme a rempli avec les honneurs la lourde tâche de prendre la succession d’Ozzy Osbourne au sein de Black Sabbath. Ensemble, ils ont produit deux albums de légende, mais les problèmes d’égos surdimensionnés ont eu raison de la collaboration. Il était alors plus que temps que Dio vole de ses propres ailes. Holy Diver marque le début d’une carrière de légende qui continue toujours aujourd’hui.

Cette fois, plus question pour Ronnie de servir de faire-valoir à un guitariste bouffi d’égo. L’homme allait enfin pouvoir se mettre en avant, au sein de son propre groupe. Ce qui ne signifie pas pour autant que Dio allait s’entourer de tanches pour la cause. On retrouve derrière les fûts la tête connue de Vinnie Appice, le frère de Carmine, et à la basse le compère de toujours Jimmy Bain. Pour succéder aux légendaires Tony Iommi et Ritchie Blackmore, Dio embrigade le jeune guitariste Vivian Campbell, qui officie aujourd’hui dans Def Leppard. Ensemble, les quatre hommes allaient enregistrer ce qu’on peut toujours considérer comme un classique immortel.

Musicalement, on reste en territoire connu. Après avoir fait ses armes auprès de compositeurs de génie, il était normal que leurs influences se ressentent dans la musique de Dio. Ainsi le titre phare de l’album, le monstrueux Holy diver semble-t-il sorti tout droit des sessions de Heaven & Hell. Pareillement, des titres comme le bien nommé Rainbow in the dark et son clavier suranné évoquent immanquablement... Rainbow ! Mais Dio ne fait pas qu’imiter ses mentors et des titres comme Stand up and shout ou Straight through the heart, qui font toujours partie des set-lists, imposent d’emblée le son que Dio développera tout au long de sa carrière.

Mais les véritables gemmes de cet album se situent dans les titres moins connus. Invisible, par exemple, est une véritable tuerie à la construction quasi progressive qui préfigure des classiques de Dio tels que Last in line ou One night in the city. Sur ce titre, Campbell déploie tout son talent avec des riffs au groove consommé sur lesquels Dio pose son phrasé typique, et des soli qui laissent entrevoir la carrière bien remplie du bonhomme. Mais c’est surtout le quatuor au complet qui brille sur ce titre. On ressent bien que les quatre musiciens sont unis, sans conflits d’égo, dans le seul but de produire un album de légende. Le final est tout particulièrement jouissif, le groupe partant quasiment en jam avec Ronnie et ses célèbres ad-libs, marque de fabrique qui avait déjà transcendé un titre comme Stargazer, de la maison Blackmore.

Autre moment de pur bonheur, le monolithique Shame on the night, qui conclut l’album. Ici, Dio change totalement d’ambiance et prend ses auditeurs à contre-pied. Alors que l’ensemble de l’album est dans une tonalité heavy-rock classique, Shame on the night est comme une chape de plomb faite de riffs de trois tonnes et d’une batterie qui martèle un rythme pesant. On pense inévitablement à Black Sabbath, mais Dio emmène le concept un pas plus loin, rebondit sur les ambiances de Heaven & Hell et évolue vers quelque chose que l’on pourrait presque qualifier de proto-doom metal. A tel point d’ailleurs que le titre est régulièrement cité comme influence par des groupes majeurs de doom, comme Solitude Aeturnus.

Du début à la fin, Holy Diver est, passez-moi l’expression, un putain d’album ! Avec ce coup d’essai, Dio signe un coup de maître en se démarquant de ses anciens groupes, non sans leur rendre hommage. Mais surtout, Dio (le groupe) se place directement parmi les grands de l’époque et prouve que Ronnie n’est pas juste une voix destinée à supporter les guitar-heroes mais bien un artiste complet, destiné à de grandes choses au sein de la scène heavy-rock.

Alors certes, l’album accuse son âge et sonne, à l’heure actuelle, très old-school, mais ce serait bouder son plaisir que de jouer au pisse-froid qui n’écoute que des trucs qui ont moins de cinq ans. Holy Diver est un album fondateur et surtout, surtout, un foutu bon moyen de passer quarante-cinq minutes !



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Arnaud Splendore





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Dio : "Holy Diver"
(1/1) 17 mai 2010, par croute45




Dio : "Holy Diver"

17 mai 2010, par croute45 [retour au début des forums]

super pochette !
on dirait un Thorgal dessiné avec le cul
Sacré Ronnie !

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